(Société Civile Médias) – À l’avant-garde de la lutte contre le cancer du sein au Togo depuis près de deux décennies, la Ligue togolaise contre le cancer (LTCC) a largement contribué à démystifier cette maladie longtemps entourée de tabous et de préjugés, à travers ses multiples actions de sensibilisation, de formation et d’accompagnement des patients. Aujourd’hui, l’organisation place au cœur de son combat la quête d’un accès équitable aux soins, en particulier pour les patients les plus vulnérables.

La LTCC a réaffirmé ce message ce jeudi 9 octobre, lors du lancement officiel de la 17ᵉ édition d’Octobre Rose à l’Ecole nationale des sage-femmes à Lomé. Une édition placée sous le thème « accès équitable au dépistage et aux soins : un droit pour toutes les femmes » et qui met en lumière une préoccupation majeure, faire en sorte que chaque femme, où qu’elle se trouve, puisse bénéficier d’un dépistage et d’une prise en charge adaptés.
Pour Stéphane Awity, président de la LTCC, si le Gouvernement togolais déploie des efforts louables dans la lutte contre le cancer féminin, il demeure essentiel de traduire ces engagements en un accès réellement équitable aux soins.

« Tant que la question cruciale de l’accès équitable aux soins ne sera pas placée au cœur des grandes priorités nationales, tant que les traitements ne seront pas subventionnés pour soulager nos malades, notre lutte restera incomplète », a-t-il fait comprendre lors du lancement d’Octobre Rose.
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Dans son allocution, Stéphane Awity a également souligné l’impact de la mobilisation collective contre le cancer menée par la LTCC et ses partenaires depuis de nombreuses années. Cette mobilisation se traduit par des campagnes de sensibilisation dans les communautés, des programmes de dépistage du cancer du sein, du col de l’utérus et de la prostate, ainsi qu’un accompagnement médical, psychologique et parfois financier des malades. Grâce à l’engagement des associations, des médias et du personnel soignant, cette action coordonnée permet de sortir le cancer du silence, d’éduquer et de protéger la population, tout en jetant les bases d’une lutte plus ambitieuse et équitable à l’échelle nationale.
Mais pour le président de la LTCC, la lutte contre le cancer ne peut se limiter à la sensibilisation. Elle doit s’accompagner de mesures concrètes, telles que la subvention des traitements et la création de l’Institut National du Cancer, afin de garantir des soins accessibles à toutes et à tous.
« Ce que vivent les femmes atteintes du cancer est un drame silencieux. Il faut agir maintenant », a indiqué StéphaneAwity.



La 17ᵉ édition d’Octobre Rose constitue, pour la Ligue Togolaise Contre le Cancer (LTCC) et ses partenaires, une nouvelle occasion de renforcer la sensibilisation autour de ce fléau. Cette campagne a débuté avec les étudiantes de l’École Nationale des Sages-Femmes de Lomé (ENSFL), cadre choisi pour le lancement officiel des activités.
Longtemps centrée sur la lutte contre le cancer du sein, l’initiative de dépistage menée par la LTCC s’est, depuis trois ans, étendue au cancer du col de l’utérus, une autre forme de la maladie qui continue de faire des ravages parmi les femmes. Cette campagne de dépistage, lancée le 1er octobre, s’étendra sur l’ensemble du mois, avec un tarif préférentiel destiné à permettre au plus grand nombre de femmes d’en bénéficier.

En ce qui concerne le cancer du col de l’utérus, il a été rappelé l’importance de la vaccination qui est disponible pour les jeunes filles de 9 à 14 ans.
« Si on veut éviter ce genre de cancer aux jeunes filles, il est important de les vacciner très tôt contre cette maladie », indique Dr M’Bortché Bingo qui a essentiellement entretenu les participants sur le cancer du col de l’utérus.

Selon les données de la LTCC et du Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), le cancer du sein demeure la première cause de mortalité liée au cancer chez la femme au Togo. Selon les données les plus récentes, il représente près de 27 % des cas de cancers diagnostiqués dans le pays, avec environ 973 nouveaux cas et 584 décès enregistrés chaque année. Sur l’ensemble des cancers recensés, dont plus de 5 000 cas en 2020, plus de 3 000 décès ont été déplorés, faisant du cancer du sein l’un des principaux fléaux de santé publique.

