(Société Civile Médias) – Après une première session de renforcement de capacités organisée en décembre 2025 au profit de 11 organisations togolaises, le projet FAME (Féminisme, Actions et Mobilisation pour une Économie inclusive) poursuit sa dynamique d’accompagnement en direction d’autres acteurs clés de l’autonomisation économique des femmes. Les 4 et 5 février 2026, ce sont ainsi cinq Sociétés Coopératives Simplifiées (SCOOPS), bénéficiaires du projet, qui ont pris part à une formation axée à la fois sur les stratégies de mobilisation de ressources, la recherche de financements et l’adoption de pratiques écologiques responsables. Cette session vise à renforcer les capacités techniques des SCOOPS afin de consolider la mise en œuvre durable de leurs initiatives de terrain.
La formation s’inscrit dans la continuité d’un diagnostic préalable conduit par le GERES, en amont du lancement du projet FAME au Togo et dans les autres pays d’intervention. Ce diagnostic a permis d’identifier de manière précise les besoins des Sociétés Coopératives Simplifiées (SCOOPS) en matière de formation et de renforcement des capacités.

Les résultats de cette analyse ont mis en évidence que les SCOOPS togolaises sont également confrontées à de nombreux défis en matière de financement. Ceux-ci concernent notamment la méconnaissance des sources de financement existantes, les difficultés à identifier des bailleurs pertinents, les insuffisances dans la formulation et la rédaction de propositions de projets, l’absence de stratégies de diversification des ressources financières, ainsi que le manque d’outils adaptés de suivi et d’évaluation. C’est dans ce contexte et pour répondre à ces insuffisances qu’a été organisée cette formation
« Il s’agit de la même formation que celle dispensée aux OSC en décembre dernier. Toutefois, elle s’adresse cette fois-ci à cinq organisations, toutes constituées en coopératives, intervenant dans les domaines du maraîchage, de la transformation de produits alimentaires et du recyclage. », précise Edi Afi KPOGAN-AMOUZOU, consultante au Togo pour le projet FAME.
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La formation a d’abord permis de revisiter la notion de ressources, en encourageant les participantes à aller au-delà d’une lecture strictement financière. L’approche proposée visait à aider les SCOOPS à recenser, analyser et mettre en valeur l’ensemble des moyens dont elles disposent ou peuvent mobiliser, qu’il s’agisse de ressources humaines, matérielles, financières ou encore relationnelles. Dans cette dynamique, les échanges ont conduit les participants à envisager la constitution d’une base de partenaires potentiels, susceptibles d’accompagner leurs initiatives sur le long terme.
La formation s’est ensuite focalisée sur la conception d’outils stratégiques dédiés à la mobilisation des ressources. À l’issue des travaux, chaque SCOOPS a pu repartir avec un document de référence pensé comme un support évolutif. Celui-ci est destiné à être partagé en interne, analysé collectivement et enrichi progressivement, notamment grâce à des séances d’accompagnement à distance, afin de mieux s’adapter aux réalités propres à chaque SCOOPS.


Enfin, un dernier module a porté sur les enjeux de durabilité financière des SCOOPS. Les participantes ont été invitées à réfléchir à la mise en place d’un fonds de viabilité interne, propre à chaque coopérative. Ce dispositif vise à leur permettre de disposer d’un minimum de ressources autonomes, en particulier lors des phases de renouvellement des partenariats techniques et financiers, afin d’assurer la continuité de leurs activités et de renforcer leur stabilité institutionnelle.
Par ailleurs, la formation a été l’occasion d’outiller les participants sur les procédures devant conduire à la signature d’une charte environnementale. Il s’agissait d’identifier les domaines et les contextes qui contribuent à la préservation et à la protection de l’environnement, ainsi qu’aux actions de résilience face à la dégradation environnementale.
« Ces SCOOPS s’appuieront sur les chartes et les cadres de référence qui leur ont été présentés pour élaborer, au terme du processus, leur propre charte environnementale. Celle-ci a été définie durant la formation, mais sera ensuite soumise, au retour des participantes au sein de leurs structures, à la validation et à la signature de leur conseil d’administration ou de leur bureau exécutif. Une fois signée, la charte sera transmise au GERES. », précise Mme Edi Afi KPOGAN-AMOUZOU.
Directeur exécutif de l’Association Ecologique Vie Saine (AEVS-Togo), Fialey KODJO se réjouit des retombées qu’aura cette formation sur son organisation.

« La mobilisation des ressources constitue l’une des principales préoccupations de l’AEVS. L’accès au financement demeure un véritable défi pour notre structure. Toutefois, cette formation nous a permis de mieux appréhender de nombreux éléments essentiels à prendre en compte dans la recherche de financements, dont certains nous étaient jusque-là peu connus. Elle a ainsi renforcé notre compréhension du processus et nous a donné des repères concrets que nous comptons désormais mettre en pratique. », fait-il savoir.
De son côté, Dissirama BAGUISSAGOU, représentante de l’association FeADA à la formation, a souligné l’importance de la charte environnementale et les retombées positives qu’elle pourrait avoir sur le fonctionnement et les actions de sa structure.

« La charte environnementale est un outil essentiel pour notre organisation. Elle nous permet de structurer notre engagement en faveur de la protection de l’environnement et de clarifier nos responsabilités à tous les niveaux. À travers cette charte, nous disposons désormais d’un cadre de référence qui guidera nos actions quotidiennes, mais aussi nos choix stratégiques. Elle renforce notre crédibilité auprès de nos partenaires et nous aide à intégrer durablement les enjeux environnementaux dans nos activités. Pour FeADA, c’est une avancée importante qui contribuera à améliorer nos pratiques et à inscrire notre action dans une dynamique responsable et durable ».

Mis en œuvre sur une période de quatre ans, de 2024 à 2028, le projet FAME est conduit par l’ONG Geres, en partenariat avec un consortium de cinq organisations internationales, avec l’appui financier de l’Agence française de développement (AFD). Cette initiative poursuit deux axes majeurs : renforcer, sur les plans financier et technique, les structures engagées dans l’autonomisation économique des femmes, et favoriser l’émergence d’un environnement collaboratif capable d’influencer durablement la transition vers une économie à la fois verte et inclusive.
Au Togo, le Geres met en œuvre ce projet en appuyant les organisations locales à travers des appels à projets ciblés, donnant accès à des financements et à une assistance technique adaptée.
