Togo : 25 jeunes filles outillées par le GF2D pour conquérir les espaces de décision

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(Société Civile Médias) – Vingt-cinq jeunes filles togolaises, issues de diverses associations, disposent désormais de nouveaux outils pour renforcer leur leadership politique et accroître leur participation aux processus de gouvernance locale et nationale. À la faveur d’une formation organisée par le GF2D avec l’appui technique et financier de la Fondation Hanns Seidel, elles ont été outillées sur les mécanismes et stratégies leur permettant de mieux se positionner dans ce domaine.

Au Togo, la participation politique des femmes et des jeunes filles a connu des avancées progressives au cours des dernières décennies, portées par des réformes institutionnelles, des politiques publiques en faveur du genre et l’engagement des organisations de la société civile. Parmi elles, le GF2D, qui en a fait un chantier prioritaire depuis plusieurs années. L’organisation occupe une place importante en œuvrant pour la promotion des droits des femmes, le renforcement de leur leadership et leur participation active à la vie publique à travers des actions de plaidoyer, de formation et d’accompagnement, avec l’appui de la Fondation Hanns Seidel.

« Malgré l’existence de mécanismes juridiques tels que les quotas sur les listes électorales, plusieurs obstacles structurels persistent. Parmi ceux-ci les normes socioculturelles et les stéréotypes de genre qui limitent l’ambition politique des femmes, l’accès restreint aux ressources financières et aux réseaux d’influence, le faible accès à la formation en leadership et en gouvernance, le manque de modèles féminins inspirants et l’insuffisance de dispositifs d’encadrement », indique Gina ADEKAMBI, Directrice exécutive du GF2D.

Par ailleurs, les jeunes filles constituent une catégorie particulièrement marginalisée dans le champ politique, leur implication restant faible en raison d’un déficit d’information, de formation et d’opportunités concrètes d’engagement.

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Dans ce contexte, estime le GF2D, le renforcement du leadership politique des jeunes filles apparaît comme une nécessité stratégique pour consolider la démocratie participative, favoriser l’égalité des chances et promouvoir une gouvernance inclusive et sensible au genre. Pour l’organisation, il s’agit non seulement de corriger les déséquilibres actuels, mais aussi de préparer une nouvelle génération de femmes leaders capables de contribuer activement au développement du pays.

La formation, organisée à l’intention des 25 jeunes filles les 4 et 5 mai 2026, s’inscrit dans cette dynamique. Elle a permis de renforcer leurs capacités en leadership politique, en gouvernance inclusive et en engagement citoyen à travers trois modules clés : le positionnement idéologique et la vision politique, la budgétisation sensible au genre, ainsi que le leadership numérique et l’influence en ligne.

À travers le module consacré au positionnement idéologique et à la vision politique, les participantes ont été amenées à mieux comprendre les courants idéologiques, les valeurs qui sous-tendent l’engagement politique ainsi que l’importance de construire une vision claire et cohérente de leur action citoyenne. Les échanges ont également porté sur les stratégies de prise de parole, l’affirmation de soi dans les espaces de décision et la manière de développer un leadership crédible et influent.

Le module sur la budgétisation sensible au genre leur a permis de découvrir les mécanismes d’élaboration des budgets publics prenant en compte les besoins spécifiques des femmes et des hommes. Les jeunes filles ont ainsi été initiées à l’analyse des politiques publiques sous l’angle du genre, afin de mieux comprendre comment les décisions budgétaires peuvent contribuer à réduire les inégalités et favoriser une gouvernance plus inclusive.

« Pour sa part, le module consacré au leadership numérique et à l’influence en ligne a mis l’accent sur l’utilisation stratégique des outils numériques et des réseaux sociaux dans l’engagement citoyen et politique. Les participantes ont appris à renforcer leur présence en ligne, à produire des contenus d’impact, à porter des messages de sensibilisation et à utiliser les plateformes digitales comme des espaces de mobilisation, de plaidoyer et d’influence », indique la directrice exécutive du GF2D.

Participante issue de l’association Alternative Leadership Group (ALG), Samtou AKAOLO s’est réjouie de la tenue de cette formation, qu’elle considère comme une véritable opportunité de renforcement personnel et professionnel. Selon elle, les différents modules abordés lui ont permis de mieux comprendre les enjeux du leadership politique féminin et de développer de nouvelles compétences pour s’impliquer davantage dans les espaces de prise de décision.

« Cette formation m’a permis de mieux cerner les réalités liées à l’engagement politique des femmes et des jeunes filles. J’ai appris l’importance d’avoir une vision claire, de savoir défendre ses idées et d’utiliser les outils numériques pour porter sa voix et sensibiliser autour des causes qui nous tiennent à cœur », a-t-elle confié.

Une autre vague de jeunes filles sera formée la semaine prochaine.