Togo : Golfe 5 accueille la 4e étape du dialogue communautaire sur la CSU et l’AMU

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(Société Civile Médias) – Quatrième étape du dialogue communautaire consacré à la Couverture Sanitaire Universelle (CSU), à la redevabilité sociale et au mécanisme d’engagement de la société civile à l’horizon 2030. Après les communes du Golfe 7, d’Agoè-Nyivé 2 et du Golfe 1, le consortium formé par l’Union des ONG du Togo (UONGTO) et le Réseau des Associations des Personnes vivant avec le VIH/SIDA (RAS+ TOGO) a poursuivi sa dynamique ce mardi 28 avril dans la commune du Golfe 5. Cette nouvelle étape a réuni leaders d’opinion, conseillers municipaux et acteurs communautaires et a été l’occasion de renforcer leur compréhension des enjeux liés à la Couverture Sanitaire Universelle, tout en mettant un accent particulier sur la redevabilité sociale et le rôle clé de la société civile dans sa mise en œuvre effective à l’horizon 2030.

La rencontre a connu la participation d’une trentaine d’acteurs locaux notamment des Conseillers municipaux, chefs traditionnels, responsables religieux, représentants des femmes et des jeunes, médias, responsables des comités de développement ainsi que des agents de la mairie. Elle s’inscrit dans la continuité des précédents dialogues communautaires organisés dans les communes du Golfe 7, Agoè-Nyivé 2 et Golfe 1. Les échanges ont notamment porté sur la CSU, la redevabilité sociale et le rôle de la société civile dans le suivi des politiques publiques de santé.

Table d’honneur lors du lancement de la rencontre

D’après Aristide Djenda, Directeur exécutif de l’UONGTO, il s’agissait de renforcer l’engagement des participants en faveur d’une mise en œuvre plus transparente, participative et efficace de la CSU.

« La Couverture Sanitaire Universelle ne peut produire les résultats attendus que si les collectivités, les leaders communautaires et les citoyens s’en approprient réellement le processus. Ce dialogue est justement un espace qui leur permet de comprendre leur rôle et d’exercer pleinement leur droit de regard sur les politiques de santé », explique-t-il.

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Les acteurs locaux mieux outillés sur la CSU

Pour permettre aux leaders d’opinion et aux conseillers municipaux de jouer pleinement leur rôle de relais auprès des populations, les organisateurs ont d’abord mis l’accent sur une meilleure compréhension de la Couverture Sanitaire Universelle (CSU) et de l’Assurance Maladie Universelle (AMU). Les échanges ont permis de revenir sur les fondements de ces deux réformes, leurs objectifs ainsi que les mécanismes retenus par l’État togolais pour garantir un accès plus équitable aux soins de santé.

Vue des participants à la rencontre.

Les discussions ont également permis de lever plusieurs préoccupations relatives au fonctionnement de l’AMU, notamment les conditions d’adhésion, les modalités de cotisation et le processus d’enrôlement des bénéficiaires, en particulier des travailleurs non-salariés.

« Nous avons insisté sur les principes qui sous-tendent l’Assurance Maladie Universelle, notamment la solidarité nationale, l’équité, la mutualisation des risques et la protection financière des populations face aux dépenses de santé. Nous avons également apporté des précisions sur les conditions d’accès à l’AMU ainsi que sur les mécanismes mis en place pour l’enregistrement des bénéficiaires, notamment dans le cadre de l’extension de la couverture aux travailleurs non-salariés », a expliqué Massamesso Katassoli, consultant sur le projet.

Les participants ont ensuite été amenés à réfléchir sur la redevabilité sociale, présentée comme un levier indispensable pour accompagner la mise en œuvre de la CSU. Les échanges ont porté sur le droit des citoyens à demander des comptes aux institutions chargées de la gestion de l’Assurance Maladie Universelle, mais aussi sur les moyens dont disposent les communautés pour contribuer à l’amélioration du dispositif.

Massamesso Katassoli, consultant sur le projet

« Nous leur avons montré que la redevabilité sociale ne consiste pas seulement à formuler des revendications. Elle implique également une participation active des citoyens au suivi des politiques publiques. Les organisations communautaires ont toute leur place dans ce processus en relayant les préoccupations des populations et en entretenant un dialogue constructif avec les structures chargées de la gestion de l’AMU », a ajouté le consultant.

À l’issue des échanges, les leaders d’opinion et les élus locaux ont été invités à devenir de véritables relais d’information au sein de leurs communautés, en sensibilisant les populations sur les opportunités offertes par l’AMU, en les accompagnant dans leurs démarches et en faisant remonter leurs préoccupations auprès des instances compétentes.

Une initiative saluée par la commune Golfe 5

Représenté à cette rencontre par le président de la Commission des Affaires sociales, le maire de la commune du Golfe 5, Kossi Agbenyégan Aboka, a salué l’initiative portée par le consortium UONGTO–RAS+ TOGO. Pour le premier responsable de la commune, ce dialogue communautaire dépasse le simple cadre d’échanges. Il constitue un véritable levier pour renforcer la participation citoyenne, encourager l’écoute mutuelle entre les différents acteurs et construire, de manière concertée, des réponses adaptées aux réalités et aux besoins des populations.

Lamega Fintakpa, président de la commission des Affaires sociales de Golfe 1

Le maire estime également que cette démarche s’inscrit pleinement dans la vision de la commune du Golfe 5, qui fait de l’amélioration de l’accès équitable aux services sociaux de base, en particulier aux soins de santé, l’une de ses priorités.

« Une population en bonne santé est le socle de tout développement durable », a-t-il rappelé.

Même satisfaction du côté des autorités traditionnelles. Président du Conseil des chefs traditionnels du canton d’Aflao-Gakli, Togbui Kodjovi Happy Awala III s’est réjoui de la tenue de ce dialogue communautaire, estimant qu’il répond à un réel besoin d’information des populations sur la CSU et l’AMU.

Togbui Kodjovi Happy Awala III

« Depuis plusieurs années, nos populations entendent parler de l’AMU et de la CSU sans toujours en comprendre le fonctionnement ni les avantages. Cette rencontre nous a permis d’avoir des explications claires. Nous allons maintenant réunir les chefs traditionnels du canton afin de partager ces informations avec eux, pour qu’à leur tour, ils puissent sensibiliser les populations dans leurs différentes communautés », a-t-il assuré.

A noter que l’activité est soutenue par le projet de Renforcement de la société civile pour la promotion et la protection de la liberté d’association et de réunion (Projet LAR UE).