(Société Civile Médias) – Face aux recommandations de la Commission de l’application des normes de l’OIT, le Togo veut renforcer le dialogue entre l’État, les employeurs et les travailleurs. Réunis les 24 et 25 août 2026 à Lomé au cours d’un atelier, les mandants tripartites ont renforcé leurs capacités sur les normes internationales du travail et le suivi des conclusions de la Commission relatives à la Convention n°144 sur les consultations tripartites. Organisée par le ministère chargé du Travail avec l’appui technique du Bureau international du Travail (BIT), cette rencontre visait notamment à consolider les mécanismes de consultation entre les partenaires sociaux et à coordonner les actions nécessaires au suivi des recommandations formulées à l’égard du Togo.

Cet atelier intervient dans un contexte marqué par l’examen, par la Commission de l’application des normes de l’OIT, de la mise en œuvre par le Togo de la Convention n°144 sur les consultations tripartites relatives aux normes internationales du travail. Ratifié par le pays en 1983, cet instrument encadre notamment les consultations entre le Gouvernement, les organisations d’employeurs et celles des travailleurs sur les questions liées aux normes internationales du travail.
Lors de sa 114e session, en 2026, la Commission a demandé au Gouvernement de fournir des informations actualisées sur la pratique des consultations tripartites et de prendre, avec les organisations représentatives d’employeurs et de travailleurs, des mesures pour garantir des consultations efficaces, inclusives, menées en temps utile et de manière constructive. Elle a également appelé à des mesures concernant le libre choix des représentants et au renforcement des capacités du cadre institutionnel et de la coopération entre les partenaires sociaux.

Renforcer les capacités et le dialogue social
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C’est dans le prolongement de ces recommandations que le ministère chargé du Travail, avec l’appui technique du BIT, a organisé les 24 et 25 août 2026 à Lomé cet atelier, qui a réuni une trentaine de participants. Ceux-ci étaient notamment issus du ministère chargé du Travail et des administrations concernées, des organisations les plus représentatives d’employeurs et de travailleurs, ainsi que des mécanismes tripartites pertinents.

Représentant le ministre du Travail, Tondema ANATE, Directeur Général du travail, a présenté la rencontre comme une occasion d’examiner le système normatif de l’OIT, les responsabilités des mandants tripartites et les exigences liées à la mise en œuvre de la Convention n°144. Il a insisté sur le renforcement des compétences des acteurs.
« La qualité du dialogue social dépend aussi des compétences des acteurs », a-t-il souligné, réaffirmant l’importance accordée par le Gouvernement au dialogue et à la concertation avec les partenaires sociaux. Selon lui, la consultation demeure un moyen essentiel pour élaborer des politiques publiques solides, légitimes et durables.

Cette importance du dialogue tripartite a également été soulignée par les représentants des partenaires sociaux. Pour Claude AKOUETE-AKUE, représentant du président du Conseil national du patronat du Togo (CNP Togo), le tripartisme ne devait pas être considéré comme une simple obligation internationale, mais comme un outil de concertation et de recherche de solutions adaptées aux réalités économiques et sociales du pays.
« Le tripartisme ne doit pas être perçu uniquement comme une obligation découlant d’engagements internationaux. Il constitue également un outil essentiel de dialogue, de concertation et de recherche permanente de solutions », a-t-il déclaré.

Du côté des travailleurs, Bougonou DJOBO, Secrétaire général de la Confédération générale des cadres du Togo (CGCT) et porte-parole des centrales syndicales, a insisté sur la nécessité de mieux maîtriser les normes internationales du travail dans un monde marqué par d’importantes mutations économiques, technologiques et sociales. Pour ce dernier, cette maîtrise doit permettre de mieux connaître et défendre les droits des travailleurs, de renforcer la compréhension des responsabilités des employeurs et d’appuyer les politiques publiques en faveur du travail décent.
Bougonou DJOBO a également appelé à un tripartisme plus effectif. « Le tripartisme ne doit pas se limiter à des réunions institutionnelles », a-t-il affirmé, plaidant pour une participation accrue des trois composantes à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques nationales du travail.
Les normes internationales du travail au cœur des travaux
Durant les deux jours, les participants ont renforcé leurs connaissances sur le cadre normatif de l’OIT, le cycle des normes internationales du travail et les obligations constitutionnelles des États Membres. Les rôles respectifs du Gouvernement, des employeurs et des travailleurs dans la création, la ratification, l’application, le contrôle et le rapportage des normes ont également été abordés.
Une attention particulière a été accordée à la Convention n°144, notamment à ses articles 3 et 5, ainsi qu’aux pratiques de consultations tripartites dans les actions normatives au Togo. Les participants ont également examiné les commentaires de la Commission d’experts pour l’application des conventions et recommandations (CEACR), les conclusions de la CAN et les mesures adoptées avant et après l’examen du cas du Togo.

Les travaux ont par ailleurs porté sur le suivi concret des recommandations de la CAN. Il s’est agi notamment d’identifier les données, sources d’information et pièces justificatives nécessaires à l’élaboration du rapport attendu au titre de l’article 22 de la Constitution de l’OIT et de consolider les contributions du Gouvernement et des organisations d’employeurs et de travailleurs conformément au formulaire de rapport applicable de la CEACR.
Au terme des travaux, les participants ont engagé la préparation d’une feuille de route sur l’engagement des mandants tripartites dans les actions normatives. Celle-ci devait notamment contribuer à la revitalisation du comité tripartite des normes et au renforcement des consultations tripartites au Togo.
