Togo : Le Réseau Cupidon outille des leaders religieux et communautaires sur les enjeux de genre et de prise en charge des populations clés

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – Le Réseau Cupidon mobilise les leaders religieux et communautaires afin de les engager pleinement sur les enjeux liés à l’accès aux services sociaux de base, à la lutte contre les VBG, à la promotion du genre et à la prise en charge des populations clés. Dans le cadre de la mise en œuvre du projet ProSanté III, il a organisé à leur intention une rencontre de formation. L’idée est de les amener à jouer un rôle moteur dans le changement de comportements au sein des communautés, en diffusant des messages justes, en déconstruisant les préjugés et en encourageant un recours effectif aux services de protection et de santé.

A en croire le Réseau Cupidon, cette formation des leaders religieux se justifie par le fait que le Togo fait face à d’importantes inégalités de genre qui impactent significativement l’accès aux soins et la qualité des services de santé.

En effet, malgré une prévalence nationale du VIH en baisse, des disparités importantes subsistent selon le sexe, l’âge, le type de population et les zones géographiques. Les femmes sont environ deux fois plus touchées que les hommes, et les populations clés enregistrent des taux de prévalence nettement supérieurs à la moyenne nationale.

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Le Coordonnateur du Réseau Cupidon (debout, micro en main) lors de l’atelier.

Par ailleurs, ces populations sont également confrontées à la stigmatisation, aux discriminations et aux violences, qui les empêchent souvent de recourir aux services essentiels de santé sexuelle et reproductive, retardant ainsi le diagnostic et le traitement des infections comme le VIH et les IST, et aggravant leur état de santé.

C’est dans ce contexte que les leaders religieux et communautaires ont été ciblés pour cette formation, en raison de leur influence déterminante au sein des communautés.

« Leur rôle social et moral leur permet de façonner les normes, d’orienter les comportements et de sensibiliser sur des questions sensibles telles que la santé sexuelle et reproductive, l’égalité de genre et la prévention des violences. En les impliquant directement, le projet ProSanté III vise à créer des relais communautaires capables de réduire la stigmatisation, d’encourager l’accès aux services essentiels et de promouvoir l’inclusion des populations clés, contribuant ainsi à l’amélioration globale de la santé et de la protection au sein des communautés », indique le coordonnateur du Réseau Cupidon.

La formation a permis d’aborder plusieurs axes essentiels pour renforcer les capacités des leaders religieux et améliorer leur contribution dans la lutte contre les inégalités d’accès aux soins.

Des leaders religieux au cours de l’atelier.

De façon spécifique, il s’est agi d’analyser la situation épidémiologique du VIH au Togo, d’expliquer en profondeur les notions de violences basées sur le genre (VBG) et de genre, et de sensibiliser les participants sur les conséquences de la stigmatisation et de la discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida (PVVIH) ainsi que des populations clés. L’objectif est de leur permettre d’adopter des discours plus responsables et de promouvoir au sein de leurs communautés une communication bienveillante, inclusive et non discriminatoire.

Par ailleurs, plusieurs modules ont été développés afin d’outiller les leaders religieux. Le premier module a porté sur la situation épidémiologique du VIH au Togo, mettant en évidence les tendances actuelles, les disparités persistantes et les défis auxquels le pays continue de faire face. Un second module a été consacré à la compréhension des concepts de stigmatisation et de discrimination, permettant aux participants d’identifier les attitudes, pratiques et discours pouvant nuire aux personnes concernées.

Une étape de la formation.

Les effets néfastes de la stigmatisation et de la discrimination ont ensuite été abordés en détail, notamment leur impact sur la santé mentale, l’accès aux services essentiels et le suivi thérapeutique des personnes vivant avec le VIH. Les participants ont également été familiarisés avec la loi n°2010-018 portant protection des personnes en matière de VIH/sida, un texte fondamental qui garantit leurs droits et encadre les obligations de la société en matière de non-discrimination.

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Enfin, les échanges ont porté sur les formes de communication à l’église, avec des orientations pratiques sur la manière d’intégrer des messages d’éducation, de tolérance et de soutien dans les prêches et interventions religieuses. Cette séquence a été complétée par un module dédié à la communication bienveillante, qui insiste sur l’importance de l’écoute, du choix des mots, de la posture du leader et de la création d’un environnement communautaire respectueux et inclusif.

Photo de famille.