Coaching : Les JSIC définissent quatre piliers clés pour guider la mission du CACMES

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – Créé afin de fédérer et d’organiser les métiers de l’accompagnement professionnel (coaching, mentorat et supervision) sur le continent, le Conseil Africain du Coaching, du Mentorat et de la Supervision (CACMES) s’emploie, depuis deux ans, à bâtir un environnement fiable pour des professions en pleine expansion, mais encore vulnérables en raison de l’absence de normes communes, de la multiplication d’intervenants improvisés et de diverses dérives déontologiques. Reste dès lors à déterminer quelles conditions doivent être réunies pour permettre à cette alliance panafricaine du coaching de mener à bien sa mission.

L’une des commissions instituées en amont de la deuxième édition des Journées Scientifiques Internationales du Coaching (JSIC 2025) s’est attelée à cette question. Elle s’est particulièrement intéressée à l’ingénierie institutionnelle ainsi qu’à la stratégie géopolitique de la profession de coach, et a identifié quatre piliers essentiels à la légitimité, à la pérennité et à l’autorité du CACMES.

Présentant les travaux de la commission lors des JSIC 2025, José Quam TOFFA a exposé les fondements que le CACMES devra consolider pour gagner en autorité et structurer durablement les métiers du coaching sur le continent.

« Si nous voulons une alliance forte, elle doit reposer sur des bases claires, africaines et irréprochables », at-il résumé.

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D’emblée, il a insisté sur la nécessité d’un mandat institutionnel clair, véritable colonne vertébrale de l’organisation. Ce mandat, explique-t-il, doit puiser sa légitimité dans trois sources à savoir une assise scientifique incontestable, la protection du public et une représentativité réellement panafricaine. L’idée n’est pas seulement de créer une structure supplémentaire, mais d’en faire un espace où l’esprit communautaire africain s’exprime pleinement.  José Quam Toffa évoque ainsi le mentorat obligatoire pour les jeunes coachs, inspiré des relations « senior-junior », ou encore la reconnaissance des sagesses traditionnelles, perçues comme un complément indispensable aux diplômes académiques.

Vue partielle des participants aux JSIC 2025.

Une fois ce cadre posé, une autre condition apparaît essentielle : la qualité de la gouvernance.

Pour la commission, aucune institution ne peut prétendre au sérieux sans une architecture fiable, transparente et équilibrée. Elle plaide alors pour une organisation où les rôles sont clairement séparés et où les dirigeants incarnent un leadership éthique.

La stabilité financière est également présentée comme un enjeu majeur. Cotisations, services, partenariats, le CACMES devra diversifier ses ressources pour garantir son indépendance.

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À mesure que la gouvernance se consolide, se pose alors la question de la légitimité, sans laquelle aucune autorité ne peut s’exercer. Pour la commission, celle-ci doit se construire sur plusieurs plans. Sur le plan scientifique, d’abord, en validant des méthodes et pratiques adaptées aux réalités africaines, y compris celles issues des traditions orales, des récits, des proverbes ou des systèmes communautaires. Puis, sur le plan éthique et opérationnel à travers un code déontologique exigeant, un label qualité pour les écoles, un système d’accréditation des coachs et un observatoire panafricain du coaching.

La commission propose d’ailleurs l’élaboration d’indicateurs inspirés des valeurs africaines pour compléter les outils de mesure classiques.

Une fois les fondements posés, encore faut-il planifier la mise en œuvre. Le dernier axe suggéré par la commission est la feuille de route qui permettra au CACMES de devenir pleinement opérationnel. Celle-ci prévoit d’abord, dans les douze prochains mois, la finalisation des documents stratégiques, le lancement d’un comité de recherche et la création d’un premier label qualité. À moyen terme, l’organisation devra engager un plaidoyer auprès des États africains en vue d’harmoniser la certification du métier. À plus long terme, l’objectif est d’obtenir la reconnaissance progressive du coaching dans les politiques publiques et dans les systèmes nationaux de compétences.