(Société Civile Médias) – Presque 90 % de l’économie togolaise repose sur l’Economie sociale et solidaire (ESS), un secteur vital mais encore insuffisamment valorisé. C’est le constat dressé par Gado Bemah, directeur exécutif de l’ONG STADD et directeur de Green Industry Plast (GIP) Togo, présent à la 7ᵉ édition du Forum mondial de l’économie sociale et solidaire (GSEF) qui se tient du 29 au 31 octobre 2025 à Bordeaux, en France.
Au cours d’une table ronde consacrée au thème « Renforcer l’ESS grâce à la coopération internationale, c’est possible », Gado Bemah a présenté de façon sommaire la réalité de l’économie sociale et solidaire (ESS) dans le contexte togolais, un concept encore récent dans les textes mais dont les pratiques, selon lui, sont très anciennes et presque culturelles, profondément ancrées dans les dynamiques communautaires.
« Presque 90 % de l’économie togolaise est basée sur l’ESS, mais les contraintes de son épanouissement sont bien réelles », a-t-il déclaré.
Parmi ces contraintes, il a évoqué l’absence d’une loi-cadre, la difficulté d’accès au financement, due notamment à la forte présence de l’informel, ainsi que les conditions imposées par les structures de microfinance, principaux acteurs du financement du secteur, en dehors des appuis extérieurs. À ces difficultés s’ajoute, selon lui, une fiscalité non adaptée, qui « contribue à la mort précipitée des initiatives d’ESS et fragilise la capacité d’innovation et de créativité des jeunes ».
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Malgré ces obstacles, le représentant togolais a également mis en avant les opportunités qu’offre ce secteur pour les acteurs locaux comme pour les partenaires externes. Il a notamment cité : les besoins non couverts dans plusieurs domaines tels que la santé, l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement, la gestion des déchets ou encore l’éducation ; la forte dynamique de la jeunesse et la capacité d’adaptation des acteurs locaux, notamment dans les actions d’autonomisation et de résilience ; le soutien croissant des partenaires à travers la coopération et les échanges d’expériences ; et la perspective d’un cadre législatif renforcé avec la création d’un ministère dédié au développement à la base et à l’économie sociale et solidaire.
Profitant de cette tribune internationale, Gado Bemah a appelé à une meilleure structuration du secteur à travers la création de départements de recherche dédiés à l’ESS pour documenter les pratiques locales et capitaliser sur les acquis ; l’accélération du processus d’adoption de la loi-cadre pour encourager l’innovation et la créativité ; et la mise en place de mesures fiscales incitatives pour stimuler la croissance des initiatives.
Depuis Bordeaux, Gado Bemah plaide ainsi pour un coup de pouce à l’économie sociale et solidaire, pilier encore sous-estimé mais essentiel du développement économique et communautaire du Togo.


