(Société Civile Médias) – L’ONG OADEL (Organisation pour l’Alimentation et le Développement Local) alerte l’opinion publique sur les dangers liés à l’utilisation du plastique dans la chaîne alimentaire. Dans un document de sensibilisation récemment publié, l’organisation tire la sonnette d’alarme sur les risques sanitaires majeurs que représentent les plastiques, notamment les maladies graves auxquelles ils exposent les populations. Elle appelle à une prise de conscience collective et invite l’ensemble des restaurateurs ainsi que les consommateurs à travers le Togo à adopter des pratiques plus saines en matière de conservation, de préparation et de consommation des aliments, en privilégiant désormais l’usage de contenants naturels au détriment du plastique.
Présenté à l’occasion d’une conférence de presse tenue le vendredi 18 juillet, le livret de 14 pages publié par l’ONG OADEL est bien plus qu’un simple document d’information : il se veut une alerte citoyenne et une prise de conscience collective. L’objectif ? Attirer l’attention du public, des consommateurs, mais surtout des restaurateurs, sur les dangers sanitaires liés à l’usage intensif des contenants plastiques dans la chaîne alimentaire.

En effet, sous l’influence des modèles de consommation occidentaux et des messages véhiculés par les médias, les emballages dits traditionnels notamment les feuilles naturelles, calebasses, fibres végétales, ont progressivement été délaissés au profit d’emballages plastiques jugés plus « modernes », plus pratiques, plus présentables.
« Pourtant, la science qui a permis la création de ces matériaux en a également révélé les limites et les risques. Les plastiques alimentaires, aussi séduisants soient-ils, sont aujourd’hui identifiés comme de véritables menaces pour la santé humaine », prévient Tata Ametoenyenou, Directeur exécutif de l’ONG OADEL.
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Une menace invisible, mais bien réelle
Le document de sensibilisation publié par OADEL détaille avec rigueur les nombreux risques liés à la migration des substances chimiques contenues dans les plastiques vers les aliments. Ces produits, une fois ingérés, pénètrent l’organisme humain et exposent les individus à des maladies graves, dont certaines restent longtemps asymptomatiques.
« Il est bien établi que les plastiques, issus de la transformation du pétrole, renferment de nombreux composés chimiques susceptibles de migrer vers les aliments qu’ils contiennent. Cette migration peut être déclenchée par plusieurs facteurs, notamment la chaleur, l’humidité ou encore la lumière. Si l’on insiste souvent sur l’effet de la chaleur, il convient de souligner que la lumière joue également un rôle déterminant dans ce processus. En effet, lorsqu’un aliment est exposé au soleil, la lumière peut altérer la structure du plastique, favorisant ainsi le transfert de substances chimiques vers l’aliment. Il ne s’agit donc pas uniquement d’une question de forte température, une lumière, même modérée, peut suffire à détériorer certains types d’emballages plastiques », fait savoir Tata Ametoenyenou.

Au cœur des menaces liées à l’utilisation des plastiques dans l’alimentation, figurent les perturbateurs endocriniens, ces substances capables d’interférer avec le système hormonal, même à très faibles doses. Le livret de l’ONG OADEL fait état de nombreuses pathologies associées : troubles de la reproduction (infertilité, fausses couches, puberté précoce, endométriose…), cancers hormonodépendants (seins, testicules, prostate), mais aussi désordres neurologiques variés (troubles du sommeil, de la mémoire, du langage, dépression, anxiété…).
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Chez les enfants, les conséquences sont particulièrement alarmantes : retard de développement, troubles de l’attention, convulsions, autisme… Autant d’affections que la science relie désormais, en partie, à une exposition répétée à ces substances invisibles mais toxiques.
Un appel à la responsabilité collective
Fort de ces constats, OADEL appelle à une rupture avec les habitudes nocives, et en particulier à un changement dans les modes de conservation, de préparation et de consommation des aliments. L’ONG s’adresse directement aux professionnels de la restauration, mais aussi à l’ensemble des citoyens togolais : l’adoption de contenants naturels, issus de pratiques ancestrales, doit redevenir la norme.
« Les emballages naturels respirent mais ne transpirent pas, tandis que le plastique transpire mais ne respire pas », rappelle le livret avec justesse, soulignant la supériorité des matériaux traditionnels non seulement pour leur innocuité, mais aussi pour leur fonctionnalité.
Par ailleurs, l’ONG OADEL insiste sur le fait que la santé publique ne peut rester prisonnière de choix pratiques dictés par la mode ou la facilité. La restauration d’un mode de vie plus sain et plus respectueux de l’environnement commence par une prise de conscience individuelle et collective. Dans cette dynamique, l’organisation promet de mettre tout en œuvre pour une très large diffusion du livret.

« Au-delà de la conférence de presse, nous envisageons de diffuser le livret auprès de plusieurs ministères ciblés, ainsi qu’auprès d’organisations partenaires avec lesquelles nous collaborons régulièrement. Une attention particulière sera également portée au milieu scolaire. Ayant déjà établi des liens avec certaines écoles, nous mettrons ce document à leur disposition, tout en sensibilisant les responsables d’établissement afin qu’ils en assurent la diffusion auprès des enseignants. L’objectif est que ces derniers puissent en discuter avec leurs élèves, mais également avec les commerçantes qui leur vendent de la nourriture, car tous font un usage important des emballages plastiques », indique Eya Nadège Tougan, chargée de projet à OADEL.
Il convient de préciser que ce livret a été élaboré dans le cadre du projet « Initiative locale d’éducation des ménages pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle » (ILEMSA’NU). Ce projet bénéficie du soutien financier de l’organisation allemande Pain pour le Monde. Le document est diffusé à titre entièrement gratuit.

