(Société Civile Médias) – La Réunion de haut niveau des Nations Unies sur le VIH/SIDA s’est achevée le 23 juin 2026 à New York par l’adoption, à une large majorité des États membres, d’une nouvelle Déclaration politique réaffirmant l’engagement mondial à mettre fin au SIDA en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030. Ce texte fixe de nouveaux objectifs pour accélérer la riposte mondiale, dans un contexte marqué par la baisse des financements internationaux consacrés au VIH et les tensions qui pèsent sur la coopération multilatérale.
Fruit de plusieurs semaines de négociations entre les États membres, les communautés, les organisations de la société civile et les partenaires internationaux, cette déclaration constitue une nouvelle feuille de route pour les cinq prochaines années. Elle s’aligne sur la Stratégie mondiale contre le SIDA 2026-2031 et prévoit la tenue d’une nouvelle Réunion de haut niveau en 2031 afin d’évaluer les progrès accomplis après l’échéance de 2030.
Le document adopté met l’accent sur plusieurs priorités, notamment l’élargissement de l’accès aux services de dépistage, de prévention et de traitement du VIH, la réduction des inégalités, la protection des droits humains, le renforcement de l’équité de genre, l’amélioration de l’accès aux médicaments grâce au partage des technologies et au développement de la production locale, ainsi que le renforcement du rôle des communautés et de la société civile dans la gouvernance de la riposte au VIH.
Pour le ministre sud-africain de la Santé, Aaron Motsoaledi, l’adoption de cette déclaration envoie un signal fort à la communauté internationale.
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« Cette Déclaration politique a envoyé un message clair : le VIH reste l’un des défis majeurs de notre époque en matière de santé et de développement, et le monde ne peut se permettre aucune complaisance. Nous quittons New York avec un engagement politique renouvelé et une compréhension commune que des progrès sont possibles lorsque les pays prennent les rênes, que les communautés sont autonomisées et que la solidarité est maintenue. L’Afrique du Sud reste fermement engagée à mettre fin au SIDA en tant que menace pour la santé publique et à veiller à ce que personne ne soit laissé pour compte dans la prochaine phase de la réponse. »
Même satisfaction du côté de l’Espagne. Le secrétaire d’État espagnol à la Santé, Javier Padilla, estime que cette décision intervient à un moment déterminant pour le multilatéralisme.
« C’est une évolution positive à un moment où la coopération multilatérale est mise à l’épreuve. Les pays ont envoyé un signal important. Malgré les divergences et un contexte politique plus complexe, il existe toujours un soutien fort pour maintenir les progrès et accélérer l’action afin de mettre fin au SIDA. »
Le ministre malawite de la Santé, Madalitso Baloyi, a également insisté sur la nécessité de maintenir les investissements et les partenariats internationaux. « Ce résultat montre que même dans un environnement mondial très difficile, les pays restent attachés à l’action collective pour répondre à la pandémie du SIDA. Le défi consiste maintenant à maintenir les investissements, à renforcer les partenariats et à obtenir des résultats pour les populations », a-t-il déclaré.
Les communautés au cœur de la riposte
Les travaux ont réuni des représentants des gouvernements, des personnes vivant avec le VIH, des organisations communautaires, de la société civile, du secteur privé, des scientifiques ainsi que des partenaires techniques et financiers. Les discussions ont notamment porté sur les moyens de préserver les acquis de la lutte contre le VIH malgré la contraction des ressources, tout en renforçant les réponses nationales.
Les participants ont insisté sur la nécessité de mobiliser davantage de ressources nationales, sans pour autant remettre en cause la solidarité internationale, estimant que les deux approches doivent être complémentaires pour garantir la pérennité des programmes de lutte contre le VIH.
L’importance du leadership communautaire est également ressortie comme l’un des principaux enseignements de cette réunion. Les États membres ont réaffirmé le rôle essentiel des communautés dans la prestation des services, le suivi des politiques publiques et l’accès aux populations les plus vulnérables.
Directrice exécutive de l’ONUSIDA, Winnie Byanyima voit dans cette déclaration un signal encourageant.
« Le fait qu’un si grand nombre d’États membres aient voté en faveur de cette déclaration politique en ce moment témoigne de la reconnaissance que nos progrès méritent d’être protégés et qu’il existe une volonté de maintenir les actions nécessaires pour atteindre l’objectif de 2030 », a-t-elle déclaré.
Un constat partagé par Mariangela Simao, secrétaire à la Santé et à la Surveillance environnementale du Brésil, pour qui « le fort soutien exprimé en faveur de cette Déclaration politique sur le VIH reflète notre reconnaissance commune des progrès accomplis à ce jour, tout en reconnaissant que des défis importants subsistent ».
Pour Florence Anam, directrice exécutive de GNP+, le texte adopté représente une victoire majeure pour les communautés.
« Dans le contexte politique actuel, cette déclaration politique est une grande victoire. Les communautés ont lutté pour chaque avancée dans la réponse au VIH, rien ne nous a été offert. Cette déclaration montre que l’engagement à mettre fin au SIDA reste fort, et les communautés continueront à se battre jusqu’à ce que le SIDA soit éradiqué en tant que menace pour la santé publique », a-t-elle affirmé.
En clôture de la réunion, Winnie Byanyima a salué un engagement collectif renouvelé des États.
« Les gouvernements du monde, soutenus par les communautés, se sont réunis et ont affirmé que le multilatéralisme est vivant et bien portant. Une majorité de pays ont adopté une déclaration solide qui fixe des objectifs ambitieux pour que le monde s’élance vers l’objectif 2030 de mettre fin au SIDA en tant que menace pour la santé publique. Ils ont tenu la promesse faite il y a 25 ans », a-t-elle conclu.
