(Société Civile Médias) – Du couscous de maïs à la farine de néré, en passant par les graines de bouillie, la farine de moringa ou encore les farines enrichies à la patate douce à chair orange, la SCOOPS Widie Main de Dieu multiplie les initiatives dans la transformation de produits alimentaires locaux. Une dynamique portée par l’innovation, mais qui reste confrontée à de nombreuses contraintes structurelles. Présente à la foire d’exposition consacrée à la valorisation des produits agroécologiques, organisée le jeudi 19 mars 2026 par l’association Eco-Impact en collaboration avec le Marché Panier Bio de Kpalimé, la présidente de la SCOOPS a saisi ce cadre pour lancer un appel en faveur d’un accompagnement plus conséquent des entrepreneurs engagés dans l’agroécologie.
Basée à Kpalimé (environ 120 km au nord-ouest de Lomé), la SCOOPS Widie Main de Dieu s’affirme comme un acteur engagé dans la transformation et la valorisation des ressources agricoles locales. La Coopérative mise sur des matières premières accessibles et bio notamment le maïs, le néré, le moringa ou encore la patate douce à chair orange pour proposer des farines nutritives adaptées aux besoins des ménages, en particulier des enfants. Un travail de transformation qui allie savoir-faire local et innovation, avec pour ambition de promouvoir une alimentation saine et durable.

« Nous transformons des produits locaux que nous maîtrisons pour offrir des farines de qualité, riches sur le plan nutritionnel et accessibles aux populations. Notre objectif est de contribuer à une alimentation saine, surtout pour les enfants, tout en valorisant ce que nous produisons chez nous. Nos produits sont pensés pour répondre aux besoins nutritionnels, surtout des enfants », explique Célestine M. LEMOU, présidente de la SCOOPS.
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Au-delà de la production, l’initiative contribue également à la dynamisation de l’économie locale. En favorisant la transformation sur place, la coopérative participe à la création d’emplois, notamment pour les femmes, tout en réduisant la dépendance aux produits importés. Les farines enrichies, riches en éléments nutritifs, s’inscrivent par ailleurs dans une logique de lutte contre la malnutrition, un enjeu majeur dans de nombreuses communautés.
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« À travers nos activités, nous permettons à plusieurs femmes de travailler et de générer des revenus. Transformer localement, c’est aussi créer de la valeur ici, au lieu de dépendre des produits venus d’ailleurs », souligne la présidente de la SCOOPS.
Cependant, malgré ce potentiel, la coopérative fait face à plusieurs contraintes qui freinent son développement. Le manque d’équipements adaptés, l’accès limité aux financements, ainsi que les difficultés liées au conditionnement (à la conservation) et à la commercialisation des produits constituent autant de défis quotidiens.
« Nous avons la volonté et les compétences nécessaires, mais les moyens ne suivent pas encore pour nous permettre de passer à une production à grande échelle. À ce jour, tout est fait de manière artisanale, faute d’équipements adaptés. Cette limite freine également notre visibilité, notamment sur les réseaux sociaux, car nous ne pouvons pas nous permettre de promouvoir largement nos produits sans être certains de pouvoir répondre à une forte demande. Au final, ce sont des opportunités que nous perdons », déplore Mme LEMOU.
Profitant de la foire d’exposition consacrée à la valorisation des produits agroécologiques, la présidente de la SCOOPS Widie Main de Dieu a lancé un appel aux autorités publiques et aux partenaires techniques et financiers, sollicitant des accompagnements en vue d’un travail plus dynamique et plus structuré.

« Nous avons besoin d’un accompagnement réel, que ce soit en équipements, en formation ou en appui financier, pour mieux structurer notre activité et améliorer notre capacité de production », plaide-t-elle.
Pour elle, le développement de l’agroécologie passe nécessairement par un soutien accru aux petites unités de transformation, véritables maillons essentiels de la chaîne de valeur agricole.
« Les petites coopératives comme la nôtre jouent un rôle clé dans la valorisation des produits locaux. Si nous avons un soutien approprié, nous pouvons faire beaucoup plus, aussi bien pour l’économie que pour la souveraineté alimentaire », insiste la présidente de la SCOOPS Widie Main de Dieu.
Organisée par l’association Eco-Impact en collaboration avec le Marché Panier Bio de Kpalimé, la foire d’exposition dédiée à la valorisation des produits agroécologiques a justement offert un cadre d’échanges et de visibilité aux acteurs du secteur. Elle a permis non seulement de faire découvrir au public des produits agroécologiques et produits locaux innovants, mais aussi de mettre en lumière les réalités et les besoins des entrepreneurs engagés dans cette filière.
