(Société Civile Médias) – Irrégularité des précipitations, raccourcissement de la saison agricole, appauvrissement des sols, pertes répétées de récoltes… Au Togo, les producteurs agricoles, en particulier ceux de la filière céréalière, subissent de plein fouet les conséquences du changement climatique, qui se traduisent par une baisse significative des revenus des ménages ruraux. Face à cette situation préoccupante, l’Union Régionale des Organisations des Producteurs de Céréales de la Maritime (UROPC-M) multiplie les initiatives afin de renforcer la résilience de ses membres. En collaboration avec divers partenaires et avec l’appui financier d’AgriCord FFF-FAO, elle a conçu un Plan de Résilience des Producteurs face aux Changements Climatiques, destiné à mieux préparer les exploitants aux aléas environnementaux.
Présenté aux producteurs et productrices lors d’une rencontre tenue à Tsévié, à 35 kilomètres au nord de Lomé, le vendredi 24 octobre, ce plan se veut un instrument stratégique destiné à guider les actions de l’UROPC-M et de ses partenaires. Il ambitionne de renforcer la résilience des exploitants et de promouvoir la durabilité des systèmes de production agricole.

« Depuis quelques années, nous observons des perturbations profondes dans les calendriers agricoles de nos producteurs. Les pluies ne tombent plus comme avant. Elles arrivent tard, s’arrêtent brusquement ou sont mal réparties dans le temps. Cette irrégularité compromet les semis, réduit les rendements et fragilise les productions. À cela s’ajoute la dégradation continue des sols, conséquence de la surexploitation et de l’absence de repos des terres. Face à ces réalités, il devenait impératif pour nous d’élaborer un plan structuré qui aide nos producteurs à s’adapter et à assurer la pérennité de leurs activités. Le Plan de Résilience des Producteurs face aux Changements Climatiques répond précisément à cette nécessité », explique Kossi Tsoekem Guenou, coordonnateur de l’UROPC-M.

Selon M. Guenou, ce Plan d’adaptation élaboré par l’UROPC-M constitue un instrument de planification visant à accompagner l’exploitation familiale dans son processus d’adaptation aux effets du changement climatique. Couvrant la période 2025-2029, il s’adresse exclusivement à la région Maritime et sera mis en œuvre par les organisations de producteurs membres de l’Union.
- Advertisement -

Ce plan prend en considération deux aléas climatiques majeurs, la sécheresse et les inondations, et poursuit un objectif global : renforcer la résilience et la durabilité des exploitations familiales céréalières face aux perturbations climatiques, à travers la promotion de pratiques agroécologiques, le renforcement des capacités des producteurs et l’amélioration de la productivité ainsi que des revenus agricoles.
« Il s’agit de renforcer la résilience des exploitations familiales, des coopératives et de l’ensemble des producteurs de céréales de notre organisation à travers des actions adaptées et participatives », indique le coordonnateur de l’UROPC-M.
Lire aussi : L’UROPC-M redonne vie au pois d’angole et au voandzou au Forum des Jeunes sur la Souveraineté Alimentaire

Par ailleurs, le Plan d’adaptation des producteurs de l’UROPC-M face au changement climatique s’articule autour de quatre axes stratégiques, pour un coût global estimé à 420 238 000 FCFA. Il met l’accent sur le renforcement du leadership climatique et le plaidoyer ; la promotion de pratiques agricoles résilientes ; le développement de chaînes de valeur sensibles au climat ; ainsi que la mise en place de mesures d’urgence face aux catastrophes climatiques.

En prévision de sa mise en œuvre concertée, le Plan de Résilience des Producteurs face aux Changements Climatiques a été soumis à l’appréciation des acteurs lors d’un atelier tenu le vendredi 24 octobre 2025 à Tsévié, en vue de son appropriation et de sa validation. Cette rencontre a réuni une trentaine de participants, parmi lesquels des producteurs et productrices membres de l’UROPC-M, représentant les six préfectures de la région Maritime.


Elle a été l’occasion de présenter le contexte, la démarche et la méthodologie d’élaboration du plan, mais aussi de partager ses principaux axes stratégiques, orientations et actions prioritaires. Cette rencontre a également permis de recueillir les avis, observations et recommandations des participants, en vue d’enrichir le document final. Par ailleurs, elle a servi de cadre pour renforcer la mobilisation et les partenariats autour de sa mise en œuvre, tout en encourageant une collaboration accrue entre les producteurs et les acteurs environnementaux de la région.
Producteur agricole dans la préfecture de Zio, Kodjo Mawunyo Aziagba se félicite de l’élaboration de ce plan, qu’il considère comme opportun et nécessaire au regard des défis actuels auxquels sont confrontés les producteurs céréaliers.

« Ces dernières années, la sécheresse, les inondations et la dégradation des sols compromettent nos rendements et nos revenus. Ce plan constitue donc un véritable souffle d’espoir pour les producteurs comme nous, car il nous offre des outils concrets pour mieux nous adapter aux aléas climatiques et sécuriser nos exploitations. Nous espérons sa mise en œuvre rapide afin que chaque producteur puisse tirer profit des mesures proposées et améliorer durablement sa production et ses revenus », déclare-t-il.
Également présent à l’atelier, Georges Alagbé, Chargé des organisations professionnelles agricoles à la Direction régionale de l’Agriculture de la région Maritime, a réaffirmé la disponibilité de son institution à soutenir l’UROPC-M. Il a assuré que la Direction régionale demeurera aux côtés de l’Union, notamment en matière de conseil technique, d’appui et d’accompagnement, afin de garantir une mise en œuvre efficace du Plan.
Lire aussi : Togo : L’OADEL et l’UROPC-M sensibilisent pour le retour du Voandzou et du Pois d’Angole dans les habitudes alimentaires

À noter qu’après l’atelier de présentation du Plan de Résilience, la prochaine étape consistera en sa diffusion auprès de l’ensemble des organisations partenaires, en vue d’assurer l’effectivité de sa mise en œuvre et de favoriser l’atteinte des résultats escomptés à l’horizon 2029.
Pour rappel, l’UROPC-M a été créée en mars 2008. Membre de la Centrale des Producteurs de Céréales du Togo (CPC-Togo), elle intervient dans les sept préfectures de la région Maritime. L’Union regroupe 780 membres répartis au sein de huit unions locales, elles-mêmes constituées de soixante-dix coopératives, dont trois disposent d’unités de transformation agroalimentaire.


