(Société Civile Médias) – Lancé en mai 2025 pour une durée d’un an, le projet intitulé « Renforcement des capacités de production des femmes maraîchères en milieu rural à travers l’agroécologie et l’accès à des équipements adaptés » arrive à son terme, marquant une étape importante dans la promotion de l’autonomisation économique des femmes rurales au Togo. Mis en œuvre par l’Association Écologique Vie Saine (AEVS-Togo), avec l’appui financier de GERES à travers le programme FAME (Féminisme : Action et Mobilisation pour une Économie inclusive), ce projet a permis d’accompagner vingt femmes de la coopérative Solingobou, basée à Atchadé, dans le renforcement de leurs capacités techniques, organisationnelles et productives.
Des résultats visibles dès les premiers mois
Dès son lancement, le projet s’est inscrit dans une dynamique de renforcement de la résilience des femmes maraîchères face aux effets du changement climatique et à la dégradation progressive des sols. Il a ainsi mis l’accent sur la promotion de pratiques agroécologiques durables, tout en contribuant à l’amélioration des conditions de production grâce à l’accès à des équipements adaptés et performants.

Au fil de sa mise en œuvre, plusieurs actions concrètes ont été réalisées sur le terrain. Celles-ci ont notamment porté sur l’acquisition de matériel roulant et de petits équipements, l’installation d’une motopompe avec ses accessoires et de tuyaux d’arrosage, ainsi que la construction d’un bassin de rétention d’eau. À cela s’ajoutent l’aménagement de la voie d’accès au site de production, la mise à disposition de semences et de plants, ainsi que la distribution de planches de culture individuelles à chaque bénéficiaire, favorisant ainsi une meilleure organisation du travail.
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Sur le plan productif, les activités agricoles ont permis la culture de diverses spéculations maraîchères, telles que la laitue, le gboma, l’adémé et l’aubergine. Cette diversification des cultures a non seulement contribué à améliorer les rendements, mais également à renforcer les revenus et la sécurité économique des femmes bénéficiaires.
Entre protection de l’environnement et autonomisation des femmes
Dans une démarche intégrée de protection de l’environnement, le projet a également accordé une place importante aux actions de reboisement. À ce titre, 400 plants de maougène ont été mis en terre le long des berges du fleuve Mono, contribuant ainsi à la lutte contre l’érosion et à la préservation des écosystèmes riverains.
Le renforcement des capacités a constitué un autre pilier essentiel de l’intervention. Des sessions de formation technique en maraîchage, couplées à des modules en gestion financière, ont permis aux bénéficiaires d’améliorer significativement leurs pratiques agricoles ainsi que la gestion de leurs activités génératrices de revenus.
Par ailleurs, des activités d’alphabétisation fonctionnelle ont été mises en place, avec des résultats particulièrement remarquables. Au démarrage du projet, plusieurs femmes, bien que titulaires du CEP, éprouvaient encore des difficultés à écrire leur propre nom. Aujourd’hui, grâce aux séances d’apprentissage, leur niveau s’est nettement amélioré. Elles sont désormais capables de rédiger de courtes phrases, d’écrire des numéros de téléphone et, surtout, de négocier elles-mêmes leurs produits sur les marchés. Cette progression illustre une avancée significative vers leur autonomisation et leur reconnaissance sociale.

« Au début, nous étions un groupe de femmes courageuses, mais limitées par une difficulté : nous ne savions ni lire ni écrire. Lors des réunions ou au marché, nous avions peur de nous exprimer et dépendions souvent des autres pour des choses simples comme écrire un nom ou composer un numéro de téléphone. Puis est venu le programme d’alphabétisation. Pas à pas, nous avons appris à reconnaître les lettres, écrire nos noms et lire quelques mots. Ce qui semblait impossible est devenu une fierté. Aujourd’hui, chacune de nous peut écrire son nom, présenter les membres de notre groupement et utiliser un téléphone pour composer correctement le numéro d’un client. Au marché, nous avons aussi gagné en confiance pour discuter et négocier nos produits. Ce programme n’a pas seulement appris à lire et à écrire. Il nous a donné une voix, de la confiance et la capacité de mieux gérer nos activités pour améliorer la vie de nos familles », se réjouit Grâce SANGUIDA, bénéficiaire du projet.
De la mise en œuvre à l’appropriation des acquis
Les activités agricoles, notamment la préparation du sol, les semis et le repiquage, ont été conduites avec succès tout au long du projet. L’attribution de planches de culture individuelles à chaque bénéficiaire a favorisé leur responsabilisation, tout en renforçant leur engagement et leur implication dans les différentes étapes de production.
Le rôle du technicien s’est révélé déterminant dans la réussite de l’initiative. À travers un suivi régulier sur le terrain, il a assuré un accompagnement technique de proximité, en appuyant les bénéficiaires dans l’application des bonnes pratiques agroécologiques, l’organisation des travaux et la résolution des difficultés rencontrées.
Par ailleurs, son intervention a également permis de lever d’importantes contraintes logistiques, notamment grâce à la facilitation du transport des productions vers les marchés. Cette organisation a contribué à moderniser les activités, à les rendre plus efficaces et moins pénibles, tout en améliorant l’accès aux circuits de commercialisation et aux opportunités de vente.

Au fil des trimestres, les bénéficiaires se sont progressivement approprié les différentes composantes du projet. Lors de la phase finale, la planification des activités a été assurée directement par la coopérative, traduisant une montée en compétences significative ainsi qu’un renforcement de l’esprit d’initiative et de l’autonomie organisationnelle. Les dispositifs de coordination, de suivi technique, de transport et d’alphabétisation ont ainsi permis de consolider durablement les acquis et d’assurer la pérennité des actions engagées.
Aujourd’hui, les vingt femmes de la coopérative Solingobou expriment leur satisfaction et leur reconnaissance envers le programme FAME pour cette initiative structurante. Désormais pleinement actrices de leurs activités, elles envisagent d’étendre leur espace de production afin d’accroître leurs revenus et d’améliorer durablement leurs conditions de vie.
Ce projet illustre de manière éloquente l’impact positif d’actions ciblées et inclusives sur l’autonomisation des femmes rurales. En renforçant leurs capacités techniques, économiques et sociales, il ouvre des perspectives concrètes en faveur d’un développement agricole plus durable, résilient et équitable.
Une clôture sous le signe de la reconnaissance
Dans le cadre du renforcement de la cohésion sociale et de l’esprit de solidarité au sein de la coopérative, une attention particulière a été accordée aux activités de mobilisation et de valorisation des femmes. À ce titre, la célébration de la Journée internationale des droits des femmes a constitué un moment fort du projet.

Organisée en collaboration avec la Direction préfectorale des solidarités, du Genre, de la famille et de la Protection de l’Enfance, cette journée a rassemblé les bénéficiaires autour d’activités à la fois éducatives, participatives et festives. Elle a offert un cadre d’échanges sur les droits des femmes, leur rôle dans le développement local, ainsi que sur les enjeux liés à leur autonomisation économique et sociale.
Plusieurs activités ont rythmé cette célébration, notamment des séances de sensibilisation, des discussions de groupe, des partages d’expériences et des témoignages inspirants. Ces moments ont permis aux participantes de renforcer leur confiance en elles, de mieux s’approprier leurs droits et de consolider les liens de solidarité au sein de la coopérative.
Par ailleurs, cette journée a contribué à valoriser les efforts et les progrès réalisés par les bénéficiaires dans le cadre du projet, tout en améliorant la visibilité de leurs activités auprès des acteurs institutionnels. Elle a ainsi renforcé leur reconnaissance au niveau local.
Au-delà de son caractère symbolique, cette initiative a eu un impact concret sur la dynamique du groupe, en renforçant la cohésion, en encourageant l’entraide et en stimulant un engagement collectif accru dans la mise en œuvre des activités.
Dans cette même dynamique de valorisation des acquis et de visibilité des actions menées, la cérémonie de clôture, organisée le 30 mars 2026, a marqué une étape majeure dans la vie du projet. Réalisée en collaboration avec la Direction préfectorale des solidarités, du Genre, de la famille et de la Protection de l’Enfance, elle a conféré une portée à la fois symbolique et institutionnelle à la fin des activités.

Cette cérémonie a constitué un cadre privilégié pour mettre en lumière les résultats obtenus, valoriser les efforts des femmes bénéficiaires et partager les expériences acquises tout au long du projet. Elle a également permis de mobiliser les acteurs locaux, les partenaires et les autorités, tout en renforçant la reconnaissance sociale de la coopérative.
À travers les interventions, les témoignages et les échanges, les bénéficiaires ont exprimé leur satisfaction, leur fierté et leur détermination à poursuivre les activités engagées. Au-delà de son aspect cérémoniel, cet événement a contribué à consolider les acquis du projet, à renforcer la cohésion du groupe et à mettre en évidence le rôle essentiel des femmes dans le développement économique et social de leur communauté.
