(Société Civile Médias) – Le Réseau Voix Essentielles Togo (RVE-Togo) franchit une étape décisive dans son engagement en faveur de la santé des femmes et des filles. Dans le cadre du processus d’élaboration du Plan Stratégique National du Grand Cycle 8 (2027-2029) du Fonds Mondial, le réseau a procédé à la validation officielle de son argumentaire de plaidoyer, un document clé fondé sur des données probantes. Conçu pour mettre en lumière les besoins spécifiques des femmes et des filles en matière de VIH/Sida, de tuberculose, de paludisme, de santé sexuelle et reproductive ainsi que de violences basées sur le genre, cet outil vise désormais à orienter les priorités nationales et à renforcer la prise en compte du genre dans les politiques de santé au Togo.
Dans le cadre du Grand Cycle 8 (GC8) du Fonds mondial couvrant la période 2027-2029, le Togo a engagé l’élaboration de son Plan Stratégique National (PSN), un document clé qui orientera les financements et les actions de lutte contre le VIH/Sida, la tuberculose et le paludisme. Ce processus, piloté par le Comité de Coordination du Pays (CCM), représente une étape déterminante pour les acteurs de la société civile, en particulier les organisations de défense des droits des femmes, qui y voient une opportunité d’influencer les priorités nationales de santé.

C’est dans cette dynamique que le Réseau Voix Essentielles Togo (RVE-Togo) s’est positionné, en initiant l’élaboration d’un argumentaire de plaidoyer fondé sur des données probantes. Ce document stratégique met en lumière les besoins spécifiques des femmes et des filles, notamment en matière de VIH/Sida, de tuberculose, de paludisme, de santé sexuelle et reproductive, ainsi que de violences basées sur le genre. Il constitue aujourd’hui le principal levier du réseau pour faire entendre la voix des femmes auprès des instances de décision.
« Il est très important que les organisations de femmes soumettent leurs propositions dès maintenant, afin que les besoins des femmes et des filles soient pris en compte dans l’élaboration de ce vaste programme, qui déterminera leur santé pour les prochaines années », souligne Honorine Honkou, présidente du RVE-Togo et coordinatrice de la COFET.
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Pour concrétiser cette ambition, le réseau a franchi une nouvelle étape en organisant un atelier stratégique dédié à la validation de cet argumentaire et à son portage auprès des décideurs. Cette rencontre, tenue le mardi 21 avril 2026, a réuni plusieurs acteurs clés, notamment des représentants du ministère de la Santé, des programmes nationaux de lutte contre le VIH, le paludisme et la tuberculose, ainsi que des organisations de la société civile engagées dans la riposte.
« Aujourd’hui, nous avons présenté notre note de plaidoyer, qui regroupe l’ensemble des recommandations relatives à ces programmes. Elle met en avant des priorités telles que la lutte contre les violences basées sur le genre, la prise en charge du paludisme, du VIH et de la tuberculose chez les femmes et les enfants, mais aussi la nécessité d’une meilleure prise en compte du genre dans les mécanismes de décision », explique-t-elle.
Au-delà de la simple présentation du document, cet atelier s’inscrit dans une logique d’action et d’influence. Il a été structuré en deux temps forts, combinant une phase de validation collective de l’argumentaire et une phase de plaidoyer direct auprès des responsables des programmes nationaux et du CCM.

La matinée a été consacrée à la validation collective de l’argumentaire, une étape essentielle pour garantir la pertinence et la légitimité du document. Les membres du RVE-Togo ainsi que les parties prenantes invitées ont été appelés à examiner en détail le contenu élaboré par le consultant, à formuler des observations et à proposer des amendements. Cette démarche a permis d’enrichir le document, de consolider ses fondements et d’aboutir à son adoption officielle comme outil de plaidoyer du réseau.
Au cours de cette session, un accent particulier a été mis sur la définition de messages clés à porter auprès des décideurs. Il s’agissait notamment de structurer un discours commun, cohérent et percutant, capable de traduire efficacement les réalités vécues par les femmes et les filles en recommandations concrètes pour les politiques publiques de santé.
L’après-midi a marqué le passage à la phase de plaidoyer face au représentant du ministère de la Santé, aux responsables des programmes nationaux de lutte contre le VIH/Sida (PNLS), la tuberculose (PNLT) et le paludisme (PNLP), ainsi qu’aux représentants du CCM. La session a permis au RVE-Togo de défendre ses priorités.

« Nous avons également formulé une demande auprès du CCM pour la création d’une cellule genre en son sein, car aujourd’hui, les organisations féminines ne sont pas suffisamment intégrées dans les mécanismes de décision », a indiqué Honorine HONKOU.
Les propositions formulées devraient ainsi être affinées et intégrées aux prochaines phases de négociation, avec l’ambition de peser concrètement sur les orientations du futur Plan Stratégique National.
Présent à l’atelier en qualité de représentant du ministère de la Santé, Isidore Basile Takpa a salué l’initiative du RVE-Togo, qu’il juge à la fois pertinente et légitime. Il a également mis en avant la qualité du document de plaidoyer élaboré par le réseau, estimant qu’il met en lumière des préoccupations fondées et en adéquation avec les réalités du terrain.
« Lorsqu’on aborde la question des femmes, il est essentiel de prendre en compte leurs besoins spécifiques. Le RVE-Togo a su, à travers ce document, identifier et structurer ces besoins en fonction des différentes pathologies, qu’il s’agisse du VIH, de la tuberculose ou du paludisme. Au niveau du ministère de la Santé, plusieurs actions stratégiques sont déjà en cours dans ces domaines et se poursuivent. Nous attendons la transmission officielle du document afin que l’autorité compétente puisse l’examiner et en tirer les décisions appropriées », a-t-il déclaré.

Officiellement lancé en décembre 2025, le RVE-Togo regroupe dix organisations féminines engagées dans la promotion de la santé et des droits des femmes et des filles au Togo. Porté par Speak Up Africa à travers l’initiative Voix EssentiELLES, en partenariat avec le Fonds Mondial, il est accompagné dans ses démarches institutionnelles par la Coordination des Organisations Féminines du Togo (COFET), qui en assure le secrétariat.
