Togo / Projet EP2F : l’association NADDAF outille les OSC pour mieux veiller au respect des droits des femmes en entreprise

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(Société Civile Médias) – L’association Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique (NADDAF) renforce le rôle des organisations de la société civile dans le suivi des pratiques des entreprises et la défense des droits des femmes et des filles dans le monde du travail. Dans le cadre du projet « Les Entreprises s’Engagent pour la Promotion des Femmes et des Filles » (EP2F), elle a organisé, les 24 et 25 septembre 2026, une session de formation consacrée aux thématiques liées à la Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). L’initiative vise notamment à renforcer les capacités des OSC en matière de suivi des pratiques du secteur privé, de prévention des discriminations et des violences basées sur le genre et de plaidoyer auprès des entreprises et des pouvoirs publics.

Selon les organisateurs, cette session répond à un constat. Au Togo, les femmes et les filles restent confrontées à plusieurs obstacles dans leur accès à l’emploi et leur épanouissement professionnel. Aux difficultés d’accès à un emploi décent s’ajoutent les inégalités de rémunération, les freins à l’entrepreneuriat ainsi que les discriminations et les violences sexistes et sexuelles qui peuvent survenir en milieu professionnel.

Ces réalités soulignent la nécessité de renforcer la responsabilité sociétale des entreprises et de veiller à une meilleure prise en compte des principes d’égalité, d’inclusion et de respect des droits humains dans leurs pratiques. Au-delà des engagements de principe, l’enjeu est de permettre aux femmes d’évoluer dans des environnements professionnels exempts de discrimination et de violence, où leurs droits sont effectivement reconnus et protégés.

Pour Victor Adjivéna KOISSI, Chargé de projet EP2F à NADDAF, les organisations de la société civile ont, à cet égard, un rôle important à jouer.

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« Grâce à leur proximité avec les communautés et à leur connaissance des réalités locales, elles peuvent contribuer à surveiller les pratiques des entreprises, à documenter les éventuelles atteintes aux droits des femmes et des filles, mais aussi à porter des actions de plaidoyer auprès du secteur privé et des pouvoirs publics », explique-t-il.

Toutefois, les résultats de l’étude de référence du projet EP2F font ressortir des insuffisances dans les capacités techniques de nombreuses OSC sur les questions liées à la responsabilité sociétale des entreprises, aux droits humains, à l’égalité de genre et à la prévention des violences basées sur le genre. Leur capacité à engager un dialogue structuré avec les entreprises, à influencer leurs pratiques et à contribuer à l’évolution des politiques publiques reste également à renforcer.

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Vue partielle des participants à l’atelier

C’est donc pour permettre aux organisations de la société civile de mieux assumer leurs fonctions de veille, d’accompagnement et de plaidoyer que cette session de formation a été organisée.

Outiller les OSC pour agir auprès des entreprises

Durant les deux jours de travaux, les participants ont été amenés à renforcer leurs connaissances et leurs capacités pour mieux suivre les pratiques des entreprises en matière de respect des droits humains. L’accent a notamment été mis sur les moyens dont disposent les organisations de la société civile pour assurer une veille, documenter les éventuelles atteintes aux droits et engager des actions de redevabilité sociale et de plaidoyer auprès du secteur privé.

La session a également accordé une place importante à la question des discriminations et des violences basées sur le genre en milieu professionnel. Il s’agissait de permettre aux OSC de mieux identifier les situations à risque, de renforcer leurs capacités de prévention et de disposer de repères pour accompagner les acteurs du secteur privé dans la mise en place de mécanismes appropriés.

Au-delà de la sensibilisation, l’objectif était ainsi de donner aux organisations des moyens d’action leur permettant de dialoguer davantage avec les entreprises, de promouvoir des pratiques plus respectueuses des droits des femmes et des filles et de contribuer, par le plaidoyer, à faire évoluer les comportements et les politiques du secteur privé.

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Françoise Mayi GNOFAM, Directrice exécutive de l’ONG PAFED

« La formation que nous venons d’achever nous fournit des outils concrets pour transformer les principes juridiques en réalités tangibles sur le terrain. Elle nous permet de mieux comprendre les mécanismes à mobiliser pour suivre les pratiques des entreprises, identifier les éventuelles atteintes aux droits et agir de manière plus structurée en faveur du respect des droits humains », se réjouit Françoise Mayi GNOFAM, Directrice exécutive de l’ONG PAFED (Programme d’Appui à la Femme et à l’Enfance Déshéritée).

« Grâce au module consacré aux techniques de plaidoyer pour l’influence et la responsabilité sociale auprès du secteur privé et des institutions publiques, nous ne sommes plus contraintes de nous contenter de dénonciations stériles ou passives. Nous devons désormais favoriser une véritable synergie avec les entreprises et promouvoir une approche de diligence raisonnable en matière d’égalité des sexes », souligne de son côté Essi Séna CHAKPLA, Directrice exécutive de l’ONG Appui aux Initiatives Locales (AIL).

Pour NADDAF, la formation ne constitue donc qu’une étape. L’enjeu est désormais de voir les OSC transformer ces acquis en actions de veille, de dialogue et de plaidoyer auprès des entreprises, afin de contribuer à des environnements professionnels plus respectueux des droits des femmes et des filles.