Togo : la DAHW et l’UE lancent un projet pour améliorer les services publics par la participation citoyenne

5 min : Temps de lecture

(Société Civile Médias) – La DAHW (Association allemande de lutte contre la lèpre et la tuberculose) et l’UE (Union Européenne) unissent leurs efforts pour placer les citoyens au cœur de la gouvernance des services publics au Togo. Les deux entités ont lancé ce jeudi 15 octobre le projet « Renforcement de la gouvernance et de la qualité des services de base par la participation citoyenne au Togo ». Déployé dans le Grand Lomé et les régions Maritime, des Plateaux, Centrale et de la Kara, le projet entend mobiliser les organisations de la société civile et les citoyens autour du suivi des politiques publiques, de la lutte contre la corruption et l’impunité, ainsi que de l’amélioration des services de base, notamment au profit des groupes vulnérables.

Inscrit dans la continuité des acquis du Projet d’Appui à la Gouvernance Économique (PAGE), réalisé entre 2018 et 2023 au Togo, ce nouveau projet en tire des leçons pour pérenniser la qualité des services publics. Il part du principe que l’amélioration des prestations dans les secteurs de la santé, de l’éducation, de l’eau et de l’assainissement passe aussi par une meilleure implication des citoyens dans le suivi des politiques publiques et la gestion des ressources publiques. Pour y parvenir, l’initiative entend renforcer les capacités des organisations de la société civile (OSC) et des populations en matière de contrôle citoyen, d’analyse budgétaire et de prévention de la corruption, tout en favorisant le dialogue avec les pouvoirs publics. L’objectif est de promouvoir une gouvernance plus transparente et responsable, dans laquelle les préoccupations des populations, notamment celles des groupes vulnérables, contribuent à l’amélioration des services essentiels.

Table d’honneur lors du lancement avec au premier plan Denis Yawovi GADAH, Directeur Pays de la DAHW

« Notre conviction est simple : la participation citoyenne, lorsqu’elle s’exerce dans un esprit de responsabilité, de dialogue et de respect des institutions, constitue un levier important d’amélioration de l’action publique », a souligné Denis Yawovi GADAH, Directeur Pays de la DAHW.

Pour traduire ces ambitions en actions concrètes, le projet s’articule autour de quatre résultats majeurs. Le premier vise à renforcer le contrôle citoyen des finances publiques, à travers le développement des compétences des OSC et des citoyens en matière d’analyse budgétaire, de suivi des dépenses publiques et de prévention de la corruption. Le deuxième porte sur le renforcement du dialogue entre les organisations de la société civile et les pouvoirs publics, notamment par la mise en place d’espaces de concertation favorisant la transparence et la formulation de recommandations constructives.

- Advertisement -

« Il ne s’agit pas de substituer les citoyens aux pouvoirs publics, mais de favoriser une collaboration constructive dans laquelle chaque acteur contribue, selon ses responsabilités, à la recherche de solutions au service de l’intérêt général », a précisé le Directeur pays de la DAHW.

Lors de la présentation du projet

L’initiative prévoit également de rendre fonctionnels des mécanismes locaux de suivi et d’évaluation auxquels participeront les citoyens et les autres acteurs concernés, afin de contribuer à l’amélioration des services publics. Un dispositif de suivi des politiques publiques et de capitalisation des acquis permettra, par ailleurs, de documenter les progrès réalisés et de partager les bonnes pratiques. À travers ces différentes actions, le projet entend faire de la participation citoyenne un levier durable d’amélioration de la gouvernance et de la qualité des services essentiels.

ATBEF, UONGTO, CNT/EPT et ETD en première ligne

La mise en œuvre du projet repose sur la complémentarité de quatre organisations de la société civile, mobilisées autour des principaux secteurs d’intervention. Sous la coordination générale de la DAHW, l’Association togolaise pour le bien-être familial (ATBEF) pilotera les actions relatives à la santé, tandis que l’Union des ONG du Togo (UONGTO) sera chargée du volet gouvernance. La Coalition nationale togolaise pour l’éducation pour tous (CNT/EPT) interviendra dans le secteur de l’éducation et l’organisation Entreprises, Territoires et Développement (ETD) dans celui de l’eau et de l’assainissement.

Quinze organisations locales de la société civile viendront également contribuer à la mise en œuvre des activités au plus près des communautés. Ce dispositif vise à favoriser une meilleure prise en compte des besoins des populations dans le suivi des politiques publiques et l’amélioration des services de base.

Prévu pour une durée de quatre ans, du 1er juin 2026 au 31 mai 2030, le projet couvrira le Grand Lomé ainsi que les régions Maritime, des Plateaux, Centrale et de la Kara. Il bénéficie d’un budget global de 3 millions d’euros, cofinancé par l’Union européenne et la DAHW, pour soutenir les différentes actions programmées.

Une attention particulière sera accordée aux femmes, aux jeunes, aux personnes handicapées et aux autres groupes vulnérables, afin que leurs besoins et leurs préoccupations soient mieux pris en compte dans les mécanismes de participation citoyenne et de suivi des politiques publiques. À terme, l’initiative ambitionne de contribuer à une gouvernance plus transparente et participative, ainsi qu’à une amélioration durable de l’accès des populations aux services essentiels.

Pour l’Union européenne (UE), ce projet constitue également un levier de renforcement de la transparence et de la redevabilité dans la gestion publique. Son chef de délégation, Gwilym JONES. a souligné l’importance de ces principes pour améliorer les services publics et consolider la confiance entre les citoyens et les institutions.

« La transparence et la bonne gestion des finances publiques constituent des leviers essentiels du développement. Elles contribuent à renforcer la responsabilité des pouvoirs publics, à améliorer la qualité des services publics et à favoriser la croissance économique », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement de l’UE aux côtés de la DAHW et de ses partenaires pour la réussite de cette initiative.