Togo : « Le numérique ne doit pas devenir un champ de bataille pour nos enfants », alerte le Directeur général de la Protection de l’enfance

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(Société Civile Médias) – Le développement rapide des technologies numériques et de l’intelligence artificielle impose de repenser les mécanismes de protection des enfants et des jeunes. C’est le message lancé ce jeudi 6 août 2026 à Lomé par le Directeur général de la Protection de l’Enfance, Dr Kandalé KONDOH, à l’ouverture de la Journée scientifique consacrée à la protection des enfants et des jeunes dans l’espace numérique. Devant un parterre de chercheurs, d’universitaires, de représentants des institutions publiques et d’organisations de la société civile, celui-ci a appelé à une mobilisation collective pour faire du numérique un environnement plus sûr pour les mineurs.

Pour le Directeur général, si les technologies numériques constituent aujourd’hui un formidable levier d’apprentissage, de communication et d’innovation, elles exposent également les enfants à des risques de plus en plus complexes.

« Le numérique ne doit pas devenir un champ de bataille pour nos enfants et nos jeunes. Nous devons agir collectivement pour créer un environnement numérique plus sûr », a-t-il déclaré.

Selon lui, l’essor de l’intelligence artificielle et des plateformes numériques fait apparaître de nouvelles formes de menaces auxquelles les systèmes de protection doivent désormais s’adapter. Il a notamment cité la désinformation, les discours de haine générés par des algorithmes sophistiqués, la cybercriminalité, l’exploitation des données personnelles à des fins commerciales, ainsi que les phénomènes de dépendance aux outils numériques, autant de risques susceptibles d’avoir des conséquences sur l’éducation, la santé et le développement des enfants.

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Face à ces défis, Dr Kandalé KONDOH estime que la protection des enfants ne peut plus se limiter aux seuls dispositifs juridiques. Pour lui, l’éducation au numérique doit désormais occuper une place centrale dans les politiques publiques et dans l’accompagnement des jeunes.

« L’éducation au numérique ne doit pas être une option. Nous devons donner aux enfants les clés pour comprendre ces technologies, développer leur esprit critique et apprendre à distinguer les usages bénéfiques des pratiques qui les mettent en danger », a-t-il souligné.

Le responsable a également insisté sur la responsabilité des plateformes numériques et des entreprises technologiques, appelant à la mise en place d’outils de protection plus performants ainsi que de mécanismes de gouvernance capables d’anticiper les nouveaux risques liés à l’intelligence artificielle.

Le Directeur général de la Protection de l’Enfance a par ailleurs rappelé que le gouvernement togolais a déjà engagé plusieurs réformes pour mieux encadrer l’espace numérique. Il a notamment évoqué les dispositifs législatifs relatifs à la cybersécurité, à la cybercriminalité, à la protection des données personnelles, aux communications électroniques ainsi qu’à la protection de l’enfant. Il a également mis en avant la ratification par le Togo de la Convention de l’Union africaine sur la cybersécurité et la protection des données à caractère personnel, ainsi que les actions de sensibilisation menées auprès des populations sur les enjeux liés au numérique.

Tout en saluant ces avancées, Dr Kandalé Kondoh a reconnu que les défis demeurent nombreux et nécessitent une implication plus forte de l’ensemble des acteurs.