(Société Civile Médias) – L’exposition permanente des enfants à Internet les place face à des risques de plus en plus complexes, allant de la dépendance aux écrans à l’exploitation de leurs données personnelles, en passant par la cybercriminalité et les atteintes à leur vie privée. Le sujet a été abordé ce jeudi 6 août à la Journée scientifique sur la protection des enfants et des jeunes dans l’espace numérique qui se tient à Lomé. Intervenant lors du panel consacré au cadre juridique, aux droits fondamentaux et à l’autorité parentale face au numérique, Dr. Samyè AWI de l’Université de Lomé a mis en lumière les nombreuses vulnérabilités auxquelles les enfants sont confrontés dans un environnement numérique devenu incontournable.
Selon l’universitaire, si Internet offre de nombreuses opportunités en matière d’apprentissage et d’ouverture au monde, son usage sans accompagnement adéquat peut également avoir des conséquences importantes sur le développement des plus jeunes.

L’un des premiers risques évoqués est celui de la dépendance aux outils numériques. Une exposition excessive à Internet, notamment à travers des contenus inadaptés, peut entraîner des troubles psychiques et physiques chez les enfants, avec des impacts sur leur santé, leur comportement et leur capacité d’interaction sociale.
Au-delà de cette question, Dr AWI a également alerté sur les risques liés à la manipulation des jeunes dans l’espace numérique. D’après lui, internet peut devenir un terrain favorable à certaines formes de radicalisation, mais aussi exposer les enfants à des phénomènes graves comme la cybercriminalité, l’exploitation sexuelle en ligne, la pédopornographie ou encore les pratiques de proxénétisme facilitées par les outils numériques.
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La vie privée des enfants en danger
L’intervenant a par ailleurs insisté sur une menace souvent moins visible. Celle relative à la perte progressive de la vie privée des enfants sur Internet. Il estime que chaque connexion laisse des traces numériques qui peuvent être collectées et exploitées par de grandes plateformes technologiques à travers l’analyse des données personnelles. Ces informations peuvent notamment servir à établir des profils d’utilisateurs et à proposer des contenus ou des publicités ciblées aux enfants, soulevant ainsi des interrogations majeures sur le respect de leurs droits fondamentaux.

Dr Samyè AWI a particulièrement évoqué le phénomène du « sharenting », qui désigne la publication par des parents de photos ou de vidéos de leurs enfants sur les réseaux sociaux. Une pratique qui, selon lui, peut porter atteinte à l’image et à la vie privée des mineurs.
« Ces images peuvent être utilisées ultérieurement contre l’enfant », a-t-il expliqué, soulignant que des contenus publiés aujourd’hui peuvent avoir des conséquences sur le parcours futur d’un enfant, notamment dans son accès à certaines opportunités.
Des mécanismes de protection encore insuffisants
Pour l’intervenant, plusieurs instruments existent déjà pour protéger les enfants dans l’environnement numérique, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant et l’Observation générale n°25 du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies consacrée aux droits des enfants dans l’environnement numérique.
Cependant, ces dispositifs restent encore insuffisants face à l’évolution rapide des technologies. M. Kodjo estime nécessaire de renforcer la cohérence des cadres juridiques afin d’apporter une réponse plus efficace aux nouvelles formes de menaces en ligne.
Tout en reconnaissant que l’accès à Internet constitue aujourd’hui une opportunité incontournable pour les enfants, il appelle à la mise en place de conditions permettant un usage sécurisé du numérique.
Pour lui, l’enjeu n’est donc pas d’éloigner les enfants d’Internet, mais de garantir qu’ils puissent y accéder tout en étant protégés contre les dangers qui accompagnent cet espace en constante évolution.
