( Société Civile Médias ) – Alors qu’elles constituent des acteurs clés du développement, de la cohésion sociale et de l’action humanitaire, les organisations à but non lucratif (OBNL) demeurent exposées à certains risques. En l’absence de mécanismes de contrôle adéquats, elles peuvent en effet être instrumentalisées à des fins illicites, notamment par des groupes terroristes cherchant à exploiter leurs vulnérabilités. Consciente de ces enjeux, WANEP-Togo entend jouer un rôle préventif. En partenariat avec Space for Change, l’organisation renforce les capacités de 26 structures à travers une table ronde de sensibilisation axée sur la mise en œuvre de la Recommandation 8 du Groupe d’Action Financière (GAFI), un standard international de référence en matière de conformité et de gestion des risques au sein des OBNL. La rencontre s’est tenue les 26 et 27 mars 2026 à Lomé.
La Recommandation 8 du GAFI, il faut le rappeler, vise à prévenir toute utilisation abusive des organisations à but non lucratif à des fins terroristes. Elle constitue, à ce titre, un levier essentiel dans la lutte contre le financement du terrorisme, tout en contribuant à préserver l’intégrité et la crédibilité des systèmes financiers. Ses objectifs sont clairement définis : identifier, évaluer et atténuer les risques d’exploitation des OBNL, garantir que les mesures mises en place n’entravent pas leurs activités légitimes, et promouvoir une approche fondée sur les risques, adaptée aux réalités et aux vulnérabilités propres au secteur.
La table ronde de WANEP-Too intervient dans un contexte marqué par les efforts engagés par le Togo pour se conformer aux normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. À travers son adhésion au GIABA et l’adoption de dispositifs juridiques et comptables adaptés, notamment le Système Comptable des Entités à But Non Lucratif (SYCEBNL) élaboré par l’OHADA, le pays s’inscrit dans une dynamique de renforcement de la transparence financière et de la traçabilité des flux au sein des OBNL, en adéquation avec les exigences du Groupe d’Action Financière (GAFI).

Toutefois, malgré ces avancées notables, des défis subsistent, notamment en ce qui concerne l’analyse spécifique des risques liés aux organisations à but non lucratif. Bon nombre d’acteurs de la société civile, encore insuffisamment informés des exigences du GAFI, ne disposent pas toujours des outils nécessaires pour identifier, évaluer et atténuer les risques inhérents à leurs activités. Par ailleurs, les instances étatiques en charge de la régulation peinent parfois à adopter une approche concertée et véritablement fondée sur les risques, rendant ainsi nécessaire le renforcement des capacités et la promotion d’une meilleure coordination entre les parties prenantes.
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À travers cette table ronde de deux jours, l’objectif de WANEP-Togo est de renforcer significativement la compréhension et l’appropriation, par l’ensemble des parties prenantes, des mécanismes juridiques, comptables et institutionnels mis en place au Togo pour garantir la conformité des OBNL aux exigences de la Recommandation 8 du GAFI.
« Cet atelier vise avant tout à faciliter une meilleure compréhension du cadre juridique et réglementaire national régissant les organisations à but non lucratif. Il constitue également une occasion de mettre en lumière les rôles des institutions clés, notamment la CENTIF, le ministère de la Sécurité, le ministère de l’Administration territoriale ainsi que les institutions bancaires. Il nous permettra par ailleurs d’identifier les forces et les limites des mécanismes existants, tout en proposant des pistes concrètes d’amélioration et de renforcement de la coordination interinstitutionnelle, en vue de bâtir un dispositif plus efficace et conforme aux standards internationaux. », indique Seyriam ADIAKPO, coordonnateur national de WANEP-Togo,

La première journée de la table ronde a été consacrée à la sensibilisation des organisations à but non lucratif aux risques liés au financement du terrorisme, ainsi qu’à un rappel des obligations internationales et des bonnes pratiques en matière de gouvernance et de transparence.
La deuxième journée, quant à elle, réunit les acteurs étatiques et institutionnels autour d’une réflexion stratégique approfondie, axée sur l’approche fondée sur les risques, l’identification et la cartographie des vulnérabilités, ainsi que la mise en place d’un cadre de collaboration intersectorielle renforcé.

À l’issue de cette table ronde, les organisations impliquées s’organiseront et mettront en œuvre les recommandations discutées, renforçant ainsi leur rôle dans la prévention et la lutte contre le financement du terrorisme au Togo. Ces efforts contribueront à consolider la transparence et la confiance dans le système financier national.
