Togo : formées à l’autodéfense, des femmes et jeunes filles féministes gagnent en assurance face aux risques d’agression

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(Société Civile Médias) – Au Togo, des femmes et jeunes filles féministes de la commune Agoè-Nyivé 6 sont désormais aptes à faire face aux situations d’agression. Après quatre mois de formation en autodéfense féminine initiée par l’association Familles Engagées pour le Développement inclusif en Afrique (FEDIA) avec le soutien financier de Purposeful, elles ont acquis des techniques et des réflexes leur permettant de mieux réagir face à une attaque. Au-delà des aptitudes physiques, le programme leur a également permis de renforcer leur vigilance, leur confiance en elles et leur capacité à assurer leur propre sécurité.

« Avant cette formation, je ne savais pas comment réagir si quelqu’un m’agressait. Aujourd’hui, je sais au moins quels réflexes adopter et comment essayer de me protéger », témoigne Léonce, jeune fille activiste de 13 ans qui a suivi la formation de bout en bout.

Ici, Léonce (en t-shirt jaune), s’exerçant lors de la formation

Pour d’autres participantes, les quatre mois d’apprentissage ont surtout permis de découvrir des techniques qu’elles ne maîtrisaient pas auparavant.

« J’ai appris plusieurs techniques de défense que j’ignorais. Les exercices pratiques nous ont permis de comprendre comment utiliser notre corps et nos mouvements pour nous protéger lorsqu’une personne cherche à nous agresser », explique Maana, mère de famille.

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La formation a également mis l’accent sur la vigilance et l’attention portée à l’environnement. Pour Marlène, les séances lui ont appris à ne pas attendre qu’une situation devienne dangereuse avant de réagir.

« Nous avons compris qu’il faut être attentives à ce qui se passe autour de nous et savoir identifier certaines situations qui peuvent présenter un danger. Cette formation nous a appris à être plus vigilantes et à adopter les bons réflexes », témoigne-t-elle.

Au-delà des techniques de défense, le programme a produit un autre effet important chez les bénéficiaires. Il s’agit d’un regain de confiance en elles.

« Cette formation m’a permis de prendre davantage confiance en moi. Avant, je pouvais facilement paniquer face à une situation qui me faisait peur. Aujourd’hui, je me sens plus rassurée parce que je sais que j’ai appris des techniques qui peuvent m’aider à me protéger », confie Akouvi, une autre mère de famille.

Ces acquis prennent tout leur sens dans un contexte où les femmes et les jeunes filles restent exposées à différentes formes de violences et peuvent se retrouver démunies face à une situation d’agression.

Togo / FEDIA : un programme de self-défense pour renforcer la sécurité des femmes et jeunes filles féministes

D’après Dorcas AWLEGOU, Secrétaire générale de l’association FEDIA, à Adétikopé, une des localité cibles de l’association, cette vulnérabilité peut également se traduire par une certaine appréhension dans les déplacements, une autocensure dans l’espace public ou encore une perte de confiance en soi. À travers ce programme, l’association a ainsi voulu aller au-delà de la seule sensibilisation sur les droits des femmes en leur donnant des outils pratiques pour mieux assurer leur propre sécurité.

Des techniques pour mieux réagir face aux agressions

Au fil des quatre mois, les participantes ont ainsi été familiarisées avec différentes techniques d’autodéfense destinées à leur permettre de mieux réagir face aux situations d’agression. Les séances ont notamment porté sur les techniques de dégagement en cas de saisie, les réflexes à adopter lorsqu’un agresseur tente de les immobiliser ou encore les réactions à avoir face à certaines formes d’attaque.

« La première partie de la formation a essentiellement porté sur les techniques de défense. Je leur ai notamment enseigné les notions liées à la saisie diagonale, à la saisie droite, à la saisie au niveau du cou, à la saisie contre un mur, ainsi que les techniques de défense à adopter dans les cas de violences », indique Anselme BAMBLI, instructeur de karaté, ceinture noire 4e Dan et formateur des participantes.

Ici, le formateur travaillant la technique de dégagement en cas de saisie avec les bénéficiaires

La deuxième partie du programme a, quant à elle, été consacrée à l’initiation des participantes aux techniques de karaté. Cette séquence leur a permis de découvrir et de pratiquer certains fondamentaux de cette discipline, notamment les gestes, postures et mouvements pouvant contribuer à leur capacité de réaction et de protection face à une situation d’agression.

« Sans l’apprentissage des techniques fondamentales du karaté, les techniques d’autodéfense risquent de perdre en efficacité. C’est pourquoi nous avons jugé important d’intégrer cette discipline à la formation, afin de donner aux participantes les bases nécessaires pour mieux maîtriser les gestes et les mouvements de défense », explique le formateur.

La troisième et dernière phase du programme a été consacrée à un récapitulatif des différents enseignements dispensés au cours des quatre mois, suivi d’une évaluation des participantes. Cette étape a permis de mesurer leur niveau d’assimilation et leur capacité à mémoriser les connaissances et techniques acquises durant la formation.

Photo de famille

À l’issue de cette évaluation, les bénéficiaires ont reçu une attestation de formation, remise lors de la rencontre marquant la clôture du programme. Un document qui vient ainsi consacrer leur participation et les acquis développés au cours de ces quatre mois d’apprentissage.