(Société Civile Médias) – Alors que le Togo s’apprête à être évalué dans le cadre du quatrième cycle de l’Examen périodique universel (EPU), la société civile et la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) se mobilisent pour soumettre leurs rapports alternatifs. À cet effet, une consultation nationale de trois jours, organisée par le Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo (CACIT) à Lomé, leur a permis de consolider leurs contributions respectives et d’harmoniser les analyses en vue de renforcer la qualité et la cohérence des rapports attendus. Cette rencontre a également servi de cadre pour collecter, examiner et valider les données nécessaires à l’élaboration des rapports alternatifs, désormais disponibles pour alimenter efficacement la contribution de la société civile et de la CNDH au processus du 4ᵉ cycle de l’EPU du Togo.
Tenue du 14 au 16 avril 2026, la consultation nationale a réuni 45 acteurs de la société civile, notamment des défenseurs des droits de l’homme, des journalistes et des syndicalistes, aux côtés de représentants de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).

En effet, le mécanisme de l’Examen périodique universel (EPU) est aujourd’hui considéré comme l’un des piliers du système international de protection des droits de l’homme. Il permet aux États membres des Nations Unies de faire régulièrement le point sur la situation des droits humains sur leur territoire, d’évaluer les progrès accomplis, mais aussi d’identifier les défis persistants, dans une logique de dialogue et de coopération internationale.
Dans ce processus, l’implication des institutions nationales des droits de l’homme et des organisations de la société civile s’avère essentielle. Leur participation garantit une analyse plus objective, inclusive et ancrée dans les réalités du terrain, contribuant ainsi à la crédibilité globale de l’évaluation.
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S’agissant du Togo, le troisième cycle de l’EPU a débouché sur 224 recommandations formulées par 89 États membres, dont 182 ont été acceptées par le gouvernement, contre 42 simplement notées. Depuis cette étape, la société civile, en collaboration avec la CNDH, s’est engagée dans un travail de suivi de la mise en œuvre de ces recommandations. Dans ce cadre, des rapports à mi-parcours ont été élaborés et soumis au Conseil des droits de l’homme, à l’issue d’une consultation nationale organisée en septembre 2024 par la CNDH et le CACIT, avec l’appui technique de UPR Info.
Sur le terrain, plusieurs avancées ont été enregistrées, notamment en matière de renforcement du cadre juridique et institutionnel et de mise en œuvre de certaines recommandations acceptées. Toutefois, de nombreux défis demeurent dans plusieurs secteurs liés à la protection et à la promotion des droits humains.

C’est dans cette continuité que s’inscrit la présente consultation nationale, qui visait à collecter et consolider les données nécessaires à l’élaboration des rapports alternatifs du quatrième cycle de l’EPU.
« La première journée de la consultation a été consacrée au renforcement des capacités des participants afin de leur permettre de contribuer de manière efficace, pertinente et structurée à l’élaboration des rapports alternatifs attendus dans le cadre du quatrième cycle de l’EPU », indique Me Claude AMEGAN, Président du conseil d’administration du CACIT.
Les deux derniers jours ont été consacrés à la collecte des données sur la situation des droits de l’homme au Togo, à travers un état des lieux de la mise en œuvre des recommandations de l’EPU, ainsi qu’à l’identification des avancées et des défis persistants en la matière.
« Il s’est agi de transformer les observations de terrain en des rapports rigoureux, crédibles et constructifs, susceptibles de favoriser la formulation de recommandations pertinentes pour l’amélioration de la situation des droits de l’homme au Togo », ajoute M. AMEGAN.

À cet effet, les participants ont été répartis en groupes thématiques. Les travaux ont ensuite été suivis d’une séance de restitution au cours de laquelle chaque groupe a présenté les résultats de ses réflexions. À l’issue de cette phase de collecte, les informations recueillies ont été compilées par l’équipe de coordination de la CNDH et du CACIT en vue de la production d’un document unique, qui sera finalisé et consolidé après la consultation nationale.
La consultation, il faut le rappeler, a reçu l’appui technique du Bureau régional du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH BRAO) et de l’UPR Info et l’appui financier de Pain Pour Le Monde (PPLM).
