Résilience en milieu rural : l’Union Locale WILEAD et YMCA Togo forment 40 jeunes pour garantir la viabilité de leurs micro-entreprises

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(Société Civile Médias) – Au Togo, l’Union Locale WILEAD et Young Men’s Christian Association (YMCA/UCJG Togo) œuvrent au renforcement de la résilience des communautés rurales confrontées à de multiples défis socioéconomiques et environnementaux. Ceci dans un contexte marqué, d’une part, par le faible potentiel économique des populations rurales, accentué par les effets du changement climatique, et d’autre part, par la vulnérabilité grandissante des jeunes face au chômage et à la précarité. C’est dans ce cadre qu’elles mettent en œuvre le projet intitulé « Appui à l’autonomisation socio-économique et à la résilience des jeunes vulnérables en milieu rural ». Une initiative qui ambitionne de freiner l’exode rural en offrant aux jeunes des perspectives économiques viables et durables au sein de leurs communautés. Les activités du projet ont été officiellement lancées ce vendredi 15 mai 2026 avec une rencontre de renforcement des capacités de trois jours au profit de 40 jeunes filles et garçons issus des localités de Tsévié et de Tabligbo.

Le projet intitulé « Appui à l’autonomisation socio-économique et à la résilience des jeunes vulnérables en milieu rural », il faut le rappeler, est né d’un constat préoccupant lié aux difficultés croissantes auxquelles font face les jeunes vivant en milieu rural. Entre le manque d’opportunités économiques, la fragilité des activités agricoles et les effets de plus en plus visibles des changements climatiques, de nombreux jeunes se retrouvent sans perspectives réelles d’insertion socio-économique dans leurs communautés.

« Aujourd’hui, la baisse des rendements agricoles, la dégradation des terres et les difficultés d’accès aux ressources poussent beaucoup de jeunes à quitter les villages pour les centres urbains sans préparation ni accompagnement. Cette migration, souvent motivée par la recherche de meilleures conditions de vie, débouche malheureusement sur de nombreuses situations de précarité et d’exclusion chez les jeunes qui s’exposent au chômage urbain, aux violences, à l’exploitation ou encore à la délinquance et peinent à trouver une stabilité économique et sociale durable », déplore Delphine Grace Baita, Présidente de l’Union Locale WILEAD et Coordinatrice du projet.

Delphine Grace Baita, Présidente de l’Union Locale WILEAD et Coordinatrice du projet.

Financé par l’Union Européenne et World YMCA, le projet « Appui à l’autonomisation socio-économique et à la résilience des jeunes vulnérables en milieu rural » ambitionne de doter les jeunes bénéficiaires de compétences, d’outils et de l’accompagnement nécessaires pour devenir autonomes et de véritables acteurs du développement de leurs communautés. À travers cette initiative, les organisations porteuses entendent promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes, les activités génératrices de revenus, les pratiques agricoles résilientes face aux changements climatiques, ainsi que le développement personnel et le leadership communautaire.

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Concrètement, le projet prévoit de sensibiliser au moins 1 000 jeunes et membres des communautés rurales aux dangers de l’exode rural et aux opportunités existantes dans leurs localités.

Une formation à l’intention de 40 jeunes pour donner le coup d’envoi du projet

Le projet a été officiellement lancé ce vendredi 15 mai 2026, avec l’une de ses premières activités phares : la formation de 40 jeunes vulnérables au Centre d’Accueil et de Formation Active et Permanente de YMCA Togo, situé à Bagbé, à environ 35 km au nord-ouest de Lomé.

Vue des participants à la rencontre

Prévue sur trois jours, cette formation réunit des jeunes filles et garçons venus de Tsévié et de Tabligbo, deux localités de la région Maritime. Elle vise à les doter de compétences techniques, entrepreneuriales et humaines, afin de garantir la viabilité des micro-entreprises qu’ils créeront à l’issue de cette session, avec l’accompagnement du projet.

Dans le détail, les participants à cette rencontre seront outillés sur plusieurs modules complémentaires visant à renforcer leurs capacités et à faciliter leur insertion économique.

Ils bénéficieront notamment d’un module de développement personnel, axé sur le renforcement de l’estime de soi, le leadership et les compétences de vie courante. Ce volet intègre également des notions de communication et d’engagement communautaire, ainsi que des outils liés à la communication digitale, afin de mieux préparer les jeunes à évoluer dans un environnement de plus en plus connecté.

Un accent particulier sera également mis sur l’agro-entrepreneuriat durable, à travers la transmission de techniques agricoles écologiques et de méthodes de production respectueuses de l’environnement. L’objectif est de promouvoir des activités génératrices de revenus durables et adaptées aux réalités locales.

La formation abordera par ailleurs la gestion entrepreneuriale, avec une initiation au marketing, à la communication et à la gestion simplifiée d’une activité génératrice de revenus (AGR). Ce module vise à renforcer la capacité des bénéficiaires à structurer et à rentabiliser leurs futures initiatives économiques.

Enfin, un volet consacré à la planification permettra d’accompagner chaque participant dans la finalisation de son Plan d’Affaires Simplifié (PAS), un document essentiel conditionnant l’accès au kit de démarrage prévu par le projet.

La formation a débuté par une séance de sensibilisation portant sur les risques liés à la migration, aux violences et aux enjeux de protection. Cette thématique a été abordée en raison des représentations souvent idéalisées de la ville par les jeunes, mais aussi des réalités parfois difficiles auxquelles ils sont confrontés en cas de migration mal préparée. Pour les responsables du projet, il s’agit avant tout d’amener les jeunes à mieux anticiper leurs choix de vie et à comprendre les conséquences d’une migration non encadrée.

Kossi Edem Yovogan, Délégué Jeunes national de YMCA Togo

« Les jeunes considèrent souvent la ville comme le meilleur endroit pour vivre, notamment en raison des conditions de vie parfois précaires en milieu rural. Cependant, cette perception ne reflète pas toujours les réalités vécues en milieu urbain. Beaucoup de jeunes migrants se retrouvent confrontés à des difficultés économiques et sociales, faute de préparation et d’informations suffisantes. C’est dans ce sens que le projet insiste sur l’importance d’une migration réfléchie et d’un projet de vie clairement défini. Lorsque la migration n’est pas préparée, elle devient subie et conduit rarement à des résultats positifs. L’objectif ici n’est pas de décourager les départs, mais de mieux outiller les jeunes dans leur choix », souligne Kossi Edem Yovogan, Délégué Jeunes national de YMCA Togo et formateur sur le projet.

La session a également permis d’aborder la question des violences et de la vulnérabilité auxquelles certains migrants peuvent être exposés, notamment les femmes, mais aussi les jeunes hommes, souvent confrontés à des conditions de travail précaires et à un manque de protection.

Les responsables du projet placent de fortes attentes sur les bénéficiaires à l’issue de ces trois jours de formation. Ils attendent qu’ils deviennent de véritables acteurs de changement au sein de leurs communautés, capables de mettre en pratique les compétences acquises et de contribuer à la dynamique économique locale.

Mawuli Akpaloo, Président de l’Union Régional Maritime de YMCA Togo

« Les compétences acquises leur seront utiles dans plusieurs dimensions de la vie entrepreneuriale. Elles leur permettront également de mieux présenter leurs projets à de potentiels clients, acheteurs ou partenaires. L’objectif est qu’à l’issue de cette formation, ils puissent concevoir, mettre en œuvre et développer leurs propres projets, tout en étant capables de trouver une clientèle pour leurs produits ou services », indique Mawuli Akpaloo, Président de l’Union Régional Maritime de YMCA Togo.

Photo de famille des participants à a rencontre.

« Nous souhaitons également qu’ils deviennent des relais dans leurs communautés, capables de sensibiliser d’autres jeunes qui n’ont pas eu la chance de participer à cette formation. Cela permettra de diffuser les connaissances acquises et de renforcer les capacités économiques locales, tout en contribuant à freiner l’exode rural », conclut-il.

La rencontre de formation prend fin ce dimanche 17 mai 2026.