(Société Civile Médias) – La jeunesse togolaise fait aujourd’hui face à de nombreux défis liés à la santé sexuelle et reproductive. Entre sexualité irresponsable, grossesses précoces, abandons scolaires, avortements clandestins et recrudescence des infections sexuellement transmissibles, les conséquences sont lourdes, tant sur le plan sanitaire que social et éducatif. Une situation contre laquelle se mobilise le Cadre National de Concertation des Acteurs Jeunes intervenant dans la Santé de la Reproduction et la Planification Familiale (CNCM-AJSR). Avec l’appui du ministère togolais de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture sanitaire universelle, il a organisé, du 10 au 28 décembre 2025, une série de consultations de jeunes axées sur le partage de bonnes pratiques, la construction d’une vision commune et l’élaboration d’une feuille de route pour l’année 2026. L’initiative, dont l’étape du Grand Lomé s’est tenue le 27 décembre, vise à renforcer l’accès équitable de tous les adolescents et jeunes, à des services de santé sexuelle et reproductive conviviaux, inclusifs et adaptés à leurs besoins.

Les consultations se sont déroulées dans sept régions du Togo, à savoir le Grand Lomé, la Maritime, les Plateaux-Est, les Plateaux-Ouest, la Centrale, la Kara et les Savanes. Elles ont rassemblé des organisations de jeunes et ont offert un cadre d’échanges et de réflexion sur les acquis, les défis persistants ainsi que les pistes d’amélioration en matière d’accès et d’appropriation des services de santé sexuelle et reproductive par les adolescents et les jeunes.

Santé sexuelle des jeunes, des défis persistants
En effet, alors qu’elle représente une part prépondérante de la population togolaise (près de 60 % de la population a moins de 25 ans), la jeunesse reste fortement exposée à des défis majeurs en matière de santé sexuelle et reproductive, marqués notamment par les grossesses précoces, les abandons scolaires, les avortements clandestins et la persistance des infections sexuellement transmissibles. En dépit des efforts du gouvernement togolais et de ses partenaires, l’accès des adolescents et des jeunes à des services de SSR conviviaux demeure inégal, en particulier dans les zones rurales et les régions vulnérables.
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Dans ce contexte, l’organisation de consultations régionales avec les jeunes s’est imposée comme une démarche stratégique.

« De nombreuses organisations de jeunes interviennent dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive. Cependant, il n’existait pas encore une vision claire et harmonisée des actions menées dans les différentes régions du pays. Ces consultations ont donc été initiées afin de mieux cartographier les interventions, comprendre les réalités spécifiques auxquelles font face les jeunes en matière de santé sexuelle et reproductive, et mettre en lumière les bonnes pratiques existantes à l’échelle régionale », explique Prudence Tsengle, membre du bureau national du Cadre National de Concertation des Acteurs Jeunes intervenant dans la Santé de la Reproduction et la Planification Familiale (CNCM-AJSR), et facilitatrice de la région du Grand Lomé lors de la consultation régionale des jeunes.
Qu’en est-il de l’étape du Grand Lomé ?
L’étape du Grand Lomé des consultations s’est tenue le samedi 27 décembre 2025. Elle a rassemblé 20 jeunes (dont deux personnes en situation de handicap) issus de divers horizons et des autorités locales.
Pendant une journée, les participants, répartis en groupes, ont analysé plusieurs problématiques majeures liées à la santé et au bien-être des adolescents et des jeunes. Les échanges ont notamment porté sur l’accès des jeunes à l’information et aux services de santé sexuelle et reproductive, en examinant la disponibilité et l’accessibilité des services de santé de la reproduction et de planification familiale, les conditions d’accueil, de confidentialité et de coût, ainsi que les attitudes des prestataires. Les discussions ont également mis en lumière la nécessité de renforcer les services adaptés aux jeunes, à travers des horaires appropriés, des espaces dédiés, des cliniques mobiles, et une meilleure prise en compte des besoins spécifiques des jeunes en situation de handicap.



Les travaux ont également permis d’aborder les questions relatives aux grossesses précoces, aux avortements à risque et à la santé maternelle des adolescentes. À cet effet, les participants ont analysé le niveau de vulnérabilité des adolescents et des jeunes, les facteurs favorisant les grossesses précoces, l’accès à la planification familiale, la connaissance et l’accès à l’avortement sécurisé conformément au cadre légal, ainsi que les conséquences sanitaires, sociales et éducatives de ces situations. Les défis liés à la réinsertion scolaire et sociale des filles mères ont également été soulevés.
Par ailleurs, les violences basées sur le genre ont fait l’objet d’échanges approfondis, portant sur le contexte et les faits majeurs affectant les adolescents et les jeunes, les facteurs de vulnérabilité, ainsi que l’analyse des mécanismes existants de prévention et de prise en charge. Les participants ont formulé des propositions visant à renforcer et améliorer ces mécanismes.
Aussi, les travaux se sont penchés sur la problématique de la consommation des substances psychoactives chez les adolescents et les jeunes, en analysant les facteurs favorisant l’addiction, les leviers de prévention à privilégier, ainsi que le rôle que doivent jouer les familles, l’école et les médias dans la prévention de ces comportements à risque.

« La rencontre nous a permis de beaucoup apprendre, d’entrer dans la réalité de ce qui concerne la Santé sexuelle et reproductive et de cerner tous les problèmes auxquels les jeunes sont confrontés en la matière. Au-delà des défis nous avons proposé des solutions et espérons que le gouvernement en tiendra compte », indique Chantal Noumonvi, participante à la rencontre.
A noter qu’il est prévu une rencontre nationale au cours de laquelle toutes les recommandations issues des consultations régionales seront compilées. Elles seront ensuite transmises à la DSMI/PF (Division de la Santé Maternelle, Infantile et de la Planification Familiale) en vue de leur intégration dans le plan d’action national 2026.



