A Genève, l’association TCHOWOURE porte les revendications des femmes rurales et réfugiées togolaises devant le Comité CEDEF

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(Société Civile Médias) – L’accès aux droits des femmes et des filles au Togo demeure marqué par des inégalités territoriales et sociales, particulièrement pour celles vivant en milieu rural ou en situation de déplacement. Lors de la 93ᵉ session du Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), tenue à Genève du 12 au 15 octobre 2026, TCHOWOURE Women Empowerment a porté ces préoccupations devant les expertes du Comité. Par la voix de sa directrice exécutive, Reyhanath TOURE, l’organisation a formulé trois recommandations à l’État togolais, des recommandations relatives à la santé sexuelle et reproductive et à la gratuité de la prise en charge des survivantes de violences basée sur le genre.

Devant les expertes du Comité CEDEF, Reyhanath TOURE a attiré l’attention sur les disparités qui affectent l’accès des femmes et des filles aux droits fondamentaux au Togo. Dans la région des Savanes, a-t-elle fait savoir, les femmes rurales, les jeunes femmes, les réfugiées et les personnes vivant avec un handicap rencontrent notamment des difficultés d’accès aux centres de santé et aux services de santé sexuelle et reproductive.

« L’accès aux droits des femmes et des filles reste encore trop dépendant de leur lieu de résidence, de leurs ressources et de leur situation », a déclaré la directrice exécutive de l’association TCHOWOURE, ajoutant que l’éloignement des structures sanitaires, le coût des prestations et la disponibilité des services peuvent compromettre l’accès à la contraception, aux soins et à la protection contre les violences sexuelles et sexistes.

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S’appuyant sur les articles 1, 2 et 12 de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, elle a rappelé que l’égalité doit se traduire par un accès effectif aux droits, sans discrimination.

Trois recommandations adressées à l’État togolais

Face à ces difficultés, la responsable de l’association TCHOWOURE a formulé trois recommandations prioritaires à l’endroit des autorités togolaises.

La première porte sur la subvention publique des méthodes contraceptives et leur disponibilité dans les structures sanitaires, y compris dans les zones rurales. L’objectif est de réduire les obstacles financiers et géographiques qui limitent l’accès des femmes à la contraception.

La deuxième recommandation concerne la prise en charge des survivantes de violences sexuelles et sexistes. L’organisation demande à l’État de garantir un accès gratuit, accessible et adapté aux soins médicaux ainsi qu’au soutien psychosocial. Cette assistance, insiste-t-elle, ne devrait être entravée ni par les ressources économiques des survivantes ni par leur statut de déplacement.

Reyhanath TOURE avec la présidente du comité de la CEDEF

Enfin, TCHOWOURE appelle à faciliter la reconnaissance légale des associations de femmes, notamment à travers la délivrance de leurs récépissés, et à leur permettre d’exercer leurs activités sans entraves injustifiées. Pour l’organisation, ces associations jouent un rôle essentiel dans la remontée des préoccupations des communautés, la défense des droits des femmes et leur participation aux décisions publiques.

Au-delà des recommandations relatives à la santé sexuelle et reproductive et à la prise en charge des survivantes de violences, TCHOWOURE a également insisté sur la nécessité de faciliter la reconnaissance légale des associations de femmes. Pour l’organisation, ces structures jouent un rôle essentiel dans la remontée des réalités vécues par les communautés, le portage des revendications féminines et la participation aux décisions publiques.

Dans son intervention, la représentante a ainsi appelé l’État togolais à faciliter la délivrance des récépissés aux associations de femmes et de jeunes et à garantir qu’elles puissent mener leurs activités sans entraves.

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En conclusion de son intervention devant le Comité CEDEF, Reyhanath TOURE a appelé à ce que les engagements du Togo se traduisent par des améliorations concrètes dans la vie des populations.

« Nous demandons que les engagements du Togo se traduisent en changements concrets, jusque dans les communautés les plus éloignées, et que les femmes puissent non seulement jouir de leurs droits, mais aussi participer pleinement aux décisions qui les concernent », a-t-elle déclaré.

Basée à Dapaong, dans la région des Savanes, l’association TCHOWOURE mène des actions en faveur des droits, de la protection et de l’autonomisation des filles et des femmes. Ses interventions portent notamment sur la prévention des violences basées sur le genre, la santé sexuelle et reproductive, le leadership féminin et l’accompagnement des femmes en situation de vulnérabilité.