(Société Civile Médias) – La première édition du Forum International des Jeunes sur la Souveraineté Alimentaire (FIJ-SA) a officiellement démarré ce mercredi 6 août à Lomé. Organisé par l’ONG OADEL (Organisation pour l’Alimentation et le Développement Local), avec le soutien financier de Pain pour le Monde, cet événement entend créer un cadre de réflexion stratégique et inclusive autour de la souveraineté alimentaire en Afrique.
Cette rencontre, prévue sur cinq jours, s’adresse aux jeunes d’Afrique de l’Ouest, notamment du Togo, du Burkina Faso, du Sénégal et du Mali, ainsi qu’à tout acteur intéressé par les enjeux de la souveraineté alimentaire.

Selon Tata Ametoenyenou, Directeur exécutif de l’ONG OADEL, l’organisation de cet événement s’explique par un certain nombre de constat.
« OADEL travaille depuis plus de 20 ans sur la conscientisation des consommateurs à préférer les produits alimentaires locaux aux produits importés. Et on s’est rendu aussi compte qu’au niveau politique il y a un certain nombre d’engagements de plusieurs Etats et même des regroupements d’Etats comme la Cedeao en faveur d’une souveraineté alimentaire pour nos pays. Malheureusement, on constate que depuis nos indépendances, les produits importés inondent toujours nos marchés et que parfois il y a des pays dans la sous-région qui connaissent des crises alimentaires. Par ailleurs, des crises internationales agissent tellement sur nos pays qu’on se demande comment se fait-il qu’aucun de nos pays ne produit suffisamment pour nourrir ses populations alors qu’on prône la souverainement alimentaire. Voila pourquoi nous avons voulu réfléchir avec les jeunes pour voir comment le concept de souveraineté alimentaire est né, quels en sont les fondamentaux et quelles sont les conséquences qui en découlent », explique-t-il.
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L’objectif du Forum est donc de permettre aux jeunes de s’exprimer sur la question de la souveraineté alimentaire dans un contexte de crises alimentaires croissantes. La rencontre permettra d’aborder plusieurs thématiques clés notamment les politiques agricoles et alimentaires des États africains ; le financement de l’agriculture et des entrepreneurs agroalimentaires ; la dépendance aux importations pour nourrir les populations ; le rôle des semences locales dans l’autonomie alimentaire ; ou encore la promotion des produits locaux et la lutte contre la malnutrition.

« C’est en confrontant des expériences concrètes, en croisant les regards d’acteurs divers et en interrogeant nos pratiques agricoles et alimentaires que des pistes de solutions pourront émerger », soutient Tata Ametoenyenou.
Au menu du Forum, des panels et des tables rondes thématiques viendront explorer en profondeur les grands enjeux de l’alimentation durable, avec une attention particulière portée au rôle essentiel des femmes et des jeunes dans ce domaine.
Le panel inaugural, intitulé « Souveraineté alimentaire : itinéraire du concept, avancées, échecs et perspectives » a permis d’échanger sur l’origine du concept, les progrès réalisés, ses limites actuelles, ainsi que les perspectives pour les années à venir.

En complément des panels, le forum proposera plusieurs tables rondes thématiques pour approfondir des questions clés liées à la souveraineté alimentaire en Afrique. Parmi les sujets abordés : les causes et les conséquences de la malnutrition, les solutions envisageables pour y faire face, les défis liés à l’approvisionnement en produits locaux, ainsi que les politiques et stratégies nécessaires à leur valorisation, en interrogeant notamment le rôle des États.
le FIJ-SA se déroulera en parallèle du Festival La Marmite (Fesma), grand rendez-vous culinaire au Togo. Ce choix de co-localisation est stratégique : il vise à favoriser une synergie entre les réflexions sur la souveraineté alimentaire et la mise en valeur des savoir-faire culinaires, en particulier ceux portés par les femmes et les jeunes issus de tout le pays.
