(Société Civile Médias) – Élément central de la mise en œuvre du projet EP2F (« Les Entreprises s’engagent pour la Protection des Femmes et des Filles »), la Plateforme Responsabilité Sociétale des Entreprises – Société Civile Togo (RSE-SC Togo) voit le jour. Elle a été officiellement lancée le mercredi 6 mai 2026 à Lomé.
Mis en œuvre depuis octobre 2025 pour une durée de trois ans et porté par un consortium composé de CARE Bénin/Togo, de NADDAF (Nouvelles Alternatives pour le Développement Durable en Afrique) et du GF2D (Groupe de Réflexion et d’Action Femme, Démocratie et Développement), le projet EP2F, il faut le rappeler, est financé par l’Union européenne (UE). Il entend apporter une réponse à la persistance des violences, discriminations et inégalités auxquelles les femmes et les filles demeurent confrontées dans les entreprises publiques et privées. Ces défis concernent notamment l’accès à un emploi décent, l’égalité salariale, les opportunités d’évolution professionnelle ainsi que la protection contre les violences sexistes et sexuelles.

Officiellement lancée le mercredi 6 mai 2026, la plateforme RSE-SC Togo a été créée en décembre 2025 à l’initiative de NADDAF, qui s’est appuyée sur son engagement de longue date en faveur de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) pour mettre en place ce réseau de collaboration.
Que savoir de la plateforme RSE-SC Togo ?
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La plateforme RSE-SC Togo est née d’un constat. Malgré leur rôle moteur dans le développement économique et social, de nombreuses entreprises présentent encore des insuffisances dans la mise en œuvre de leur responsabilité sociétale. Pourtant, le secteur privé constitue un pilier essentiel du développement d’un pays, à travers la création de richesses, la promotion de l’emploi et sa contribution à la réduction du chômage.
La plateforme RSE-SC Togo est un cadre visant à sensibiliser les entreprises à la prise en compte des droits des personnes en entreprise, et plus particulièrement des droits des femmes et des filles.

« Un travailleur qui n’évolue pas dans de bonnes conditions de travail et d’emploi est moins productif pour son entreprise. Un travailleur qui évolue dans un environnement où il se sent lésé et peu soutenu par son entreprise ne peut pleinement contribuer au développement de cette dernière. Notre travail avec la plateforme vise donc à démontrer aux entreprises que l’intégration d’une approche respectueuse des droits humains est la première étape indispensable à l’amélioration de leur productivité. Il s’agit de faire du travailleur un véritable partenaire de l’entreprise, et non un simple outil de son développement », explique Bernard Anoumo BOKODJIN, Coordonnateur du NADDAF.
La plateforme vise également à renforcer l’implication des organisations de la société civile dans les enjeux de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), considérés comme essentiels pour la promotion et le respect des droits humains au sein des entreprises, mais aussi dans les communautés où elles interviennent. Elle s’engage par ailleurs aux côtés des acteurs étatiques, notamment les ministères, les institutions de la République ainsi que la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), en vue de favoriser la création d’un cadre propice à la mise en œuvre effective de la RSE au sein des entreprises.

« Cette plateforme n’a aucune ambition de confrontation, car son objectif n’est pas de s’opposer aux entreprises. Il ne s’agit absolument pas de confrontation. Il ne s’agit pas non plus de dire que les entreprises ne fonctionnent pas bien et qu’il faut venir leur apprendre des choses. Il y a de l’existant et les entreprises font déjà un travail. Il y a des textes sur lesquels elles s’appuient. Il s’agit désormais d’accompagner ces entreprises pour qu’elles fassent encore mieux, afin que le salarié devienne le premier partenaire de l’entreprise, tant pour son développement que pour son épanouissement », souligne le Coordonnateur de NADDAF.
La plateforme RSE-SC Togo s’appuie sur un plan d’action annuel, qui sera mis en œuvre de manière concertée avec l’ensemble de ses membres. Par ailleurs, NADDAF, à l’origine de cette initiative, a déjà conduit plusieurs actions dans le cadre du projet EP2F.
Dans les mois à venir, des rencontres informelles, notamment sous forme de « café-débat » avec les dirigeants d’entreprise, seront organisées. Elles permettront d’aborder les pratiques en vigueur au sein des structures, d’identifier les axes d’amélioration et de promouvoir des innovations en matière de responsabilité sociétale.

La plateforme prévoit également de dispenser une formation spécifique à l’endroit des responsables RSE des entreprises. Cette formation portera sur les principes directeurs de la RSE ainsi que sur les éléments essentiels à prendre en compte pour une meilleure intégration de ces enjeux dans les politiques et pratiques des entreprises.
En parallèle, des études de base seront menées dans les cinq régions du Togo afin de mieux appréhender les réalités du terrain. La plateforme entend aussi s’associer aux travaux de la Commission nationale des droits de l’homme, qui élabore actuellement une politique « entreprises et droits de l’homme » au Togo, afin d’y apporter sa contribution.
« La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) constitue un levier essentiel pour le développement économique du Togo, dans la mesure où elle favorise notamment l’inclusion des femmes et des filles dans l’économie », a déclaré Niccolò Maracchi, représentant de l’Union européenne, lors de la cérémonie de lancement de la plateforme RSE-SC Togo.

Il a également souligné l’intérêt de cette démarche pour l’ensemble des acteurs économiques.
« Nous considérons la RSE comme un gage de développement durable, qui génère des bénéfices à la fois pour les entreprises et pour les travailleurs », a-t-il ajouté, justifiant ainsi l’appui de l’Union européenne au projet EP2F.
Il convient de rappeler que la plateforme RSE-SC Togo regroupe 22 organisations de la société civile réparties sur l’ensemble des cinq régions du Togo. Afin de garantir son bon fonctionnement et la cohérence de ses interventions, elle s’est dotée d’une charte ainsi que d’une lettre d’engagement signée par les premiers responsables de toutes les organisations membres.
