( Société Civile Médias ) – Après une première édition couronnée de succès, le Ayimolou Festival revient pour un acte II plus structuré, plus long et plus ambitieux. Prévu du 3 au 8 avril 2026 à Lomé, sur l’esplanade en face du Centre togolais des expositions et foires (CETEF), l’événement entend renforcer la valorisation du ayimolou, plat emblématique du sud du Togo, tout en soutenant les femmes entrepreneures du secteur et en promouvant l’utilisation du riz local. Porté par l’association Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF) et soutenu par la mairie du Golfe 2, le festival se positionne comme un rendez-vous culinaire et culturel à vocation nationale, voire internationale.
Placée sous le thème « Les entrepreneurs du secteur du ayimolou face aux défis de l’utilisation du riz local », la deuxième édition se déroulera sur six jours, contre quatre lors de la précédente. Les organisateurs ambitionnent d’accueillir plus de 50 000 festivaliers, avec la participation d’environ 20 restauratrices, contre une douzaine auparavant.
Parmi les innovations majeures annoncées lors de la conférence de presse de lancement tenue le jeudi 29 janvier 2026, figure le lancement de l’application mobile Ouatché, dédiée à la vente du ayimolou à travers tout le pays, afin de moderniser la chaîne de commercialisation et d’augmenter les revenus des vendeuses.



Cette nouvelle édition entend également renforcer l’usage du riz local dans la préparation du ayimolou, en mettant en avant les variétés togolaises telles que le riz Bio Village, le riz Bon Goût de Tchamba ou le riz Délice, souvent sous-exploitées par les entrepreneurs du secteur selon Bernard Anoumo Dodji Bokodjin, promoteur du festival.
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« Le constat, c’est que la majorité des entrepreneurs utilisent du riz importé venu d’Asie ou des États-Unis, alors que nous disposons aujourd’hui de variétés locales. Notre objectif est de poser clairement ces défis et d’y apporter des solutions concrètes. »
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La première édition du Ayimolou Festival, qui s’était déroulée du 18 au 21 février 2025, a réuni plus de 15 000 visiteurs en continu pendant 96 heures. Cette première expérience a confirmé l’attachement des populations à ce mets populaire à base de riz et de haricots, accompagné d’une sauce épicée au piment noir togolais. L’événement a aussi permis de mettre en lumière le rôle économique du ayimolou, activité portée majoritairement par des femmes restauratrices issues de l’économie informelle. À cette occasion, la mairie du Golfe 2 a symboliquement baptisé une rue « Rue Ayimolou », célébrant ainsi la place de ce plat dans la vie quotidienne des Togolais et dans la culture locale.

La mairie du Golfe 2 réaffirme son soutien à cette initiative.
« La mairie du Golfe 2 apporte son soutien au Festival Ayimolou parce que c’est un plat que tous les Togolais apprécient. C’est un mets qui est entré durablement dans nos habitudes alimentaires. Lorsque les organisateurs nous ont approchés, nous avons décidé de les accompagner et de faire du Golfe 2 le berceau de ce festival. À terme, pourquoi ne pas en faire un festival national, voire international », indique Koffigan Hukporti, deuxième adjoint au maire.

Au-delà de la gastronomie, l’édition 2026 mettra un accent particulier sur le renforcement des capacités des vendeuses de ayimolou. Des sessions de formation en gestion financière, en gestion des ressources humaines et en santé sont prévues, afin de professionnaliser davantage cette activité. Une étude sera également menée auprès de 100 revendeurs et revendeuses du Grand Lomé pour évaluer la quantité mensuelle de riz utilisée et mesurer l’impact potentiel d’une transition vers le riz local sur la production nationale. Dans la même dynamique, un guide touristique et commercial sera édité pour orienter les visiteurs vers les meilleurs espaces de dégustation et servir de vitrine aux acteurs du secteur.
Autre innovation annoncée : le lancement, dès février 2026, de Ayimolou Magazine. Cette publication spécialisée mettra en lumière les vendeuses de ayimolou, racontera leurs parcours, valorisera leur savoir-faire et fournira toutes les informations pratiques sur le festival. À travers ce magazine, les organisateurs souhaitent inscrire le ayimolou dans une démarche de documentation, de valorisation culturelle et de transmission, tout en renforçant la visibilité des femmes qui font vivre la tradition au quotidien.



À plus long terme, les organisateurs ambitionnent de faire reconnaître le ayimolou comme patrimoine culturel immatériel, avec l’objectif de l’inscrire un jour au registre de l’UNESCO, afin de préserver et promouvoir cette richesse culinaire togolaise au-delà des frontières.


