(Société Civile Média) – Alors que débute également la campagne agricole, les producteurs et les agriculteurs sont déjà sévèrement touchés économiquement par la crise et ont des difficultés pour accéder aux semences et aux engrais de qualité, alertent 8 organisations régionales et internationales dont Oxfam et Action Contre la Faim.
L’agriculture contribue à 30,5% de l’économie de l’Afrique de l’Ouest qui est la plus grande source de revenus et de moyens d’existence pour 70 à 80 % de la population , des femmes principalement qui se retrouvent en première ligne. Au Burkina-Faso, Madame TOE HAZARA Promotrice de la laiterie Café Rio témoigne : « Nous avons perdu 75% de notre marché à cause du confinement de la ville de Bobo Dioulasso. Cette situation est intenable car on ne peut plus supporter les charges de nos 13 employés et payer nos fournisseurs ».
Les communautés pastorales, confrontées déjà durement aux impacts du changement climatique, sont également impactées, ne pouvant plus assurer la transhumance du bétail, rendue impossible à cause de la fermeture des régions ou des frontières, ce qui risque d’augmenter les conflits entre éleveurs et agriculteurs. Ismael AG, éleveur membre du Réseau Billital Maroobé (RBM) témoigne : « L’instauration du couvre-feu restreint la possibilité d’abreuver les animaux pendant la nuit, du coup l’affluence autour des points d’eau est très forte pendant la journée ».
Pour surmonter cette crise, les agriculteurs, les éleveurs, les pêcheurs et les acteurs de la transformation agroalimentaire comptent sur le soutien des Gouvernements, afin de mener à bien cette campagne de production qui a commencé dans la plupart des localités. Ibrahima COULIBALY, Président du Réseau des Organisations Paysannes et des Producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) ajoute : « Nous espérons aussi une prise de conscience des décideurs politiques et des citoyens, encourager la production et la consommation locale a encore plus de sens et d’enjeu aujourd’hui ».
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Nous, responsables des réseaux d’Organisations Paysannes et des ONG internationales appelons l’ensemble des gouvernements à, d’une part contrôler les prix, assurer l’approvisionnement des marchés en denrées alimentaires issues des exploitations familiales et les transports de marchandises, et d’autre part, mettre en place des filets sociaux, pour venir en aide aux plus vulnérables.
Dans cette crise globale, la solidarité régionale et internationale est également de mise et l’appui des bailleurs de fonds aux Etats ouest-africains, aux organisations paysannes et à la société civile pour les aider à affronter cette crise dans un contexte régional fragile est indispensable.
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