JIF 2026 : Nutifafa Shelter intensifie la lutte contre le cancer du sein à travers une séance de sensibilisation

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – À l’occasion de la Journée Internationale des droits des femmes, Nutifafa Shelter reprend le flambeau dans la lutte contre le cancer du sein. L’association a choisi de rappeler l’importance de la sensibilisation à cette maladie encore trop méconnue, tant dans ses causes que dans ses signes avant-coureurs. C’est dans ce cadre qu’elle a organisé, le dimanche 8 mars 2026, une séance de sensibilisation à l’endroit des femmes de l’Église Biblique de la Vie Profonde, Disctrict de Nukafu.

Vue, en partie, des participants à la sensibilisation.

Cette sensibilisation prend tout son sens lorsqu’on sait que le cancer du sein continue de faire des ravages au Togo, malgré les efforts déployés pour lutter contre cette maladie. Selon les statistiques, il s’agit du cancer le plus fréquent chez les femmes, représentant 27 % des cancers féminins, avec environ 973 nouveaux cas et 584 décès chaque année. Une femme sur neuf est touchée, et le dépistage souvent tardif contribue à une mortalité élevée. C’est ainsi la première cause de décès par cancer chez les femmes dans le pays.

Pour Nutifafa Shelter, qui a fait de la lutte contre le cancer du sein sa priorité, vaincre cette maladie passe nécessairement par la sensibilisation continue, afin d’aider les populations à mieux comprendre le mal et, dans la mesure du possible, à s’en prémunir.

« Beaucoup ignorent encore les signes du cancer du sein ou pensent que cela ne peut jamais leur arriver. Nous voulons changer cela. Chaque geste compte dans cette lutte : sensibiliser les femmes, les informer sur les signes précoces et les encourager à se faire dépister, c’est leur donner une réelle chance de vivre. En informant, en éduquant et en incitant au dépistage précoce, nous donnons à chaque femme la possibilité de se protéger et d’agir à temps. Notre objectif est que personne ne subisse cette maladie par ignorance », explique Prosper, membre de l’association Nutifafa Shelter.

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La séance de sensibilisation, qui a rassemblé les femmes de l’Église, a porté notamment sur les signes précurseurs du cancer du sein. De nombreuses femmes développent en effet des symptômes sans savoir qu’il peut s’agir de cette maladie. Il était donc essentiel de les éclairer sur les signaux d’alerte susceptibles de les mettre en vigilance.

Grâce au poster du citron, utilisé comme support pédagogique central, les participantes ont appris à reconnaître les signaux d’alerte pouvant révéler une anomalie mammaire. L’accent a été mis sur plusieurs manifestations importantes : la présence d’une masse persistante ou d’un gonflement au niveau du sein ou de l’aisselle, une modification inhabituelle de la taille ou de la forme d’un sein, un écoulement anormal du mamelon, l’apparition d’un creux ou d’une dépression à la surface du sein, une rétraction du mamelon, ainsi que tout changement de l’aspect de la peau.

Afin de repérer précocement ces signes, les femmes ont été encouragées à pratiquer régulièrement l’autopalpation mammaire, un geste simple mais essentiel pour une détection précoce.

« Le poster du citron est un outil simple mais très parlant. Il permet aux femmes de visualiser facilement les signes anormaux et de mieux comprendre ce qu’il faut surveiller. L’objectif est qu’elles apprennent à connaître leur corps, à remarquer tout changement inhabituel et à consulter rapidement en cas de doute. Plus une anomalie est détectée tôt, plus les chances de prise en charge efficace sont élevées. À l’inverse, lorsque les signes ne sont pas repérés à temps, la maladie peut évoluer progressivement jusqu’à un stade avancé, voire terminal, où les traitements deviennent beaucoup plus complexes et les chances de guérison considérablement réduites », explique Catherine Anagban, membre de l’association ayant conduit la sensibilisation.

Les participantes ont également été encouragées à effectuer un dépistage dès l’apparition de signes suspects. Un diagnostic précoce augmente considérablement les chances de guérison et permet une prise en charge plus efficace de la maladie. Selon plusieurs données de santé publique, dans de nombreux pays en développement, le taux de survie des femmes atteintes d’un cancer du sein reste très faible (autour de 20 %) principalement en raison de diagnostics tardifs et d’un accès limité aux soins. Pourtant, détectée à un stade précoce, la maladie peut être traitée avec de très fortes chances de succès.

L’équipe de Nutifafa Shelter.

Les femmes ont en outre été invitées à se méfier des idées reçues et des fausses informations qui circulent sur le cancer du sein, et à privilégier les conseils et sources médicales fiables.

« Cette séance m’a énormément appris. Je ne savais pas qu’il existait autant de signes visibles et palpables qui peuvent alerter sur un problème au sein. Aujourd’hui, je suis mieux informée et surtout capable de pratiquer l’autopalpation correctement. C’est rassurant de savoir que je peux surveiller ma santé moi-même et réagir rapidement en cas d’anomalie », se réjouie une participante.

Photo de famille.

« La sensibilisation m’a permis de dépasser mes peurs et les fausses croyances que j’avais sur le cancer du sein. J’ai compris que le dépistage précoce peut sauver des vies et qu’il ne faut pas avoir honte d’en parler ou de consulter. Je repars avec plus de confiance et l’envie d’encourager d’autres femmes à se faire dépister », ajoute une autre.

À noter qu’outre la sensibilisation qu’elle mène auprès des populations, avec un accent particulier sur les femmes et les jeunes filles, l’association Nutifafa Shelter, créée en 2019, intervient également dans la lutte contre la maladie. Elle est aussi active en ce qui concerne l’amélioration des conditions de vie des enfants et des jeunes dont les parents souffrent du cancer ou en sont décédés.