Togo / JSIC 2025 : Afrique, et si le coaching devenait un moteur d’engagement collectif ?

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – Comment le coach africain peut-il passer de l’action individuelle à un impact collectif réel ? Aux Journées Scientifiques Internationales du Coaching (JSIC 2025), Maxime Ouoba, coach invité du Burkina Faso, a répondu à cette interrogation à travers un exposé consacré à « De l’individuel au collectif : responsabilité citoyenne et synergie des coachs africains pour une gouvernance professionnelle et transparente ». Une communication qui lui a permis d’aborder les principaux défis de la profession, d’interroger le rôle citoyen du coach et de montrer comment la synergie peut renforcer la crédibilité et l’efficacité du coaching africain.

Dans son intervention, Maxime OUOBA est revenu sur les défis majeurs qui, selon lui, conditionnent l’avenir du coaching sur le continent. Le premier concerne la spécialisation, devenue incontournable pour structurer une profession encore jeune. Pour être crédible, explique-t-il, le coach africain doit clarifier sa vocation, définir son domaine d’expertise et s’appuyer sur des méthodes solides. C’est le point de départ d’une gouvernance professionnelle assumée.

Un autre enjeu essentiel touché par le coach burkinabé réside dans la capacité à s’adapter et à faire preuve de créativité. Pour Maxime OUOBA, le coaching africain doit éviter de se contenter de reproduire les modèles occidentaux, aussi efficaces soient-ils. Il appelle à dépasser le « mimétisme intelligent » et à concevoir des approches enracinées dans les réalités locales.

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Les défis ne sont pas uniquement méthodologiques. Ils concernent aussi le rapport à l’argent, un sujet particulièrement sensible dans le milieu du coaching. Maxime OUOBA estime que le coach doit être rémunéré à la juste valeur de son travail, mais il appelle à rompre avec l’image « bling-bling » parfois associée à la profession. Selon lui, le coaching ne doit pas devenir un outil d’enrichissement facile, mais rester un espace d’accompagnement authentique. Il invite également les coachs à promouvoir davantage les activités génératrices de revenus, en faisant la différence entre qualité de vie et simple niveau de vie.

La simplicité constitue un autre pilier de la vision que défend le coach OUOBA. À ses yeux, la célébrité doit être relativisée : un coach n’a pas vocation à attirer des fans, mais à répondre aux besoins réels de sa communauté. Cela implique d’être accessible, de simplifier l’approche et de recentrer la pratique sur le service. Cette dimension sociale s’inscrit d’ailleurs dans une responsabilité plus large : celle du rôle citoyen du coach.

La question de la synergie entre coachs occupe également une place importante dans sa réflexion. Pour lui, aucune profession ne peut se développer sans solidarité interne. Il reconnaît cependant que tout corps professionnel comporte des « brebis galeuses », mais il met en garde contre la tentation de les dénigrer publiquement, car cela porte préjudice à l’ensemble de la profession.

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Cette dynamique de groupe ne prend tout son sens que si chaque coach éprouve sa vocation. Maxime OUOBA distingue ainsi trois types de parcours : ceux qui semblent être coachs « dès le ventre de leur mère », ceux qui le deviennent pour suivre une tendance ou mieux plaire, et enfin ceux qui s’engagent dans cette voie pour donner un sens nouveau à leur vie. Cette clarification, selon lui, permet de renforcer la gouvernance professionnelle, car elle évite les dérives et valorise les pratiques fondées sur la responsabilité et le service.

En définitive, la réflexion de Maxime OUOBA rejoint pleinement la démarche scientifique portée par les JSIC 2025. En interrogeant la vocation, l’éthique, la culture, l’impact social et la cohésion professionnelle, il rappelle que le coaching africain ne pourra se structurer durablement que s’il réussit à relier l’individu au collectif. Une ambition qui, selon lui, peut contribuer à transformer des vies et, à terme, participer à la transformation du continent.