Projet FAME : à Gaougble, l’AEVS-Togo outille et équipe des femmes maraîchères pour une production modernisée et résiliente

Société Civile Médias
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(Société Civile Médias) – Lancé il y a sept  mois par l’Association Écologique Vie Saine (AEVS-Togo) pour accompagner les femmes maraîchères de la coopérative Solingobou (Atchadé) vers une agriculture durable, le projet intitulé « Renforcement des Capacités de production des Femmes maraîchères en milieu rural à travers l’agroécologie et l’accès à des équipements adaptés » s’est matérialisé sur le terrain à travers plusieurs activités. Il s’agit notamment de l’achat d’une motopompe et de ses accessoires, de l’acquisition de semences agricoles, de l’achat de plants destinés à la végétalisation du fleuve Mono, du renforcement des capacités techniques des bénéficiaires en matière de maraîchage et de gestion financière, des activités d’alphabétisation, ainsi que des travaux de préparation du sol et de repiquage. Ces appuis ont permis aux femmes maraîchères de consolider leurs compétences techniques, contribuant au développement harmonieux et durable de leurs activités.

Mise en œuvre sur une période de douze mois et soutenue financièrement par le projet FAME (Féminisme : Action et Mobilisation pour une Économie inclusive), l’initiative portée par l’AEVS-Togo est née de la nécessité de renforcer la résilience des femmes maraîchères face aux défis croissants auxquels elles sont confrontées. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par les effets du changement climatique et par une dégradation progressive des sols, qui compromettent la pérennité des activités agricoles.

Vue des femmes maraîchères de la coopérative Solingobou

Dans un tel environnement, l’adoption de pratiques agroécologiques apparaît comme une réponse à la fois pertinente et indispensable, capable d’améliorer durablement la productivité des exploitations des femmes de la coopérative Solingobou, tout en réduisant leur dépendance aux intrants chimiques et en favorisant une gestion plus harmonieuse des ressources naturelles.

Des réalisations visibles sur le terrain

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Dans le cadre de la mise en œuvre du projet, plusieurs actions ont été réalisées afin d’améliorer durablement les conditions de travail et la productivité des femmes maraîchères de la coopérative Solingobou.

La première phase des activités a porté sur les travaux de préparation du sol, une étape préalable indispensable à toute installation culturale. Les femmes ont procédé au nettoyage des parcelles, au labour, au nivellement et à la mise en place des planches de culture, créant ainsi un environnement favorable au développement des différentes spéculations maraîchères. Cette préparation minutieuse a permis d’optimiser l’utilisation de l’espace et de garantir de meilleures conditions de croissance pour les futures plantations.

Par la suite, l’amélioration de l’accès à l’eau est devenue une priorité, compte tenu des difficultés rencontrées lors des campagnes précédentes. Bien qu’un bassin de stockage de 24 m³ ait été construit, l’arrosage manuel demeurait extrêmement éprouvant pour les productrices. Afin d’alléger cette charge de travail, une motopompe a été acquise permettant désormais de pomper directement l’eau du fleuve Mono et d’irriguer les parcelles de manière plus efficace.

La motopompe acquise.

« Cette solution vient à point nommé soulager les membres de la coopérative, qui étaient confrontées à d’importantes contraintes liées à l’accès à l’eau. Elle améliore non seulement l’efficacité des activités agricoles, mais contribue également à renforcer la productivité et la motivation des femmes », Fialey KODJO, président de l’association AEVS-Togo.

En parallèle, pour renforcer les capacités productives de la coopérative, des semences de cinq spéculations maraîchères (piment, laitue, adémè, gboma et gombo) ont été acquises auprès d’un prestataire spécialisé. Une fois les semences disponibles, les femmes ont installé des pépinières pour la laitue, le piment et le gboma, tandis que l’adémè et le gombo ont été mis en culture par semis direct. Afin de favoriser la germination et la croissance des jeunes plants, les planches ont été paillées avec des feuilles de palmier, une technique agroécologique permettant de conserver l’humidité du sol et de limiter la prolifération des mauvaises herbes.

formation

Le développement des pépinières a conduit naturellement à l’étape du repiquage, marquant le transfert des jeunes plants vers les parcelles aménagées. Les femmes ont assuré un suivi rigoureux des plants repiqués à travers un arrosage biquotidien, le binage, le désherbage et une surveillance constante de l’état sanitaire des cultures. Ces soins attentifs ont permis d’obtenir un bon taux de reprise et d’assurer une production de qualité.

Au-delà de l’appui direct aux activités maraîchères, le projet a intégré une composante environnementale majeure, la végétalisation des berges du fleuve Mono. Avec l’accompagnement technique de l’AEVS-Togo, 400 plants (dont 300 Maougène et 100 Acacia) ont été mis en terre. Cette initiative vise à lutter contre l’érosion, stabiliser les sols et restaurer la couverture végétale dans un contexte marqué par le changement climatique. La reforestation contribue également à sensibiliser les communautés riveraines à l’importance de la gestion durable des ressources naturelles.

Vue des plants mis en terre.

Enfin, pour renforcer les capacités humaines des bénéficiaires, un volet d’alphabétisation a été mis en œuvre. Conscient que la maîtrise de la lecture, de l’écriture et du calcul constitue un levier essentiel d’autonomisation, l’AEVS-Togo a assuré des séances adaptées aux besoins des femmes. Ces formations ont permis aux participantes de gagner en assurance, de mieux comprendre les contenus des formations techniques et d’améliorer leur contribution à la gestion collective des activités maraîchères.

« Nous avons appris beaucoup de choses concrètes que nous avons appliqué immédiatement. Grâce à cette formation, nous comprenons mieux comment organiser nos cultures et gérer notre argent. Cela va vraiment changer notre manière de travailler.», témoigne Léa BIAM, Présidente de la coopérative Solingobou.

Ainsi, par la combinaison d’infrastructures adaptées, d’innovations techniques, d’actions environnementales et de renforcement des capacités humaines, le projet offre aux femmes maraîchères de Solingobou des conditions favorables à une agriculture durable, résiliente et économiquement viable.

Le projet FAME, il faut le rappeler, est un projet mené au sein d’un Consortium piloté par l’ONG GERES. Ce projet d’une durée de 4 ans est implémenté dans quatre régions de l’Afrique de l’Ouest, Afrique du Nord, Asie du Sud, Amérique latine et les Pays d’intervention sont au nombre de 10, dont le Togo avec comme cible, essentiellement les organisations féministes. Son objectif principal est de renforcer l’autonomisation économique et le pouvoir d’agir des femmes, des personnes LGBTQIA+ et OSC féministes des Suds.