(Société Civile Médias) – Face à la dépendance persistante de l’agriculture africaine aux intrants chimiques importés, les bio-intrants apparaissent comme une piste pour renforcer l’autonomie des producteurs et la résilience des systèmes alimentaires. C’est autour de cet enjeu qu’Eco-Impact, en collaboration avec BIOPROTECT.B et avec l’appui de PPLM et de l’AFSA, a réuni près d’une centaine d’acteurs le 6 août 2026 à Cotonou, en marge du Forum social mondial. La table ronde a permis de discuter Sur les Défis et les limites, les approches de solutions, les bienfaits des bio-intrants, les opportunités…pour les Bio-intrants et l’Agroecologie, du potentiel des bio-intrants, mais aussi des conditions nécessaires à leur changement d’échelle.
Partout en Afrique, les bio-intrants suscitent un intérêt croissant en raison de leur potentiel à améliorer la santé des sols, à réduire la dépendance aux intrants agricoles importés et à accompagner la transition vers des systèmes de production plus durables. Cette dynamique intervient dans un contexte où les pays africains cherchent à renforcer la résilience de leurs systèmes agricoles et à promouvoir des pratiques agroécologiques mieux adaptées aux réalités locales.

Les discussions politiques engagées ces dernières années témoignent également de cet intérêt croissant. Le Sommet de l’Union africaine sur les engrais et la santé des sols, tenu en 2024, a notamment ouvert des perspectives pour renforcer les politiques et les investissements en faveur d’une utilisation plus durable des intrants agricoles.
Mais malgré ce potentiel, plusieurs interrogations demeurent. Quelle est réellement l’efficacité des bio-intrants ? Sont-ils accessibles aux producteurs ? Comment garantir la qualité des produits ? Quels modèles économiques permettraient d’assurer leur production et leur diffusion à grande échelle ? Et surtout, quelles politiques publiques sont nécessaires pour accompagner leur développement durable ?
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Croiser les expériences pour mieux penser le changement d’échelle des bio-intrants
L’enjeu de la session était surtout de créer un cadre permettant aux différents acteurs de confronter leurs expériences et de réfléchir collectivement à l’avenir des bio-intrants en Afrique. La rencontre a donc réuni des agriculteurs, des chercheurs et des organisations de la société civile afin de partager des expériences provenant de différentes régions d’Afrique et de réfléchir à la manière dont le développement des bio-intrants produits localement peut contribuer à des systèmes alimentaires résilients, centrés sur les agriculteurs.

« Nous avons également donner la parole aux différents acteurs afin qu’ils puissent partager leurs expériences, leurs réussites, mais aussi les difficultés qu’ils rencontrent sur le terrain. Il était important pour nous d’avoir ces différents regards pour approfondir les conditions nécessaires au développement des bio-intrants ; car les bio-intrants ne sont pas seulement des alternatifs aux intrants chimiques de synthèse mais un levier pour la transformation des systèmes alimentaires »,explique Jean-Charles Sossou, Directeur Exécutif d’Eco-Impact.
Caravane Africaine pour la Justice Climatique, pour le droit à la Terre, l’eau et aux semences :
Le 08 Août 2026, Eco-Impact a participé à l’Université d’Abomey Calavi à la marche populaire pour une Solidarité au monde paysan et rural.
L’un des temps forts de cette participation a été la grande marche de plaidoyer, organisée pour porter la voix des producteurs, des entrepreneurs agroécologiques, des jeunes, des femmes, des activistes, des organisations de la société civile et des communautés rurales engagés dans la promotion de systèmes alimentaires plus justes, durables et résilients.

À travers cette mobilisation, les participants ont rappelé avec force que les producteurs et les autres acteurs des systèmes alimentaires doivent être placés au cœur des politiques agricoles, alimentaires et climatiques.
Les messages de plaidoyer ont mis en avant la nécessité de garantir les droits des communautés à la terre, à l’eau et aux semences paysannes, de préserver la biodiversité agricole, d’améliorer les conditions de vie et de travail des producteurs, ainsi que de renforcer la souveraineté alimentaire des peuples.

Les participants ont également appelé les gouvernements, les partenaires techniques et financiers ainsi que le secteur privé à investir davantage dans l’entrepreneuriat agroécologique des jeunes, à soutenir le développement et l’adoption des bio-intrants, à promouvoir les marchés territoriaux et les circuits courts de commercialisation, ainsi qu’à accompagner une transition écologique juste, fondée sur une gestion durable des ressources naturelles et des territoires.
Pendant près de deux heures, les principales artères de l’Université d’Abomey-Calavi ont vibré au rythme de la caravane, des chants, des pancartes et des slogans repris en chœur par les participants. Cette mobilisation a porté haut les revendications des producteurs, des jeunes, des femmes, des organisations de la société civile et des acteurs engagés dans la transition agroécologique.
Parmi les principaux slogans scandés figuraient : ‘Solidarité avec les paysans du monde entier’ ; ‘justice climatique pour tous’ ; ‘Nos droits à la terre, à l’eau et aux semences paysannes’ ; ‘Soutenez l’entrepreneuriat agroécologique des jeunes’ ; ‘Pour une transition écologique juste et le développement des bio-intrants’.



À travers cette mobilisation, Eco-Impact a réaffirmé son engagement en faveur de l’agroécologie comme réponse aux effets des aléas climatiques, pour la récupération et la restauration des Terres agricoles ; l’Agroécologie comme levier de transformation des systèmes alimentaires, de création d’emplois pour les jeunes, de résilience face aux changements climatiques et de renforcement de la souveraineté alimentaire. L’organisation a plaidé pour le renforcement des politiques publiques, des investissements et des partenariats en faveur de l’agroécologie, des bio-intrants, des marchés territoriaux, des circuits courts de commercialisation et de l’entrepreneuriat agroécologique et également pour la santé des communautés et l’autorisation des jeunes et des femmes. Elle a également appelé à une meilleure reconnaissance du rôle des producteurs, des jeunes, des femmes et des organisations de la société civile dans la transition agroécologique en Afrique.
Par ailleurs, la mobilisation a permis aux participants de visiter les différents stands d’exposition et de prendre part à plusieurs ateliers thématiques, véritables espaces d’échanges, de partage d’expériences et de valorisation des initiatives portées par les organisations paysannes, les entrepreneurs agroécologiques, les chercheurs, les organisations de la société civile et les partenaires engagés dans la transformation des systèmes alimentaires. Ils ont également participé à la cérémonie officielle de clôture du Forum, marquant ainsi la fin de cette importante rencontre internationale.
Dans le cadre des mobilisations liées au Forum social mondial, Eco-Impact a également pris part, du 30 juillet au 1er août 2026 à Lomé, aux activités de la Convergence globale des luttes pour la terre et l’eau. L’organisation a notamment participé à la Caravane ouest-africaine pour le droit à la terre, à l’eau et aux semences paysannes, ainsi qu’à la mobilisation de la Caravane pour la justice climatique en Afrique.
Du 6 au 8 août 2026 à Cotonou, l’organisation a également participé aux différentes marches populaires de plaidoyer en solidarité avec le monde paysan et rural, organisées dans le cadre du Forum social mondial. Ces mobilisations ont réuni des producteurs, des jeunes, des femmes, des entrepreneurs agroécologiques, des activistes ainsi que des organisations de la société civile autour de revendications communes en faveur de systèmes alimentaires plus justes, durables et résilients.
À travers cette marche, Eco-Impact a notamment appelé à la justice climatique, à la garantie des droits des communautés à la terre, à l’eau et aux semences paysannes, ainsi qu’au renforcement de la souveraineté alimentaire. Eco-Impact a également plaidé pour davantage de soutien à l’agroécologie, aux bio-intrants et à l’entrepreneuriat agroécologique des jeunes et des femmes.
