Sensibilisation, engagement citoyen, expression artistique : OBR-Togo mobilise la population d’Afagnan contre les VBG

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – One Billion Rising Togo (OBR-Togo) intensifie son engagement contre les violences basées sur le genre à Afagnan. Dans cette localité de la préfecture du Bas-Mono, où la méconnaissance et parfois le déni de certaines formes de violences demeurent préoccupants, le mouvement a décidé d’agir. À travers une série d’activités, OBR-Togo a créé un espace d’échange et de sensibilisation pour parler ouvertement des VBG, les dénoncer et interpeller les populations sur l’urgence de se lever et de s’engager contre ce fléau. Cette initiative, qui s’est déroulée les 13 et 14 février, s’inscrit dans le cadre de ses actions annuelles, placées cette année sous le thème « Levons-nous pour nos corps, notre Terre, notre avenir ».

Au Togo, les femmes continuent de faire face à d’importantes discriminations sexistes, aussi bien dans la sphère privée que dans l’espace public et politique. Des chiffres relatifs à l’indice des inégalités de genre indiquent qu’elles accusent un déficit de droits estimé à 57,3 % par rapport aux hommes, notamment en matière d’accès aux soins de santé, à l’éducation et au contrôle des ressources.

Les violences basées sur le genre demeurent également une réalité préoccupante à tous les niveaux de la société, que ce soit au sein des familles, dans les rues ou sur les lieux de travail. Selon des données disponibles, près d’une femme togolaise sur trois âgée de 15 ans et plus a subi au moins une fois des violences physiques et/ou sexuelles au cours de sa vie.

Dans la préfecture du Bas-Mono, le phénomène des violences basées sur le genre prend une ampleur préoccupante. Les cas recensés et les témoignages font état de violences physiques, sexuelles et psychologiques, mais aussi de violences économiques, notamment la privation des femmes de leurs droits à la terre et aux ressources. Face à cette réalité, le renforcement des actions de sensibilisation apparaît indispensable pour freiner la progression des VBG et encourager les victimes à dénoncer les abus.

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C’est dans cette dynamique que OBR-Togo a décidé d’apporter sa contribution. Le 13 février 2026, à la gare routière d’Afagnagan, le Mouvement a tenu une vaste séance de sensibilisation publique axée sur le thème « Pour les abus sexuels, que la honte change de camp ». La séance visait à briser le silence, informer la population, susciter la réflexion et mobiliser la communauté contre les violences faites aux femmes et aux filles.

Armande BLAKIME, Coordinatrice de OBR Togo, lors de la soirée spectacle.

« Nous avons organisé cette sensibilisation dans un lieu public stratégique afin de toucher un large public et d’expliquer concrètement ce que sont les violences basées sur le genre. Nous avons mis l’accent non seulement sur les violences physiques et sexuelles, mais aussi sur les violences psychologiques et économiques, comme la privation des femmes de leurs droits à la terre et aux ressources. À travers des échanges directs avec la population, nous avons voulu briser le silence, amener chacun à reconnaître ces violences et encourager la dénonciation », explique Armande BLAKIME, Coordinatrice de OBR Togo.

Par ailleurs, dans le cadre de ses actions de sensibilisation, OBR-Togo a ouvert un espace d’expression à la jeunesse à travers un concours artistique baptisé « Ma voix pour l’avenir ».

Quelques grands moments du spectacle « Corrigeons nos mœurs en riant ».

Cette initiative a offert aux jeunes une tribune pour faire entendre leurs convictions et se projeter dans le monde qu’ils souhaitent construire, en utilisant l’art comme outil d’expression, de réflexion et d’engagement citoyen. À travers le slam, le rap, la danse, le dessin, le théâtre et la poésie, les participants ont partagé leurs réalités, dénoncé les violences et porté leurs aspirations pour un avenir plus juste et plus équitable.

Les œuvres les plus marquantes ont été présentées au public et primées dans la soirée du 14 février 2026, à l’occasion du spectacle « Castigare Mores Ridendo » (« Corrigeons nos mœurs en riant »). Cet événement a permis de mettre en lumière, avec créativité et sensibilité, la réalité sociale des abus sexuels.

Présentations de quelques oeuvres primées.

« À travers leurs créations, les jeunes ont donné voix à des vécus souvent tus, dénoncé avec courage les violences et proposé des pistes de transformation. Cela démontre que l’art constitue un puissant levier de mobilisation sociale et que la jeunesse est résolument engagée pour bâtir un avenir sans violence », indique la Coordinatrice de One Billion Rising Togo (OBR Togo).

Des trophées et des prix ont été décernés pour valoriser la créativité, le courage et l’engagement des participantes et participants au concours.

Présent à l’événement, Togbui SEGBENOU, Chef quartier d’Awassi, n’a pas manqué de saluer l’initiative et d’exprimer sa satisfaction face aux actions menées.

Togbui SEGBENOU remettant le prix à une participante au concours.

« Je me réjouis de toutes les activités organisées et du choix d’Afagnan. Merci aux organisateurs pour cette éveille de conscience sur les questions de violences faites aux femmes et d’abus sexuels », a-t-il déclaré.

Des lauréats du concours.

Il faut rappeler souligner qu’en prélude à ses actions de sensibilisation à Afagnan, OBR-Togo était l’invité de Radio Mokpokpo FM, un média de proximité de la localité, le 3 février dernier, pour une émission consacrée à ses activités. Ce passage à l’antenne a constitué un cadre d’échanges avec les auditeurs autour de l’engagement citoyen, de la lutte contre les violences basées sur le genre, ainsi que du rôle de l’art comme puissant outil d’expression, de conscientisation et de transformation sociale.

One Billion Rising, il faut le rappeler, est la plus grande action de masse qui vise à mettre fin à la violence à l’égard des femmes dans l’histoire de l’humanité. La campagne, lancée en février 2012, était un appel à l’action fondé sur la statistique stupéfiante selon laquelle une femme sur trois sur la planète sera battue ou violée au cours de sa vie. Au Togo, le mouvement a commencé en 2017.