Togo / FEDIA : un programme de self-défense pour renforcer la sécurité des femmes et jeunes filles féministes

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(Société Civile Médias) – Au-delà de la sensibilisation sur leurs droits, l’association Familles Engagées pour le Développement inclusif en Afrique (FEDIA) franchit une nouvelle étape avec les femmes et jeunes filles féministes. Elle entend désormais les doter d’outils concrets pour se défendre en cas d’agression. Grâce au soutien financier de Purposeful, FEDIA a lancé, mercredi 6 mai, un programme d’autodéfense féminine destiné à renforcer chez les participantes les réflexes de protection, la vigilance face à leur environnement et la confiance en leur capacité à assurer leur propre sécurité.

Les participantes à la séance recevant des instructions du coach

Ce programme intervient dans un contexte marqué par la recrudescence des violences basées sur le genre et un climat d’insécurité grandissant, où les femmes et les jeunes féministes demeurent particulièrement exposées à des formes de vulnérabilité physique et psychologique. À Adétikopé, où est implantée l’association FEDIA, cette réalité se manifeste notamment par une restriction des déplacements, une autocensure dans l’espace public et une érosion progressive de la confiance en soi chez de nombreuses bénéficiaires.

« Aujourd’hui, de nombreuses femmes et jeunes filles font face à des violences basées sur le genre, aussi bien dans l’espace public qu’au sein même des foyers. Dans bien des cas, elles se retrouvent démunies face à leurs agresseurs, sans moyens de défense. Nous nous sommes alors interrogés sur les solutions possibles à ce problème. C’est cette réflexion qui a conduit à la mise en place de ce programme », explique Dorcas AWLEGOU, Secrétaire générale de l’association FEDIA.

Former les femmes et jeunes filles aux techniques de self-défense

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C’est l’objectif central de ce programme, qui repose essentiellement sur des cours d’autodéfense féminine. Pendant deux mois, il s’agira de doter les bénéficiaires de techniques de protection personnelle, de développer chez elles des réflexes adaptés face aux situations de danger, et de renforcer leur confiance en elles afin de mieux anticiper, prévenir et gérer les agressions.

Anselme BAMBLI, instructeur.

L’ensemble de la formation est assuré par Anselme BAMBLI, instructeur de karaté ceinture noire, 4e Dan. La séance inaugurale, organisée lors du lancement du programme, a permis de poser les bases et d’introduire les premiers principes fondamentaux de l’autodéfense. Les participantes à la formation ont notamment appris la technique liée à la saisie diagonale qui désigne généralement une manière de saisir ou de contrôler le bras, le poignet ou le corps d’un agresseur en utilisant un angle diagonal plutôt qu’un mouvement frontal.

Lors de la séance sur la technique liée à la saisie diagonale

« Par exemple, lorsque l’agresseur attrape le poignet de la victime ou tente une agression, celle-ci peut effectuer un déplacement en diagonale tout en saisissant le bras adverse pour casser l’axe d’attaque, créer une ouverture et se dégager ou immobiliser l’agresseur », explique l’instructeur.

Autre technique apprise, celle de saisie droite qui consiste pour une personne agressée à effectuer une saisie droite du poignet ou de l’avant-bras de l’agresseur afin de stopper son action, créer une distance de sécurité ou préparer une technique de dégagement.

Les participantes à la séance inaugurale ont également appris une technique qui, selon l’instructeur, sauve beaucoup de femmes en cas d’agression. Il s’agit de la technique liée à la saisie des cheveux qui concerne les méthodes utilisées pour réagir lorsqu’un agresseur attrape ou tire les cheveux d’une personne, que ce soit de face, de côté ou par derrière.

Ici, au cours de la séance sur la technique liée à la saisie des cheveux

« Dans les formations de self-défense, cette technique est fréquemment enseignée aux femmes et aux jeunes filles, car la saisie des cheveux est une forme d’agression courante dans les violences physiques », précise l’instructeur.

La séance inaugurale s’est achevée avec la techniques liées au couteau concerne surtout la réaction à adopter face à une menace ou une attaque à l’arme blanche. Elles visent avant tout à augmenter les chances de survie et à réduire les risques de blessure.

Kossiwa GBEDIPE, participante à la séance

Secrétaire du Club des filles vaillantes de l’association FEDIA, Agnès Kossiwa GBEDIPE affirme avoir tiré de précieux enseignements de cette première séance de formation.

« Cette formation m’a permis de renforcer davantage ma confiance en moi. Désormais, en cas d’agression, je sais que je dispose de techniques pouvant m’aider à me défendre et à me protéger », se réjouit-elle.