(Société Civile Médias) – Que pensent les personnes âgées de la question de la maltraitance et comment cela se manifeste chez eux ou dans leur entourage ? A Lomé, l’Association Nos Années de Vie (ANAVIE) a offert aux seniors l’occasion de se prononcer sur le sujet. La rencontre, organisée mercredi 16 juin, se voulait un cadre d’échange et de sensibilisation des personnes du 3è âge, en vue de diminuer les maltraitances dont elles sont victimes. Il s’est agi également de les amener à faire valoir leurs droits en cas d’abus.
L’activité, il faut le rappeler, se situe dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre la maltraitance des personnes âgées, commémorée mardi 15 juin par la communauté internationale. Une commémoration qui a été pour l’ANAVIE l’occasion d’attirer l’attention de l’opinion sur la nécessité de protéger les seniors et de leur éviter toute maltraitance.
Mais au-delà de l’appel lancé, cette ONG voulait offrir aux concernés l’opportunité de se prononcer sur le sujet.
« Nous avons voulu créer ce cadre d’échange d’abord pour permettre à nos papas et mamans de nous dire ce qu’ils pensent de la maltraitance et comment ils la vivent au quotidien. Il s’agit également pour nous de bien appréhender la question dans nos réalités au Togo », explique Jean-Paul EKUHOHO, président de l’ANAVIE.
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Des témoignages recueillis auprès de certains séniors présents à la rencontre, on retiendra que les maltraitances dont ils sont victimes sont surtout d’ordre psychologique et économique et se manifestent parfois sous forme d’abandon.
« J’ai eu en tout 41 enfants. Mais aujourd’hui, tout se passe comme si je n’ai pas de progénitures parce que tous m’ont abandonné alors que je suis souffrant », confie un père de famille qui dit avoir été dépouillé d’une somme importante par certains de ses enfants.
Pour le président de l’ANAVIE, ces types de violence sont fréquentes.
« Les personnes âgées se sentent abusées par leurs proches, et parfois par leurs enfants qui, soit dilapident leurs biens, soit prennent des décisions importantes sans les impliquer. Ceci est une forme de maltraitance qui fait énormément souffrir de nombreux séniors », fait-il remarquer.

Vous avez aussi des droits !
C’est l’essentiel du message que l’ONG ANAVIE a tenu à adresser aux personnes âgées présentes à l’activité. Pour son président, le cadre juridique de protection existe pour tout le monde, même s’il n’y a pas encore un texte spécifique de protection des personnes du 3è âge.
« Aujourd’hui, il y a une disposition dans le Code pénal qui définit la maltraitance comme une circonstance aggravante, surtout quand elle est faite envers les personnes âgées. Et les auteurs de violence à l’endroit des séniors sont passibles d’une peine allant de 5 à 10 ans et même jusqu’à 15 ans pour certaines formes de maltraitance. C’est cette information que nous avons voulu leur donner afin qu’elles sachent qu’elles sont protégées par la loi », informe Jean-Paul EKUHOHO.
Les personnes du 3è âge ont donc été conviées à ne plus se laisser abuser et à signaler les cas de maltraitance dont elle se sentent victimes afin que les autorités puissent s’en saisir et agir en conséquence.
Présent à la rencontre, le président du Conseil national consultatif des personnes âgées (CNCPA), Da Silveira ADJEVI, a salué l’initiative de l’ONG ANAVIE. Tout en interpellant l’opinion sur la façon dont les personnes du 3è âge sont traitées dans certaines familles, il appelle les uns et les autres à prendre plutôt soin d’elles parce qu’ils ont encore beaucoup à donner.
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En novembre 2020, le gouvernement togolais a été autorisé par le parlement à ratifier le protocole de la Charte africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, relatif aux droits des personnes âgées, adopté en 2016. Le texte en question traite de l’élimination de la discrimination à l’égard des personnes âgées, de l’accès à la justice et l’égalité devant la loi, du droit à la prise de décisions et de la protection contre la discrimination dans l’accès à l’emploi (articles 3 à 6). De même, ce protocole garantit la protection sociale, la protection contre les abus et les pratiques traditionnelles néfastes, la protection des femmes âgées et les soins et prise en charge et les soins en établissement (articles 7 à 11).


