« Abusivement » licenciés, 47 travailleurs de SCAN Togo en appellent au Président du Conseil

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(Société Civile Médias) – 47 travailleurs ayant exercé pendant plus d’une décennie sur le site de SCAN Togo se retrouvent aujourd’hui sans emploi. Réunis autour du Syndicat démocratique des mines (SYDEMINES), ils dénoncent ce qu’ils considèrent comme un licenciement abusif orchestré à la faveur d’un changement de société d’intérim. Face à cette situation qu’ils qualifient de « drame social », les concernés lancent un appel au Président du Conseil afin qu’une solution soit trouvée et que leurs droits soient rétablis.

Lors d’une conférence de presse organisée à cet effet, le secrétaire adjoint du SYDEMINES, Kodjovi Sedonou, a vivement critiqué les pratiques de SCAN Togo et de sa maison-mère allemande Heidelberg Materials. Selon lui, les 47 travailleurs concernés ont consacré entre dix et douze années de leur vie professionnelle à l’entreprise avant d’être écartés.

« Nous avons épuisé toutes les voies de dialogue, adressé des courriers à la direction de SCAN Togo, à Heidelberg Materials ainsi qu’aux autorités compétentes. En retour, nous n’avons obtenu que le silence et le mépris », a-t-il déclaré.

Vue des travailleurs concernés

Selon les explications fournies par le syndicat, la situation trouve son origine dans le remplacement de l’ancienne société d’intérim chargée de fournir du personnel à SCAN Togo. Le SYDEMINES affirme qu’à la suite de ce changement, les contrats à durée indéterminée liant les travailleurs à l’ancien prestataire ont été rompus, sans que ces derniers ne soient réembauchés avec leur ancienneté et les droits acquis au fil des années.

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Pour le syndicat, il s’agit d’un plan mis en œuvre en plusieurs étapes afin de contourner les obligations liées à l’ancienneté des salariés.

« Ces travailleurs ont fait tourner l’usine depuis 2014. Aujourd’hui, ils se retrouvent chez eux, sans salaire et sans perspective, alors qu’ils ont consacré une grande partie de leur vie à cette entreprise », a regretté M. Sedonou.

Des violations présumées du Code du travail

Le SYDEMINES estime que plusieurs dispositions de la législation togolaise du travail auraient été violées dans ce dossier. Le syndicat évoque notamment le recours prolongé à des travailleurs intérimaires sur des postes permanents, une pratique qu’il juge contraire aux textes en vigueur.

L’organisation cite également le non-respect de certains articles du Code du travail relatifs aux contrats de travail ainsi que la perte des avantages liés à l’ancienneté, aux congés et aux indemnités.

« Ces travailleurs ne demandaient pas la charité. Ils réclamaient simplement l’application de la loi et la reconnaissance de leurs droits », a insisté le secrétaire adjoint du SYDEMINES.

Au-delà des licenciements, le syndicat dénonce un système qui aurait maintenu ces travailleurs dans une situation de précarité pendant plus de dix ans. Selon le SYDEMINES, les employés concernés effectuaient les mêmes tâches que les salariés permanents de SCAN Togo, mais avec des rémunérations et des avantages sociaux nettement inférieurs.

Kodjovi Sedonou, secrétaire adjoint du SYDEMINES

Le syndicat affirme notamment que ces travailleurs ne bénéficiaient ni de prime d’ancienneté, ni de certaines primes accordées aux employés permanents, tout en étant exposés aux mêmes contraintes professionnelles.

Pour M. Sedonou, cette situation illustre les dérives du recours abusif à l’intérim.

« Pendant des années, ces hommes et ces femmes ont occupé des postes permanents tout en étant maintenus dans un statut précaire. Cette situation a permis de réduire considérablement les coûts de main-d’œuvre au détriment de leurs droits », a-t-il soutenu.

Le rôle des institutions également pointé du doigt

Le SYDEMINES ne limite pas ses critiques à l’entreprise. Le syndicat estime que certaines faiblesses institutionnelles favorisent la répétition de telles situations.

L’organisation évoque notamment la lenteur des procédures judiciaires ainsi que le manque de fermeté de l’Inspection du travail face aux violations présumées du droit social.

Selon les responsables syndicaux, près de 60 % des quelque 600 travailleurs présents sur le site de SCAN Togo seraient employés par des sociétés d’intérim sur des postes permanents.

Un appel direct au Président du Conseil

Face à l’impasse, le SYDEMINES a décidé d’interpeller directement le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, afin qu’il use de son autorité pour favoriser un règlement du conflit.

« Ces 47 travailleurs sont avant tout des citoyens togolais qui ont travaillé pendant de longues années au service de cette entreprise. Nous demandons qu’un regard attentif soit porté sur leur situation afin que justice leur soit rendue », a plaidé M. Sedonou.

Le syndicat souhaite notamment que les travailleurs concernés puissent bénéficier de contrats directs avec SCAN Togo et que leur ancienneté soit reconnue.

Le SYDEMINES annonce par ailleurs son intention de poursuivre le combat sur le terrain judiciaire et médiatique. L’organisation affirme être déterminée à obtenir réparation pour les travailleurs concernés et appelle les autorités ainsi que l’opinion publique à se mobiliser autour de cette affaire.

« Nous irons partout où il faudra pour que ces travailleurs obtiennent justice. Ce combat est celui de la dignité et du respect du droit du travail », a conclu M. Sedonou