Changements climatiques : « L’Afrique paie le prix d’une crise dont elle n’est pas responsable », alerte Dr. Ibrahima THIAM

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(Société Civile Médias) – Présent à Lomé dans le cadre de l’école de renforcement des connaissances et des capacités organisée par le Centre pour la Justice Environnementale (CJE-Togo), Dr. Ibrahima THIAM (photo), coordonnateur du programme « Questions environnementales et climatiques » à la Fondation Rosa Luxemburg, a dressé un tableau préoccupant des effets du changement climatique en Afrique de l’Ouest et du Nord. Pour lui, le continent est confronté à une profonde injustice climatique car il subit de plein fouet les conséquences d’une crise dont il n’est pourtant pas le principal responsable.

« L’Afrique demeure un continent très vulnérable au changement climatique. Nous souffrons d’un phénomène dont nous ne sommes pas responsables. Il y a une véritable injustice climatique », a déclaré le spécialiste sénégalais.

Selon lui, cette réalité affecte l’ensemble du continent, avec des conséquences qui varient selon les régions mais qui fragilisent partout les populations et les moyens de subsistance.

Au Sénégal, explique-t-il, les communautés côtières sont déjà confrontées à l’avancée de la mer, qui détruit des habitations et oblige de nombreuses familles à quitter leur cadre de vie. À ces phénomènes s’ajoutent des épisodes de pluies extrêmes provoquant des inondations, ainsi que la salinisation des sols, qui réduit progressivement les terres cultivables et menace la sécurité alimentaire.

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« Lorsque les eaux salées gagnent du terrain, les cultures ont de moins en moins de chances de survivre. C’est une réalité que vivent déjà plusieurs communautés », souligne Ibrahima THIAM.

Ibrahim THIAM lors de sa présentation

En Afrique du Nord, les défis prennent une autre forme. Les vagues de chaleur deviennent plus intenses et plus fréquentes, accentuant les risques de sécheresse, les pénuries d’eau et les difficultés de production agricole.

Au-delà des impacts environnementaux, le changement climatique entraîne également d’importantes conséquences sociales. Ibrahima THIAM rappelle que les femmes figurent parmi les premières victimes de cette crise, notamment en raison de leur forte exposition à la pauvreté et de leur dépendance aux ressources naturelles pour assurer les moyens de subsistance de leurs ménages.

Le Sénégalais attire également l’attention sur les mouvements migratoires provoqués par la dégradation des conditions de vie.

« Les jeunes quittent leurs communautés parce qu’ils ne voient plus de perspectives d’avenir. Cela alimente les migrations, aussi bien à l’intérieur des pays qu’en dehors du continent », explique-t-il.

Pour Ibrahima THIAM, ces constats rappellent l’urgence de renforcer les actions en faveur de la justice climatique et de placer les réalités africaines au cœur des réponses apportées aux défis environnementaux.

« Le changement climatique est aujourd’hui le plus grand défi auquel notre continent est confronté », conclut-il.