JSIC 2025 / Dr Tamegnon YAOU : « Les coachs doivent cesser de se comporter comme des charlatans »

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – C’est un discours ferme, presque un rappel à l’ordre, que Dr Tamegnon YAOU a délivré ce mercredi 3 décembre lors de l’ouverture officielle des Journées scientifiques internationales du coaching (JSIC 2025), une initiative portée par l’ONG PPDC Africa. Face à un public composé de coachs, chercheurs et praticiens, le Chef département de sociologie de l’Université de Kara et Porte-parole du Comité Scientifique a exhorté l’ensemble du secteur à rompre avec les pratiques approximatives et à s’approprier pleinement les exigences de la science. « Les coachs doivent cesser de se comporter comme des charlatans », a-t-il lancé, donnant ainsi le ton d’une édition placée sous le thème : « Le coaching à l’épreuve de la science : enjeux, défis et perspectives ».

Dans son intervention, M. YAOU a d’abord rappelé que le débat consistant à démontrer la scientificité du coaching est désormais dépassé. Selon lui, la question centrale aujourd’hui porte plutôt sur la manière dont cette discipline peut relever ses propres défis : celui de la standardisation des pratiques, celui de la mesure de l’efficacité, et celui de son évolution en tant que champ de recherche crédible.

Vue des participants aux travaux du premier jour.

Le Sociologue a notamment souligné que, contrairement à des disciplines établies comme la sociologie où les méthodes sont relativement harmonisées, le coaching souffre encore d’une grande hétérogénéité. Les approches diffèrent d’un praticien à l’autre, rendant difficile toute évaluation rigoureuse des résultats.

« Peut-on appliquer les mêmes pratiques à différents coachés ? », interroge-t-il, avant de souligner l’urgence d’outiller la profession d’indicateurs fiables et de méthodes claires.

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M. YAOU appelle ainsi les coachs à s’engager pleinement dans la démarche scientifique qui est celle d’observer les comportements, d’expérimenter sur la base de protocoles, de produire des analyses, de formuler des lois et de diffuser des résultats vérifiables. Pour lui, la crédibilité future du coaching dépend de cette capacité à passer d’un savoir empiriquement pratiqué à un savoir rigoureusement démontré. L’évolution rapide de la société africaine rend cette exigence encore plus cruciale.

« Les Africains deviennent de plus en plus rationnels. Ils ne feront confiance au coaching que si ses acteurs peuvent prouver l’efficacité de leur approche », insiste-t-il.

Dans cette perspective, il invite les coachs à explorer des champs clés comme la psychologie positive pour comprendre les facteurs du bien-être, les théories de l’apprentissage pour analyser la progression des coachs eux-mêmes, ou encore les théories de la motivation afin d’identifier les ressorts qui orientent la réussite individuelle.

Une édition tournée vers la structuration scientifique et l’encadrement du coaching en Afrique

Cette deuxième édition des JSIC réunion, du 3 au 5 décembre 2025, chercheurs, coachs professionnels, responsables d’organismes de formation et universitaires à l’Université de Lomé. Il s’agira de réfléchir à l’avenir du coaching, dans un contexte où la discipline s’étend rapidement sur le continent.

En effet, cette croissance, portée notamment par l’essor entrepreneurial et l’émergence d’une jeunesse avide d’accompagnement, pose aujourd’hui des défis nouveaux : manque de repères fiables, absence d’un cadre commun, pratiques parfois improvisées. C’est précisément pour répondre à ces préoccupations que les JSIC entendent placer le coaching face aux exigences de la science, en mettant en avant des approches basées sur la preuve, la rigueur méthodologique et l’évaluation objective des résultats.

L’un des moments clés de cette édition sera la présentation officielle de plusieurs documents stratégiques destinés à mieux encadrer la profession : un référentiel détaillant les compétences attendues d’un coach, un code de déontologie définissant les obligations professionnelles, ainsi qu’une charte éthique et un dispositif de régulation pour orienter les bonnes pratiques. Ces outils, élaborés par le CACMES, doivent servir de socle à une véritable reconnaissance du coaching sur le continent.

Photo de famille à l’issue des communications inaugurales.

La démarche va plus loin encore, puisqu’un système de labellisation est en préparation. Ce dispositif permettra d’identifier clairement les praticiens et centres de formation qui respectent les standards continentaux, grâce à deux labels : l’un dédié aux programmes de formation, l’autre réservé aux coachs eux-mêmes.

Les JSIC 2025 se veulent aussi un espace de réflexion académique. L’événement ambitionne de poser les bases d’un réseau panafricain de recherche sur le coaching, en réunissant des universitaires de plusieurs pays. L’enjeu est d’adapter les modèles internationaux aux réalités socioculturelles africaines, de produire de nouvelles connaissances, et de mesurer l’impact réel des pratiques de coaching sur le bien-être et la performance.