(Société Civile Médias) – L’absence de structures adaptées pour la garde des enfants en bas âge constitue encore un frein majeur à la participation pleine et entière des femmes au marché du travail au Togo. Face à cette réalité, le Groupe de réflexion et d’action Femme, Démocratie et Développement (GF2D) appelle à la mise en place de crèches et garderies au sein des entreprises et institutions publiques, privées et communales afin de concilier davantage vie professionnelle et vie familiale. Dans une note de plaidoyer, l’organisation de défense des droits des femmes, souligne que la question de la garde des enfants ne relève pas uniquement du domaine social, mais représente également un enjeu économique, d’égalité de genre et de développement du capital humain.
Au Togo, les femmes représentent plus de la moitié de la population et occupent une place importante dans l’économie nationale, notamment dans les secteurs informel, agricole et des services. Toutefois, leur insertion et leur maintien dans l’emploi restent confrontés à plusieurs contraintes, parmi lesquelles figurent les responsabilités familiales liées à la prise en charge des jeunes enfants.
Selon le GF2D, malgré les avancées enregistrées en matière d’égalité entre les hommes et les femmes, notamment à travers la Constitution togolaise, la Politique Nationale d’Équité et d’Égalité de Genre (PNEEG) et la Politique Nationale de Développement de la Petite Enfance (PNDPE), l’accès à des services de garde d’enfants accessibles, abordables et de qualité demeure encore limité.
Pour Gina Adekambi, Directrice exécutive de l’organisation, cette situation constitue un véritable frein à l’épanouissement professionnel des femmes.
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« Beaucoup de femmes doivent encore faire un choix difficile entre leurs responsabilités professionnelles et leurs obligations familiales. L’absence de structures adaptées pour accueillir les enfants en bas âge réduit leurs opportunités d’emploi, limite leur progression professionnelle et affecte leur autonomie économique », explique-t-elle.
Selon la responsable du GF2D, la mise en place de crèches en milieu professionnel pourrait apporter une réponse concrète à cette problématique tout en bénéficiant également aux employeurs.
« Il ne faut pas considérer les crèches comme une simple dépense sociale. Elles constituent un investissement qui améliore la productivité, réduit les absences liées aux contraintes familiales et favorise la fidélisation des employées », ajoute-t-elle.

Des conséquences sur les femmes, les entreprises et la société
Dans sa note de plaidoyer, le GF2D met en avant plusieurs impacts liés à l’insuffisance des structures d’accueil de la petite enfance. Cette situation entraîne non seulement une augmentation des retards et des absences au travail, une difficulté pour les femmes à concilier vie professionnelle et vie familiale, mais aussi des discriminations à l’embauche ou à la promotion des femmes en âge de procréer.
L’organisation relève également que certaines jeunes filles sont contraintes d’abandonner l’école pour assurer la garde des enfants dans leurs familles, ce qui contribue à renforcer les inégalités sociales.
Aussi, au-delà de l’enjeu lié aux femmes, le GF2D estime que les crèches représentent un investissement dans l’avenir du Togo, dans la mesure où elles participent au développement cognitif et social des enfants, favorisent leur préparation scolaire et contribuent à réduire les inégalités dès le plus jeune âge.
Le GF2D appelle à l’engagement des pouvoirs publics et du secteur privé
À travers son plaidoyer, le GF2D souhaite obtenir l’engagement des décideurs publics et des acteurs privés pour la création de crèches ou garderies dans au moins dix structures d’ici décembre 2026.
L’organisation recommande notamment à l’État d’élaborer un cadre réglementaire spécifique pour les crèches en milieu professionnel, d’instaurer des mesures incitatives en faveur des entreprises et de renforcer la coordination entre les différents ministères concernés.
Du côté des entreprises et institutions, le GF2D encourage la mise en place de crèches internes ou mutualisées, ainsi que l’intégration de la garde d’enfants dans les politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
« La création de crèches en milieu professionnel est une réponse concrète aux défis liés à l’égalité de genre, au travail décent et au développement économique. Elle permet de libérer le potentiel des femmes tout en renforçant la performance des organisations », souligne Gina Adekambi.
Le GF2D invite également les organisations de la société civile et les partenaires au développement à soutenir des projets pilotes, renforcer la sensibilisation et produire davantage de données permettant d’orienter les décisions publiques.
Pour l’organisation, investir dans les services de garde d’enfants revient à investir dans une société plus inclusive, dans la compétitivité des entreprises et dans le capital humain du Togo.
