(Société Civile Médias) – Au Togo, le Réseau Cupidon poursuit ses actions en faveur d’un environnement plus inclusif pour les minorités sexuelles et de genre. Dans cette dynamique, l’organisation œuvre au renforcement des connaissances des acteurs intermédiaires afin de réduire les phénomènes de stigmatisation et de discrimination, tout en favorisant leur implication dans la promotion d’un meilleur accès aux services de santé pour ces communautés. C’est dans ce cadre que, avec l’appui de CARE Bénin/Togo et dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Girls Empowerment », le Réseau Cupidon a organisé à Kara, du 20 au 22 juillet 2026, une session de formation basée sur l’approche LILO (Looking In, Looking Out, ou « regard interne, regard externe »). La démarche vise à amener les participants à mieux comprendre les réalités vécues par les minorités sexuelles et de genre, à questionner leurs propres perceptions et à adopter des pratiques plus inclusives dans leurs interventions.
Cette session de renforcement de capacités à l’endroit des acteurs intermédiaires sur les questions liées aux minorités sexuelles et de genre a connu la participation de 15 formations sanitaires des régions de la Kara et Centrale. Elle s’explique par les nombreux défis auxquels ces populations restent confrontées dans leur accès aux services de santé au Togo.

Selon A. Valery BITCHATOU, Coordonnateur du Réseau Cupidon, cette démarche s’inscrit dans une volonté de mieux outiller les acteurs de terrain afin de favoriser une prise en charge plus inclusive.
« Les adolescents et les jeunes représentent une part importante de la population togolaise et sont particulièrement exposés à plusieurs enjeux de santé sexuelle et reproductive, notamment le VIH, les infections sexuellement transmissibles, les grossesses précoces ou encore les violences basées sur le genre. Mais pour les jeunes issus des minorités sexuelles et de genre, ces difficultés sont souvent amplifiées par la stigmatisation, les préjugés et les discriminations », explique-t-il.
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Selon M. BITCHATOU, ces réalités constituent encore des barrières importantes qui empêchent certaines personnes d’accéder aux services dont elles ont besoin.
« Beaucoup de jeunes renoncent à fréquenter les structures de santé par peur d’être jugés, rejetés ou mal accueillis. Cette situation compromet leur droit à bénéficier de soins adaptés et contribue à aggraver leur vulnérabilité face aux différents risques sanitaires », poursuit-il.


Les données disponibles témoignent de l’ampleur du phénomène. A en croire Stéphane TCHONDA, Responsable Suivi Evaluation, Apprentissage et Redevabilité au Réseau Cupidon, le rapport Stigma Index 2.0 révèle notamment qu’une proportion importante des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) ont déjà évité de recourir aux services de santé par crainte de discriminations. Le rapport met également en lumière les expériences de harcèlement verbal et de chantage vécues par plusieurs personnes bisexuelles, renforçant ainsi leur marginalisation.
Le projet « Girls Empowerment », qui vise à contribuer à la création d’un environnement plus inclusif pour les adolescents et les jeunes accorde donc une attention particulière aux minorités sexuelles et de genre, en mettant l’accent sur le renforcement des capacités des acteurs appelés à les accompagner.

Trois jours d’échanges pour mieux comprendre les réalités des populations clés
Durant les trois jours de formation, les participants ont été amenés à renforcer leurs connaissances sur les réalités des populations clés, avec un accent particulier sur les minorités sexuelles et de genre. À travers l’approche LILO (Looking In, Looking Out), les échanges ont alterné entre des séances théoriques, des travaux de groupe, des mises en situation et des exercices de réflexion personnelle destinés à amener chacun à interroger ses propres perceptions et attitudes.



Les travaux ont notamment permis aux participants de mieux comprendre les concepts liés à l’orientation sexuelle, à l’identité et à l’expression de genre, tout en se familiarisant avec les expériences quotidiennes vécues par les minorités sexuelles et de genre. Au-delà des données statistiques, les facilitateurs ont mis l’accent sur les réalités humaines, les obstacles rencontrés dans l’accès aux services de santé ainsi que les conséquences de la stigmatisation et des discriminations sur le bien-être de ces communautés.


L’atelier a également constitué un cadre de dialogue entre les différents acteurs intermédiaires, favorisant le partage d’expériences et l’identification de bonnes pratiques susceptibles de rendre leurs interventions plus inclusives. Les participants ont ainsi réfléchi aux moyens de renforcer l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des populations concernées, tout en facilitant leur orientation vers les services de santé ainsi que vers les mécanismes de protection juridique et judiciaire lorsque leurs droits sont menacés.

À l’issue de la formation, les participants sont repartis avec une meilleure compréhension des enjeux liés aux minorités sexuelles et de genre et des outils leur permettant d’adopter, dans leurs domaines d’intervention respectifs, des approches davantage fondées sur le respect des droits humains, la non-discrimination et l’inclusion.
« Cette formation nous a permis de regarder ces questions avec un autre regard. Nous avions des connaissances, mais elles étaient parfois limitées ou influencées par des préjugés. Aujourd’hui, nous comprenons mieux les difficultés que rencontrent ces communautés pour accéder aux services de santé et nous mesurons davantage notre responsabilité, en tant qu’acteurs intermédiaires, dans la promotion d’un accueil respectueux et sans discrimination. Les outils partagés durant ces trois jours nous seront très utiles dans nos interventions sur le terrain », a témoigné l’un des participants.
