(Société Civile Médias) – À travers son Collège des Femmes, Point Focal National du Mouvement Nous Sommes la Solution (NSS-Togo), l’Association Eco-Impact a réuni, le 16 octobre 2026 à Kpalimé, près de 120 participants pour célébrer conjointement la Journée internationale des femmes rurales et la Journée mondiale de l’alimentation. Une initiative consacrée à la reconnaissance du leadership féminin, à la préservation des semences paysannes, à la valorisation des produits locaux et à la promotion de systèmes alimentaires durables et résilients.
Les femmes rurales, actrices essentielles de la souveraineté alimentaire
Au Togo, les femmes rurales occupent une place déterminante dans les systèmes agricoles et alimentaires. De la production à la transformation, en passant par la conservation et la commercialisation des produits agricoles, elles contribuent quotidiennement à nourrir les familles, à dynamiser les économies locales et à préserver les semences paysannes ainsi que les savoirs et savoir-faire transmis de génération en génération.
Malgré cette contribution essentielle, elles restent confrontées à de nombreux défis, notamment les difficultés d’accès à la terre, aux équipements agricoles, aux financements, aux marchés et aux espaces de décision. À ces contraintes s’ajoutent les effets des changements climatiques, la dégradation des sols et l’érosion de la biodiversité agricole, qui fragilisent davantage les moyens de subsistance des communautés rurales.
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Face à ces enjeux, l’agroécologie, la préservation des semences paysannes et la valorisation des produits du terroir apparaissent comme des leviers stratégiques pour renforcer l’autonomie des productrices, améliorer la résilience des systèmes alimentaires et promouvoir la souveraineté alimentaire.
C’est dans cette perspective que l’Association Eco-Impact a organisé, avec l’appui de l’ONG Fahamu, la coordination de Nous Sommes la Solution (NSS) Afrique et ses partenaires, une célébration conjointe des deux journées internationales, le vendredi 16 octobre 2026, à la salle Concordia de la mairie de Kloto 1, à Kpalimé.
Cette rencontre est initiée à l’occasion de la Journée internationale de la femme rurale (JIFR) et de la Journée mondiale de l’alimentation (JMA). Elle s’inscrit dans le cadre de l’Année internationale des agricultrices 2026. La célébration est placée sous les thèmes respectifs de la JIFR, « L’émancipation des femmes rurales : les agricultrices rurales , gardiennes de la nature », et de la JMA, « Innover aujourd’hui pour nourrir demain »
Placée sous le signe de l’innovation pour une alimentation durable, cette rencontre a permis de réunir des femmes rurales, des organisations féminines, des producteurs, des jeunes, des représentants institutionnels et des acteurs de la société civile autour des enjeux de l’autonomisation économique des femmes et de la transformation durable des systèmes alimentaires.

« C’est dans ce cadre que s’inscrit la célébration conjointe de la Journée internationale des femmes rurales et de la Journée mondiale de l’alimentation que nous avons choisi d’organiser. Elle offre l’occasion de rappeler que la sécurité et la souveraineté alimentaires ne reposent pas uniquement sur la disponibilité des denrées. L’innovation ne doit pas se substituer aux connaissances endogènes et ni aux savoir- faire paysans ; mais elle doit s’appuyer sur ceux –ci pour la préservation des ressources locales, pour une participation effective des femmes aux instances décisionnelles et leur permettre d’avoir un contrôle sur les systèmes alimentaires de leurs communautés », explique Jean-Charles Sossou, Directeur exécutif de l’Association Eco-Impact.
Une mobilisation institutionnelle en faveur des femmes rurales
La cérémonie d’ouverture a été marquée par plusieurs interventions saluant l’importance de cette initiative. La Coordinatrice nationale du Mouvement NSS au Togo, Mme Georgette Aku Aféfa Agbeka-Adiku, a souhaité la bienvenue aux participants et exprimé sa reconnaissance aux partenaires pour leur accompagnement. Elle a rappelé le rôle fondamental des femmes rurales dans la sécurité alimentaire et le développement des communautés. Elle a également souligné le paradoxe auquel sont confrontées les femmes rurales.
Bien qu’elles contribuent à la production alimentaire, elles vendent souvent leurs récoltes à vil prix et peinent à accéder à une alimentation suffisante lorsque les prix augmentent. Elle a plaidé pour un meilleur accès à la terre et aux moyens de production afin d’améliorer leurs revenus et leurs conditions de vie.

Le Directeur Régionale en charge de l’Agriculture Plateaux-Ouest, Konde Yawovi Afidenyo a de son côté salué l’initiative d’Eco-Impact et réaffirmé l’importance de l’accompagnement des femmes rurales. Il les a notamment encouragées à renforcer leur organisation en groupements afin de faciliter leur accès aux appuis techniques, aux financements et aux opportunités économiques.
Le directeur régional a par ailleurs insisté sur l’adoption de pratiques agricoles adaptées aux changements climatiques, l’utilisation de semences résilientes, la réduction des pertes après récolte et la valorisation des produits locaux.
Le maire de Kloto 1, Apelete Kossi Atigaku, a pour sa part appelé à des actions concrètes pour faciliter l’accès des femmes au foncier. Il a également évoqué les possibilités d’accompagnement financier offertes par les structures de microfinance, avec des crédits pouvant atteindre 30 millions de FCFA pour certaines initiatives féminines structurées.

Les SG représentants des maires des communes de Kloto 2 et de Kloto 3 ont également souligné la contribution des femmes rurales au développement local, tout en réaffirmant l’importance de la collaboration entre les collectivités territoriales, les organisations et les communautés.
On note également la présence des chefs traditionnels et les reines mères de Kloto aux côtés des femmes.

Leadership féminin, agroécologie et préservation des semences paysannes au cœur des échanges
Les discussions ont porté sur le leadership, l’autonomisation économique et le rôle des femmes rurales dans la construction de systèmes alimentaires résilients.
Les intervenants ont notamment insisté sur la nécessité de renforcer l’accès des femmes à la terre, aux financements, aux formations, aux équipements agricoles et aux marchés. La diversification des cultures, l’organisation collective et l’adoption de pratiques agroécologiques adaptées aux réalités locales ont également été présentées comme des solutions pour améliorer leur résilience face aux changements climatiques.

Une attention particulière a été accordée au rôle des femmes rurales dans la préservation des semences paysannes et du patrimoine alimentaire.
Sous l’angle « De la semence à l’assiette : les femmes rurales, gardiennes de notre patrimoine alimentaire », les échanges ont rappelé que les femmes interviennent à toutes les étapes de la chaîne alimentaire, depuis la sélection et la conservation des semences jusqu’à la préparation des repas.
La transmission des variétés locales, la préservation de la biodiversité agricole et la valorisation des savoirs endogènes ont été identifiées comme des enjeux essentiels pour renforcer l’autonomie des producteurs et préserver la souveraineté semencière et alimentaire.
Les participants ont également souligné l’importance de l’entrepreneuriat agroécologique, notamment la production et la commercialisation de bio-intrants, la transformation des produits agricoles et le développement d’activités génératrices de revenus pour les femmes rurales.

Des expériences concrètes pour promouvoir une agriculture durable
La célébration a également été marquée par la projection d’un film documentaire éducative « les Sentinelles de la terre ». Un film mettant en lumière des expériences pratiques en agroécologie, la restauration des terres, la lutte contre les changements climatiques, la participation des femmes aux initiatives communautaires.
Cette projection a ouvert un espace de dialogue avec les participants autour des pratiques agricoles respectueuses de l’environnement et des possibilités de leur adoption par les communautés rurales.
Les témoignages ont permis de valoriser plusieurs initiatives locales, notamment l’association des cultures, la couverture des sols, la fabrication du compost à partir de matières organiques disponibles localement, la conservation des semences paysannes et l’organisation des femmes en groupements.


Les échanges ont également mis en évidence les opportunités économiques liées à l’agroécologie, notamment la production et la vente de bio-intrants, ainsi que l’importance de l’implication des hommes dans l’accompagnement des initiatives féminines.
Ces expériences ont démontré que l’agroécologie constitue non seulement une alternative pour préserver la fertilité des sols et la biodiversité, mais également un levier d’autonomisation économique et de développement des territoires ruraux.
Les produits du terroir à l’honneur à travers la Cuisine Bio & Local
La valorisation du patrimoine culinaire local a constitué un autre temps fort de la célébration.
À travers une présentation et une dégustation de mets traditionnels, les participantes ont mis en avant la richesse des produits du terroir et des savoir-faire culinaires locaux.
Trois préparations ont particulièrement retenu l’attention : la pâte à base de farine torréfiée, la pâte à base de farine de cossette et le wassè-wassè.

Cette activité a permis de rappeler l’importance de préserver les traditions alimentaires, de promouvoir la consommation des produits locaux et de renforcer les liens entre agriculture, nutrition, culture et santé. Une manière aussi pour les organisateurs de la journée de célébrer l’alimentation togolaise et africaine comme notre identité, notre première source de santé (alicament).
À l’issue de la présentation, des distinctions ont été attribuées aux participantes, avec une première place pour la pâte à base de farine torréfiée, une deuxième pour la pâte à base de farine de cossette et une troisième pour le wassè-wassè.
Les participantes ont reçu des récompenses composées des paniers de fruits et légumes, des tabliers, de foyers améliorés en reconnaissance de leur engagement dans la valorisation du patrimoine alimentaire local.

Renforcer les engagements pour des systèmes alimentaires durables
Au terme de cette journée, qui a mobilisé près de 120 participants, plusieurs messages essentiels se sont dégagés des échanges.
Les participants ont réaffirmé le rôle déterminant des femmes rurales dans la sécurité et la souveraineté alimentaires, la nécessité de préserver les semences paysannes et les savoirs endogènes, ainsi que l’importance de renforcer les capacités d’innovation et d’entrepreneuriat agroécologique.
L’organisation des femmes en groupements, leur accès aux ressources productives et aux financements, ainsi que l’implication des autorités locales, des partenaires et des hommes ont également été soulignés comme des conditions essentielles pour favoriser leur autonomisation.

Pour Eco-Impact et le Mouvement panafricain NSS, cette célébration s’inscrit dans une dynamique de mobilisation en faveur de la reconnaissance des droits, du leadership et de la contribution des femmes rurales à la transformation durable des systèmes agricoles et alimentaires.
L’initiative a bénéficié de l’accompagnement de l’ONG Fahamu et de la Coordination de NSS Afrique avec le soutien de partenaires engagés dans la promotion de l’agroécologie et de la souveraineté alimentaire, notamment Thousand Currents, Agroecology Fund, 11th Hour Project, AFSA, Grassroots International, Foundation for a Just Society (FJS) et Zoom Cares…

