(Société Civile Médias) – Au Togo, le projet Voix EssentiElles dresse le bilan de sa première année de mise en œuvre. Lancée en 2024, la deuxième phase de cette initiative portée par l’organisation de plaidoyer Speak Up Africa a soutenu dix organisations communautaires dirigées par des femmes et des jeunes filles, notamment par un appui financier, des formations ciblées et des actions de plaidoyer, afin de promouvoir leur participation pleine et effective aux processus décisionnels en matière de santé. Après près d’un an d’activités, le projet présente son bilan annuel et établit les nouveaux axes d’action prévus pour 2026.

Le bilan des actions menées durant la première année de l’initiative Voix EssentiElles au Togo a été présenté lors de l’atelier d’identification des objectifs des plans d’action 2026 organisé le mercredi 26 novembre à Lomé, en présence des organisations de la société civile bénéficiaires. Cette rencontre a permis d’examiner de manière exhaustive l’ensemble des activités mises en œuvre par les organisations féminines, tant sur les plans programmatique que financier, et de partager les principaux résultats obtenus, notamment en matière d’exécution budgétaire, de réalisation des programmes et de suivi des indicateurs.
« Nous pouvons affirmer être satisfaits du bilan, bien que le parcours ait parfois été ponctué d’obstacles. Le temps nous a manqué à certains moments, mais les OSC bénéficiaires ont fourni les meilleurs efforts possibles et ont fait de leur mieux », a déclaré Honorine Honkou Laté, Coordinatrice nationale de la COFET (Coordination des Organisations Féminines du Togo), structure mandatée par Speak Up Africa pour assurer la coordination des projets financés sur le terrain dans le cadre de l’initiative Voix EssentiELLES.
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Selon Mme Honkou Laté, le projet a offert aux dix organisations de la société civile bénéficiaires l’occasion d’examiner conjointement plusieurs enjeux majeurs touchant à la santé publique et de conduire des actions de plaidoyer structurées.
Certaines organisations se sont ainsi intéressées aux problématiques liées, entre autres, au paludisme. Tel est le cas de l’ONG CADEFE (Cercle d’Action pour le Développement et l’Épanouissement de la Femme et de l’Enfant), installée à Badou, qui a mis en œuvre le projet intitulé « Plaidoyer pour une lutte efficace contre le paludisme dans les trois communes de la préfecture de Wawa ».



Selon Afua Kafui Esseh, Directrice exécutive de l’organisation, ce projet vise à favoriser l’implication des autorités locales et communales dans la lutte contre le paludisme dans les trois communes concernées.
« La mise en œuvre du projet a permis de mobiliser les autorités ciblées, notamment la chefferie traditionnelle, les conseils communaux, les municipalités et le préfet, en vue de renforcer l’efficacité de la lutte contre le paludisme. Cette dynamique a encouragé les organisations de base à s’engager davantage et à reconnaître pleinement leur rôle dans ce combat. Le projet a également contribué à convaincre les autorités communales de la nécessité d’intégrer le volet hygiène et assainissement dans leurs budgets », souligne Mme Esseh.
De son côté, l’ONG Alafia, basée à Lomé, a déployé dans la préfecture de Mô un projet destiné à lutter contre les Violences basées sur le genre ainsi que contre les pratiques de veuvage préjudiciables susceptibles de favoriser la transmission du VIH/Sida et de la tuberculose.

« Ce projet a consisté à sensibiliser les populations, les élèves et les femmes, tout en associant étroitement les acteurs communautaires et les autorités traditionnelles afin de les amener à reconsidérer les pratiques de veuvage préjudiciables », explique Akuvi Prisca Dumasi, Coordinatrice de projet au sein de l’ONG Alafia.
Pour la COFET, les résultats obtenus sur le terrain sont visibles et satisfaisants, même s’il demeure prématuré, à ce stade, d’évoquer de véritables impacts.
« Les communautés ont accueilli les projets avec beaucoup de faveur et la collaboration avec les institutions étatiques s’est révélée particulièrement fructueuse. Cette dynamique de partenariat se renforce progressivement. Les institutions publiques nous accompagnent et se sont engagées à poursuivre leur soutien. Nous nourrissons l’espoir que la période à venir sera encore plus prometteuse. », soutient la coordinatrice de la COFET.
La satisfaction est également de mise du côté de Speak Up Africa. Présent à l’atelier consacré à l’identification des objectifs des plans d’action 2026, M. Djibril Faye, Chargé de plaidoyer pour la santé au sein de l’organisation, s’est félicité des progrès notables enregistrés par les organisations bénéficiaires dans la mise en œuvre des plans d’action de la première année de l’Initiative Voix EssentiELLES au Togo.

« Nous avons rencontré les organisations et échangé avec elles afin d’apprécier les principales réalisations menées sur le terrain. Nous avons pu constater des résultats tout à fait satisfaisants », affirme M. Faye, heureux de constater que l’engagement des OSC a permis à certaines femmes d’accéder à des services de santé dans des zones reculées, et à d’autres de sortir du silence pour commencer à revendiquer leurs droits.
Il se réjouit également du soutien apporté par les collectivités territoriales aux organisations bénéficiaires de l’Initiative Voix EssentiELLES.
Par ailleurs, l’atelier a également permis de définir les objectifs de la deuxième année du projet Voix EssentiElles et de discuter des prochaines étapes à entreprendre. Pour l’année 2026, la COFET attend des résultats accrus de la part des OSC bénéficiaires de l’initiative.
« Le premier financement a constitué une véritable école pour les organisations bénéficiaires. Elles ont considérablement progressé, notamment dans la manière de conduire leurs activités. La mise en œuvre du projet sera donc largement optimisée l’année prochaine », assure la Coordinatrice de la COFET. Elle en profite pour remercier Speak Up Africa pour son soutien et exprime le souhait que, si possible, les financements soient revalorisés lors de la deuxième année, afin que les activités puissent prendre en compte certains enjeux non résolus au cours de la première année.
Lire aussi : Ce que Voix EssentiELLES attend des organisations féminines togolaises (interview)

A noter que l’atelier a également connu la présence d’acteurs étatiques qui ont présenté les priorités nationales des différents programmes nationaux de santé.
Pour rappel, la phase 1 du projet Voix EssentiELLES a été lancée en juillet 2021 au Sénégal, Burkina Faso et en Côte D’Ivoire et a mobilisé 38 organisations à base communautaire (OCBs) dans le secteur de la santé. La phase 2 du projet, lancé en 2024, a vu l’expansion de l’initiative dans deux nouveaux pays à savoir le Togo et le Bénin, portant à cinq le nombre total de pay engagés en Afrique de l’Ouest et à 60 le nombre total d’organisations bénéficiaires.


