(Société Civile Médias) – Confrontée autrefois à de fréquents risques d’infections nosocomiales, l’Unité de Soins Périphérique (USP) de Bouladé, située à 15 km de Kara, enregistre depuis deux ans une baisse significative des cas, à la suite de l’installation de dispositifs de lavage des mains par le gouvernement togolais, avec l’appui de l’UNICEF. Cette initiative a permis de renforcer les pratiques d’hygiène au sein de l’établissement et de réduire la propagation de maladies infectieuses telles que la diarrhée et la pneumonie, particulièrement préjudiciables aux enfants.
Bien qu’elle assure la couverture sanitaire d’environ quinze villages, soit une population estimée à 5 524 habitants, l’USP de Bouladè ne disposait pas d’un dispositif permanent de lavage des mains accessible aux patients venus en consultation.

« Il n’y avait pas un moyen pour les aider à se laver les mains correctement avant d’accéder à la formation sanitaire », fait savoir Solim PIGNANDI, Ingénieur Eau et Assainissement, point focal WASH/PCI au district d’Assoli.
D’après M. PIGNANDI, la structure sanitaire a dû, faute de moyens suffisants, se contenter de solutions de fortune. Une situation qui exposait davantage les patients aux risques de contamination et d’infections nosocomiales dans cette USP où naissent de nombreux bébés et où beaucoup d’autres sont pris en charge ou vaccinés.
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Une infection nosocomiale, il faut le rappeler, est une infection contractée dans un établissement de santé au cours ou à la suite d’une prise en charge médicale, alors qu’elle n’était pas présente à l’admission du patient. Elle est souvent liée à des insuffisances en matière d’hygiène, notamment le non-respect du lavage des mains ou l’utilisation de matériel mal désinfecté. Ces infections exposent particulièrement les nouveau-nés et les enfants à des maladies évitables comme la diarrhée et la pneumonie.
dispositif fixe de lavage des mains, un rempart contre les infections
Face à cette absence criante d’installations d’hygiène de base, il était indispensable de renforcer la Prévention et le Contrôle des Infections (PCI) à l’USP de Bouladè. C’est ainsi qu’avec l’appui de l’UNICEF et du Gouvernement togolais, la formation sanitaire a été dotée, en 2024, d’un dispositif fixe et permanent de lavage des mains à quatre robinets, installé à l’entrée de la structure et raccordé à une source d’eau fiable.
Mais cette intervention ne s’est pas limitée à l’infrastructure seule. Dans une approche globale de renforcement de la PCI, l’USP a également bénéficié d’intrants essentiels, notamment du savon liquide, du chlore, des gants, des cache-nez et des pulvérisateurs, destinés à améliorer durablement les pratiques d’hygiène et de sécurité sanitaire au sein de la structure.
À ces équipements et intrants s’ajoute le renforcement des capacités du personnel de l’USP, élément clé de la stratégie de PCI. Les agents de santé ont en effet bénéficié de formations spécifiques en PCI, axées sur l’adoption de bonnes pratiques d’hygiène et de sécurité dans la prise en charge des patients. Cette formation a permis au personnel de mieux appréhender les gestes essentiels de protection, tant pour leur propre sécurité que pour celle des usagers.

« J’ai appris à trier correctement les déchets médicaux avant leur destruction, à préparer l’eau de javel pour la décontamination de nos matériels et à stériliser le matériel après les accouchements », témoigne Lombéna TOMBEGOU, accoucheuse auxiliaire à l’USP Bouladè et bénéficiaire de la formation.
Par ailleurs, le personnel de l’USP de Bouladè constate avec satisfaction les changements enregistrés depuis la mise en place du dispositif permanent de lavage des mains. Selon les agents de santé, cette installation a contribué à changer les habitudes des patients et de leurs accompagnants, en faisant du lavage des mains un geste quasi systématique avant l’accès aux soins.
En outre, deux ans après son installation, les résultats sont bien visibles.
« La mise en place du dispositif a permis la réduction des cas de diarrhée, d’infections croisées au niveau de l’USP. Nos registres sont là pour le témoigner. C’est le lieu de dire un grand merci au gouvernement togolais et à son partenaire l’UNICEF pour leur appui », se réjouit Solim PIGNANDI.
Outre l’USP Baloudè, 24 autres centres de santé des régions de la Kara, des Savanes et de la Centrale, ont bénéficié de ces installations ainsi que des intrants PCI.


