CSU / AMU : L’UONGTO et RAS+ TOGO renforcent l’implication des acteurs communautaires de la commune Golfe 1

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – L’Union des ONG du Togo (UONGTO) et le Réseau des associations des personnes vivant avec le VIH (RAS+ TOGO), poursuivent leur dynamique de dialogues communautaires consacrés à la Couverture sanitaire universelle (CSU), à la redevabilité sociale ainsi qu’au mécanisme d’engagement de la société civile à l’horizon 2030. Après les étapes des communes Golfe 7 et Agoè-Nyivé 2, c’est au tour de la commune Golfe 1 d’accueillir la troisième phase de ce dialogue, ce mardi 10 février 2026.

Organisée au Centre communautaire de Bè et axée sur le thème « Couverture sanitaire universelle, redevabilité sociale et mécanisme d’engagement de la société civile à l’horizon 2030 », cette rencontre a réuni une trentaine de participants, parmi lesquels des conseillers municipaux, des chefs traditionnels, des responsables religieux, des représentants d’organisations de femmes et de jeunes, des membres de comités de développement cantonaux, villageois et de quartiers, ainsi que le personnel de la mairie de Golfe 1.

Table d’honneur lors des échanges avec le Directeur exécutif de l’UONGTO au micro.

À travers ce dialogue communautaire, il s’agissait pour l’UONGTO et RAS+ Togo de renforcer l’engagement des conseillers municipaux, des leaders d’opinion et des communautés de base dans la mise en œuvre effective, transparente et participative de la Couverture sanitaire universelle (CSU) au Togo, en s’appuyant sur l’information, la sensibilisation et la promotion de la redevabilité sociale.

Ouvrant l’activité en présence de Ayawoavi DAGBAN ZONVIDE, 1er adjoint au Maire de la commune Golfe, Aristide DJENDA, Directeur Exécutif de l’UONGTO, a souligné que le dialogue communautaire constitue avant tout un espace d’échanges francs et pédagogiques.

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« Ce cadre nous permet d’expliquer la Couverture sanitaire universelle dans un langage simple, compréhensible par tous, afin que chaque acteur puisse en saisir les enjeux et les implications. Mais au-delà de l’information, il s’agit aussi d’écouter les populations, de recueillir leurs préoccupations, leurs interrogations et leurs propositions, pour contribuer à une mise en œuvre plus efficace, participative et inclusive de l’Assurance maladie universelle au Togo », a-t-il déclaré.

Lire aussi : CSU/AMU : Le consortium UONGTO – RAS+ Togo mobilise les acteurs communautaires de la commune Golfe 7

Vue des chefs traditionnels et autres leaders communautaires à la rencontre.

CSU et AMU : principes, mécanismes et enjeux au cœur des échanges

La rencontre s’est inscrite dans une dynamique à la fois pédagogique et participative, visant à doter les leaders d’opinion et les conseillers municipaux d’une compréhension approfondie de la Couverture sanitaire universelle (CSU) et de ses implications. L’enjeu était de consolider leur position de relais communautaires avertis, capables d’expliquer, d’orienter et d’accompagner efficacement les populations dans l’appropriation de cette réforme majeure du système de santé togolais.

Vue partielle des participants au dialogue.

Les échanges ont ainsi permis de revenir de manière structurée sur les fondements de la CSU, ses objectifs et son ambition d’assurer un accès équitable aux soins pour tous. Une attention particulière a été accordée à l’Assurance maladie universelle (AMU), présentée comme l’instrument opérationnel de cette politique. Les participants ont été éclairés sur ses principes directeurs (solidarité nationale, équité, mutualisation des risques et protection financière contre les dépenses de santé) ainsi que sur les modalités concrètes de sa mise en œuvre progressive au Togo.

Un accent spécifique a été mis sur l’intégration des travailleurs non-salariés à travers l’AMU-TNS, dispositif stratégique destiné à étendre la protection sociale aux acteurs du secteur informel. Les discussions ont permis de préciser les conditions d’éligibilité, les procédures d’identification et d’enregistrement, le niveau des cotisations ainsi que les prestations couvertes, afin de favoriser une meilleure compréhension et une adhésion éclairée des communautés.

Au-delà des considérations techniques, la question de la redevabilité sociale a occupé une place centrale dans les débats. Les participants ont été sensibilisés à leur rôle dans le suivi citoyen de la réforme, notamment en matière d’interpellation constructive des structures gestionnaires. Il leur a été rappelé que la réussite et la crédibilité de l’AMU reposent également sur la capacité des citoyens et des organisations communautaires à veiller à la transparence, à formuler des recommandations pertinentes et à maintenir un dialogue constant avec les institutions compétentes.

Représentant de la Fédération nationale des cultes vaudou et des traditions du Togo (FNCVTT), Sa Majesté Oba Alex NEGUE a salué l’initiative portée par l’UONGTO et RAS+ Togo, qu’il a qualifiée de salutaire pour les communautés. Selon lui, les échanges ont contribué à dissiper de nombreuses incompréhensions autour de la CSU et de l’AMU. Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité pour les leaders présents de jouer pleinement leur rôle de relais, en veillant à diffuser des informations claires et fiables auprès des populations à la base.

Sa Majesté Oba Alex NEGUE , représentant de la FNCVTT à la rencontre.

« Nous avons aujourd’hui reçu des explications claires et détaillées sur les deux mécanismes. Beaucoup d’entre nous avaient encore des interrogations, mais cette rencontre a permis de lever les incompréhensions. À présent, il nous revient, en tant que leaders traditionnels et communautaires, de porter fidèlement cette information auprès de nos populations. Nous devons expliquer, sensibiliser et rassurer, afin que chacun comprenne l’importance de cette réforme et fasse ce qu’il faut pour en bénéficier pleinement », a-t-il indiqué.

Même son de cloche du côté de Vincent KOUSSIKPOR, président du Comité de Développement de Quartier (CDQ) Bè Agodo Atimé, qui s’est également félicité de la tenue de ce cadre d’échanges.

Selon lui, cette initiative arrive à point nommé pour renforcer la compréhension des populations sur la CSU et l’AMU.

Vincent KOUSSIKPOR, président du CDQ Bè Agodo Atimé.

« En tant que responsables à la base, nous sommes souvent interpellés par les habitants sur les conditions d’adhésion, les cotisations ou encore les prestations couvertes. Cette rencontre nous a permis d’avoir des réponses précises et fiables. Nous repartons mieux outillés pour sensibiliser nos communautés et les accompagner dans leurs démarches », a-t-il confié.

Il a par ailleurs souligné l’importance de la redevabilité sociale dans la réussite de la réforme.

« Il ne s’agit pas seulement d’informer, mais aussi de veiller à ce que le système fonctionne correctement. Nous devons encourager les citoyens à poser des questions, à demander des comptes lorsque c’est nécessaire et à participer activement au suivi de la mise en œuvre de l’AMU », a-t-il ajouté.

Lire aussi : Togo – CSU/AMU : Poursuite des dialogues communautaires dans la commune d’Agoè Nyivé 2

Yamè PIYELIWA, Secrétaire général de la commune Golfe 1.

Par ailleurs, Yamè PIYELIWA, Secrétaire général de la commune Golfe 1, a relevé que la qualité des interventions et la pertinence des préoccupations exprimées au cours des échanges témoignent de l’intérêt réel que les participants portent à la CSU et à l’AMU.

« Le choix des profils invités à ce dialogue n’est pas anodin. Il s’agit de leaders et d’acteurs influents au sein de leurs communautés, capables de relayer fidèlement les informations reçues. L’objectif est qu’ils deviennent des vecteurs de sensibilisation à la base. Pour sa part, la commune Golfe 1 entend pleinement jouer son rôle dans l’accompagnement et la vulgarisation de cette réforme », a-t-il affirmé.

A noter que cette activité est soutenue par le projet LAR UE (Renforcement de la société civile sur la promotion et la protection de la liberté d’association et de réunion au Togo).