Togo / Projet ViEE : Entrepreneuriat, cohésion sociale et impact durable pour les communautés, le bilan de deux années d’action

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – Au Togo, l’entrepreneuriat s’impose comme un véritable rempart contre l’extrémisme violent grâce au projet « Vivre Ensemble et s’Épanouir » (ViEE). Mis en œuvre pendant deux ans par Catholic Relief Services (CRS-Togo) en collaboration avec le Conseil Épiscopal Justice et Paix (CEJP-Togo), et avec le soutien financier de l’Union européenne (UE), cette initiative menée dans les régions des Savanes et de la Centrale a notamment permis de former environ 1000 jeunes aux opportunités entrepreneuriales et d’en équiper 143 pour lancer ou renforcer leurs activités génératrices de revenus. Mais au-delà de l’appui à l’entrepreneuriat, le projet ViEE a également produit des impacts notables dans plusieurs domaines clés du développement communautaire.

Démarré en janvier 2024 pour une durée de 24 mois, le projet ViEE a pour objectif de renforcer la résilience des populations, la cohésion sociale et la prévention des conflits, à travers des approches participatives et communautaires impliquant autorités, leaders religieux, jeunes, femmes et structures locales. Il a fait de l’entrepreneuriat l’un des piliers majeurs de son intervention. Ceci, dans la mesure où l’absence d’opportunités économiques demeure l’un des principaux leviers d’enrôlement dans l’extrémisme violent.

Dans les régions des Savanes et de la Centrale, où le chômage des jeunes fragilise les familles et alimente un profond sentiment d’abandon, créer de véritables perspectives d’autonomie économique est devenu une priorité.

Stella Abidé DJAMAH, gestionnaire du projet VIEE.

« CRS a mené une analyse approfondie sur le terrain, laquelle a mis en évidence plusieurs facteurs à l’origine des conflits et des phénomènes de radicalisation. Il est apparu que la gouvernance au niveau communautaire, tout comme les relations entre les institutions, les autorités et les populations, s’est progressivement fragilisée. Sur le plan de la vulnérabilité économique, nous avons également constaté qu’avec la montée de l’extrémisme, l’accès aux services et aux ressources s’est réduit, ce qui confirme la pertinence d’un projet visant à renforcer la cohésion inclusive », indique Stella Abidé DJAMAH, gestionnaire du projet VIEE.

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Durant la mise en œuvre du projet, environ 1000 jeunes des localités ciblées, notamment ceux des préfectures de l’Oti Sud, de l’Oti, de Tchaoudjo et de Tchamba, ont donc été outillés sur l’entrepreneuriat. La formation leur permis d’en savoir plus sur le domaine, les qualités requises pour s’y lancer, les domaines les plus porteurs au Togo, comment trouver l’argent pour entreprendre, les erreurs courantes commises par les jeunes entrepreneurs et comment les éviter.

Ici, lors de la formation des jeunes de la commune de Tchaoudjo 1 sur l’entrepreneuriat.

Par ailleurs, les jeunes ont également été outillés sur les stratégies à utiliser pour se démarquer des concurrents, l’utilisation des réseaux sociaux pour entreprendre et la gestion financière. De quoi les préparer à développer des activités viables, à saisir les opportunités économiques locales et à renforcer durablement leur résilience face aux facteurs de vulnérabilité.

Des jeunes équipés pour démarrer ou renforcer leur projet d’entrepreneuriat

Le projet ViEE ne s’est pas limité à la formation. Il a également choisi de doter les jeunes d’équipements, afin de leur permettre de concrétiser leurs projets, de lancer ou de renforcer leurs activités entrepreneuriales et de mettre en pratique les compétences acquises. La remise de ces équipements s’est déroulée à l’occasion des activités marquant la clôture du projet, en particulier lors des deux cérémonies organisées les 25 et 27 novembre 2025, respectivement à Sokodé et à Mango.

« La plupart des équipements distribués comprennent, entre autres, des égreneuses de maïs et de riz ainsi que des moulins à grain. Pour les jeunes, des tricycles et des machines adaptées à leur corps de métier (la couture, la coiffure, l’artisanat) ont été remis. Chacun a ainsi reçu les outils nécessaires pour concrétiser son plan d’affaires », a précisé la gestionnaire du projet.

Des impacts concrets et durables pour les communautés

Au-delà du renforcement de l’entrepreneuriat, le projet ViEE a produit des impacts notables dans plusieurs domaines clés du développement communautaire.

Ainsi, 120 Médiatrices de Paix ont été formées pour prévenir les conflits et promouvoir le vivre-ensemble, tandis que 2 000 acteurs communautaires ont été outillés aux approches de la cohésion sociale.

Table d’honneur de la cérémonie de clôture du projet à Sokodé.

Dans le secteur agricole, 4 752 paysans ont bénéficié de formations sur les techniques de compostage et l’utilisation de plantes fourragères, contribuant ainsi à la restauration des terres et à une meilleure sécurité alimentaire.

Sur le plan financier, 7 191 membres, regroupés en 257 groupes d’épargne et de crédit communautaires, ont mobilisé plus de 125 millions de francs CFA, renforçant leur autonomie économique.

Photo de famille.

Le projet a également soutenu 320 microprojets pour un montant global de 196 millions de francs CFA, permettant aux bénéficiaires de concrétiser leurs initiatives locales. Par ailleurs, plus de 6 500 lots d’équipements scolaires, d’une valeur totale supérieure à 200 millions de francs CFA, ont été distribués à 128 écoles, améliorant ainsi les conditions d’apprentissage pour les élèves.