(Société Civile Médias) – Une rencontre d’échanges a réuni des acteurs culturels togolais autour de l’enjeu de l’accroissement de la visibilité du Togo dans les grands rendez-vous culturels internationaux. Portée par EA DREAMS, LESCENES et IYAWO Association, l’initiative vise à mieux structurer l’accès des artistes togolais aux plateformes culturelles majeures. Cette restitution intervient après la participation du festival IYé Ma Rue Ma Musique, représenté par sa coordinatrice Elisabeth Apampa, au marché professionnel Visa For Music à Rabat en novembre 2025. À l’issue de cette expérience, il est apparu nécessaire de partager les acquis et d’aborder concrètement la problématique de la mobilité artistique.
Au cours des échanges, les participants ont souligné le rôle déterminant de ces plateformes, véritables espaces de réseautage, de négociation et de diffusion. L’expérience de Visa For Music a permis de mieux appréhender les dynamiques actuelles des industries culturelles, notamment l’importance des réseaux, du management et de la structuration des projets. Mais elle a également mis en évidence un déficit de représentation du Togo dans ces espaces.

Pour Elisabeth Apampa, cette situation appelle à un changement d’approche : « La culture prend tout son sens lorsque les artistes et les acteurs culturels arrivent à transformer leur créativité en opportunités concrètes d’autonomisation financière : des collaborations internationales, des tournées, des coproductions et des marchés pour leurs œuvres. Les grandes plateformes culturelles sont des espaces où se construisent les réseaux, où se négocient les projets et où se décident souvent les futures programmations artistiques. Si nous voulons que les talents togolais soient visibles et compétitifs, nous devons être présents dans ces espaces, comprendre leur fonctionnement et préparer nos artistes à y performer avec professionnalisme. »



La question de la mobilité artistique a également été au cœur des discussions. Eric Malowa, responsable de LESCENES et initiateur du projet Art Mobility, insiste sur son rôle stratégique : « La mobilité permet aux artistes de rencontrer d’autres créateurs, de présenter leur travail à de nouveaux publics et de construire des collaborations internationales. Mais pour que cette mobilité soit réelle, il faut accompagner les artistes dans la compréhension des marchés culturels, des réseaux professionnels et des opportunités qui existent sur le continent africain et dans le reste du monde. »
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Même constat du côté du cinéaste et acteur culturel Julio Teko, pour qui la mobilité est un levier de rayonnement : « Lorsque les artistes circulent, ils enrichissent leurs pratiques, découvrent de nouveaux environnements de création et contribuent à faire connaître la culture de leur pays au-delà de leurs frontières. La mobilité artistique renforce les échanges entre les scènes culturelles et permet de construire des ponts entre les industries créatives africaines et les réseaux internationaux. »
Dans cette dynamique, le festival IYé Ma Rue Ma Musique s’affirme comme une plateforme de valorisation des cultures urbaines et de révélation de talents. Sa prochaine édition, prévue en juin-juillet 2026 à Lomé, entend renforcer son ouverture à l’international avec la participation de plusieurs pays invités, dont la France, le Burkina Faso et le Bénin.
Enfin, cette rencontre intervient à un moment clé, marqué par le lancement des candidatures pour la prochaine édition de Visa For Music. Les organisateurs entendent ainsi encourager une mobilisation accrue des artistes, managers et structures culturelles togolaises, avec pour ambition de constituer une délégation plus importante et mieux préparée. L’objectif est clair : positionner durablement les talents togolais sur les grandes scènes culturelles internationales et leur permettre de valoriser pleinement leur créativité.
