Le consortium ESET-TOGO/FDD lancent le projet ABED-Maritime pour le bien-être des enfants drépanocytaires

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – Au Togo, le consortium Engagement, Santé et Éducation pour Tous (ESET-Togo) et Femme de Demain (FDD) œuvrent au renforcement de la prévention, du dépistage précoce et de l’accompagnement médical et communautaire des enfants drépanocytaires. Cette action s’inscrit dans un contexte où la drépanocytose constitue un problème majeur de santé publique, caractérisé par une forte prévalence et une mortalité encore élevée chez les enfants. Dans cette dynamique, ils ont lancé, le vendredi 27 février, le projet « Accompagnement pour le bien-être des enfants drépanocytaires dans la région Maritime au Togo (ABED-Maritime) ». L’initiative vise à contribuer à la réduction de la morbidité liée à la drépanocytose chez les enfants dans la commune du Golfe 7, à travers des actions de sensibilisation, de dépistage et d’accompagnement préventif médical, nutritionnel et psychosocial.

Table d’honneur lors du lancement du projet.

À en croire Rachelle Blikou, conseillère chargée des événements à ESET-Togo, le projet est né du constat que, malgré l’existence du Centre national de recherche et de soins aux drépanocytaires (CNRSD), de nombreux enfants restent insuffisamment pris en charge en raison du faible niveau d’information des populations, de l’absence de dépistage systématique à la naissance, de la précarité économique des familles et de la persistance de croyances socioculturelles défavorables.

« Dans la commune du Golfe 7 par exemple, ces insuffisances affectent directement la santé, la scolarisation et le bien-être psychosocial des enfants drépanocytaires, contribuant à leur marginalisation et à l’aggravation des complications liées à la maladie », soutient Mme Blikou.

Rachelle Blikou, conseillère chargée des événements à ESET-Togo.

D’une durée de six mois, de février à juillet 2026, le projet ABED-Maritime s’articule autour de trois objectifs majeurs.

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Premièrement, il ambitionne d’améliorer le niveau de connaissance et de compréhension de la drépanocytose auprès des élèves, des parents, des enseignants ainsi que des communautés locales, à travers des actions de sensibilisation et d’information adaptées.

« Nous allons mettre un accent particulier sur la production et la diffusion de supports de communication adaptés, ainsi que sur l’organisation de campagnes de sensibilisation communautaires, dans les écoles et dans des hôpitaux, afin de renforcer durablement le niveau de connaissance et de compréhension de la drépanocytose au sein des populations », indique Julienne Honkou, Coordinatrice du projet ABED-Maritime.

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Vue des participants au lancement du projet.

Deuxièmement, le projet prévoit le dépistage d’au moins 500 enfants à santé fragile, en vue d’identifier les porteurs du gène de la drépanocytose ainsi que les enfants atteints de la maladie, afin de favoriser une prise en charge précoce.

Enfin, ABED-Maritime entend appuyer la prise en charge préventive des enfants drépanocytaires à travers la mise à disposition de médicaments essentiels, sous prescription médicale, ainsi que la promotion de conseils en hygiène de vie et en nutrition.

« L’accompagnement médical se déroulera en deux étapes. Dans un premier temps, les enfants dépistés positifs seront orientés vers la Maison ESET-Togo, où ils recevront les produits de première nécessité, tels que les vitamines. Dans un second temps, ils seront pris en charge au Centre national de recherche et de soins aux drépanocytaires (CNRSD) pour bénéficier des traitements adaptés à leur situation », explique la Coordinatrice du projet ABED-Maritime.

Présent au lancement du projet, Dr Raymond Kouassi, médecin au Centre national de recherche et de soins aux drépanocytaires (CNRSD), a souligné que les données actuelles révèlent un taux de 16 % de sujets porteurs sains (c’est-à-dire des personnes porteuses du gène sans présenter les symptômes de la maladie), 2,6 % de sujets drépanocytaires de type SC et 1,3 % de type SS, la forme la plus sévère.

Dr Raymond Kouassi, médecin au CNRSD.

Selon lui, c’est dans le souci d’offrir des soins de qualité et d’assurer un meilleur suivi des patients drépanocytaires que l’État a procédé à l’ouverture du CNRSD en 2018.

« À ce jour, nous comptons plus de 5 000 patients suivis dans ce centre », a-t-il précisé, tout en saluant le lancement du projet ABED-Maritime, qu’il considère comme une initiative complémentaire appelée à contribuer efficacement à la réduction de l’impact de la maladie.

Photo de famille à la fin du lancement.

A noter que le projet sera mis en œuvre dans la commune du Golfe 7 (Sagbado). Les bénéficiaires directs sont les enfants drépanocytaires ou porteurs du gène, leurs parents et les communautés locales. Les bénéficiaires indirects incluent les enseignants, les agents de santé et les leaders communautaires.

ABED-Maritime est financé par Santé Navale (France) pour le compte de l’association ESET, basée en France. Sa mise en œuvre opérationnelle sur le terrain au Togo sera assurée en partenariat avec l’ONG Femme de Demain (FDD), ESET-Togo et la Mairie du Golfe 7, avec l’appui technique des services de santé compétents.