(Société Civile Médias) – L’ONG Solidarité en Action pour la Lutte contre la Pauvreté (SALUT) œuvre à renforcer les capacités des autorités locales (mairies, élus, chefferies traditionnelles et comités villageois) afin de favoriser une meilleure prise en compte des besoins et aspirations des populations à la base. Dans le cadre du « projet de renforcement des droits, des capacités de résilience et de promotion de systèmes agricoles durables dans les communautés du bassin versant de Zio », elle a organisé, les 28 et 29 octobre 2025, une session de formation au profit d’une trentaine d’autorités locales. Celle-ci portait sur la gestion à la base (FGB) et l’approche basée sur les droits humains (ABDH). L’idée est de les amener à intégrer davantage les préoccupations communautaires dans la planification et la mise en œuvre de leurs actions.
Cette formation s’inscrit dans la composante « Gouvernance locale et organisation du monde rural » du projet. Elle découle du constat selon lequel de nombreux acteurs à la base manquent de connaissances en matière de gestion à la base (FGB) et d’approche basée sur les droits humains (ABDH), alors même que la maîtrise de ces notions leur est indispensable pour identifier avec précision les besoins et attentes des populations, les intégrer à leurs plans d’action et y apporter des réponses adéquates.

« Dans le cadre de ce projet, nous avons estimé nécessaire de renforcer les capacités des acteurs locaux sur les questions relatives à la gestion à la base, aux bonnes pratiques, ainsi qu’à l’intégration des droits humains dans leurs démarches de développement communautaire, afin que les populations bénéficiaires de leurs actions puissent pleinement se reconnaître dans ces initiatives et en être satisfaites », explique Carlos Detchinli, chargé du Programme Organisation du monde rural et Gouvernance locale à l’ONG SALUT.
« Il s’agit pour nous de leur rappeler le devoir et la responsabilité qui leur incombent à l’égard de ceux qui les ont élus, afin qu’ils veillent à intégrer les besoins et attentes de leurs communautés dans l’ensemble de leurs actions de développement à la base », ajoute-t-il.
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La gestion à la base et l’ABDH au menu
La rencontre a rassemblé des chefs traditionnels, des notables, des membres des Comités villageois de développement (CVD) et des Comités cantonaux de développement (CCD), ainsi que les conseils municipaux des communes cibles du projet (Agoè-Nyivé 4, Agoè-Nyivé 6, Zio et Zio 2), sans oublier les agents des mairies concernées et d’autres parties prenantes locales.
Au cours de cette formation, plusieurs modules ont été abordés avec les participants afin de renforcer leurs connaissances et de favoriser une meilleure gouvernance locale. Les échanges ont porté notamment sur les principes fondamentaux et les pratiques de la gestion à la base, ainsi que sur les fondements de l’approche basée sur les droits humains (ABDH) et son application dans le contexte local. Les participants ont également pris part à des discussions interactives sur les causes structurelles qui menacent les biens communs au sein des communautés et sur les stratégies durables à adopter pour y faire face.

Des partages d’expériences ont par ailleurs été organisés entre acteurs communautaires et autorités locales, autour de thématiques telles que le foncier, la gouvernance locale inclusive et la participation citoyenne. Ces échanges ont permis de mettre en lumière les rôles, responsabilités et complémentarités entre les différents acteurs du développement local — élus municipaux, chefferies traditionnelles, comités villageois et organisations de la société civile.
À travers des présentations interactives, des mises en situation concrètes et des témoignages, la formation a permis aux participants d’acquérir une meilleure compréhension des droits humains liés au développement local, tout en identifiant les défis et bonnes pratiques observés sur le terrain.


En somme, cette session a favorisé un cadre d’apprentissage et de dialogue entre les différents acteurs du développement à la base, consolidant ainsi les capacités locales pour une gouvernance participative et inclusive au service des communautés.
« Nous espérons que cette formation leur permettra de se ressourcer et de procéder régulièrement à des auto-évaluations afin de vérifier si les droits des populations de leurs communautés sont effectivement pris en compte dans les processus décisionnels. Nous souhaitons également qu’à la lumière des acquis de cet atelier, ils puissent actualiser leurs cahiers de charges pour assurer une prise en compte effective des besoins réels des populations », indique Carlos Detchinli.
L’un des points saillants des échanges a porté sur l’accès des populations, et plus particulièrement des femmes, à la terre dans les communes ciblées par le projet. Cette problématique s’inscrit dans un contexte marqué, d’une part, par la menace d’expulsion qui pèse sur certaines communautés installées sur des réserves administratives, et d’autre part, par les normes traditionnelles qui continuent de restreindre l’accès des femmes à la propriété foncière, les maintenant ainsi dans une position de marginalisation.

« Lorsqu’on aborde la question sous cet angle, il apparaît essentiel de former les autorités locales à la manière de gérer ces problématiques au sein de leurs communautés, tout en veillant à ce que leurs interventions respectent et protègent les droits des populations. En effet, le développement ne peut se concevoir en dehors du respect des droits fondamentaux des citoyens. C’est pourquoi cette formation s’avère particulièrement opportune », se réjouit Komivi Boko, président du CVD Kognito dans la commune Zio 2.
Participante représentant la mairie d’Agoè-Nyivé 4, Assima Agbang affirme avoir largement renforcé ses connaissances en matière de gouvernance locale, notamment sur l’ABDH appliquée à la question du droit des femmes à la terre.
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« À mon retour, je m’emploierai à sensibiliser et à mobiliser les autorités de notre mairie autour de la nécessité d’organiser des séances d’information à l’intention des femmes, afin qu’elles prennent pleinement conscience de leurs droits fonciers », a-t-elle déclaré.
Le projet « Renforcement des droits, des capacités de résilience et promotion des systèmes agricoles durables dans les communautés du bassin versant de Zio », il faut le rappeler, est financé par l’ONG Luxembourgeoise Action Solidarité Tiers Monde (ASTM).


