(Société Civile Médias) – À l’heure où les réseaux sociaux redéfinissent la circulation de l’information, les nouvelles se propagent à un rythme fulgurant, bien souvent au détriment de leur fiabilité. Entre rumeurs, contenus manipulés et informations erronées, les citoyens se retrouvent trop fréquemment égarés dans leurs choix quotidiens. Face à cette dérive inquiétante, le Collectif des Associations contre l’Impunité au Togo (CACIT) a tenu un café juridique consacré au thème : « Le journaliste togolais face à la désinformation et la mésinformation ».
Selon Samuel Misré, responsable du département Protection du CACIT, l’organisation de ce café juridique résulte de plusieurs constats.
« À l’ère de la démocratisation de l’information, une multitude de plateformes notamment TikTok, Facebook, Instagram, YouTube et bien d’autres, offrent à chacun la possibilité de publier du contenu. Toutefois, nombre de ces informations ne sont ni vérifiées ni contextualisées ; elles se diffusent à grande vitesse et deviennent rapidement virales. Les journalistes eux-mêmes peuvent parfois se laisser piéger par ces données non authentifiées. C’est pourquoi nous avons estimé nécessaire de renforcer leurs compétences, tant sur le plan juridique que sur celui de leur rôle et de leur responsabilité face au phénomène des fake news », a-t-il déclaré.
L’activité, organisée le vendredi 28 novembre à Lomé, a rassemblé plusieurs personnalités, parmi lesquelles le Dr Anoumou Amekudji, journaliste, directeur de la communication et du protocole de l’Université de Lomé – enseignant-chercheur à l’Institut des Sciences de l’Information, de la Communication et des Arts (ISICA), ainsi que Me Elom Kpadé, avocat au barreau du Togo. Des journalistes, créateurs de contenus et blogueurs ont également participé à cette rencontre.
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Lors du panel consacré au thème Le professionnel de l’information, le Dr Amekudji a d’abord clarifié les notions de fake news, deepfake, mésinformation et désinformation ; ensuite, il a analysé le phénomène des fausses informations, leur diffusion et leur impact sur la société ; puis il a exposé le rôle et les responsabilités du journaliste face à ces dérives ; enfin, il a présenté les outils pertinents permettant de vérifier l’authenticité de l’information.
« Les fake news ont des conséquences sociales, politiques et économiques majeures. Elles peuvent influencer les opinions publiques, fragiliser les institutions démocratiques et créer des tensions sociales. Dans ce contexte, le journaliste, en tant que professionnel de l’information, se trouve confronté à un double défi : produire une information fiable tout en limitant la diffusion des désinformations », a-t-il indiqué.

La charte de Munich, les principes éthiques et la déontologie journalistique, ainsi que le respect des normes de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), ont également été abordés.



Dans la continuité des échanges, un éclairage juridique a été apporté par Me Elom Kpadé, avocat au barreau du Togo, qui a présenté le cadre légal en vigueur ainsi que des extraits du Code pénal, notamment l’article 497 : « Punit la publication, la diffusion ou la reproduction de fausses nouvelles ou de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers, si cela est fait de mauvaise foi et trouble ou est susceptible de troubler la paix publique », ainsi que les sanctions associées à ces pratiques.

Il a conseillé vivement aux journalistes d’être prudents, véridiques et impartiaux dans le traitement et la publication de l’information.


