(Société Civile Médias) – Les politiques de transition énergétique ne pourront pleinement intégrer les enjeux de genre sans un engagement fort de celles qui participent à l’élaboration et au contrôle de l’action publique. Au Togo, La COFET (Coordination des Organisations Féminines du Togo) entend justement faire des femmes parlementaires des actrices de ce changement. L’organisation les a réunis à Lomé, pour un atelier d’échange et de plaidoyer consacré à l’intégration effective du genre dans les politiques publiques sur la transition énergétique et l’économie verte.
Organisée dans le cadre du projet « Plaidoyer pour l’effectivité de l’intégration du genre dans les politiques publiques sur la transition énergétique et l’économie verte au Togo », la rencontre vise à renforcer la compréhension des femmes parlementaires sur les enjeux liés au genre, à la transition énergétique et à l’économie verte, mais surtout à les mobiliser comme des relais du plaidoyer au Sénat et à l’Assemblée nationale.

« Le choix de cette cible répond à un enjeu stratégique. En tant qu’actrices du processus législatif, les femmes parlementaires disposent de leviers importants pour influencer les débats, défendre l’adoption de mesures sensibles au genre et contribuer au suivi des politiques publiques. Leur engagement peut ainsi permettre de transformer les constats établis dans le cadre du projet en engagements politiques et en mesures concrètes », explique Mawuli ATIDOKPO, Cheffe du projet à la COFET.
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La démarche de la COFET s’appuie notamment sur les résultats de l’étude de base réalisée en avril 2026, qui a mis en évidence plusieurs inégalités persistantes à savoir l’accès limité des femmes aux financements verts ; la faible représentation dans les instances de décision ; la précarité énergétique accrue en milieu rural et la présence encore marginale dans les métiers techniques liés aux énergies renouvelables. Autant de défis qui appellent des réponses politiques capables de garantir que la transition énergétique et l’économie verte profitent également aux femmes.

La rencontre d’échange et de plaidoyer a été pour la COFET l’occasion de revenir sur les principaux enjeux liés à l’intégration du genre dans la transition énergétique et l’économie verte. Les participantes ont notamment été sensibilisées aux liens entre égalité de genre, accès à l’énergie, opportunités économiques et développement durable.
Les échanges ont également été nourris par un éclairage technique apporté par une experte en énergie et en écologie. Son intervention a permis de mettre en évidence la nécessité d’une gouvernance inclusive de la transition énergétique, prenant davantage en compte la situation et les besoins spécifiques des femmes, notamment celles vivant en milieu rural.
Une autre séquence importante de l’atelier a été consacrée à la présentation des constats issus de l’étude de base et des documents de plaidoyer élaborés dans le cadre du projet. Les discussions ont ainsi porté sur les difficultés qui limitent encore la participation et l’autonomisation économiques des femmes dans les secteurs liés aux énergies renouvelables et à l’économie verte.


Les femmes parlementaires ont ensuite été invitées à partager leurs expériences, leurs préoccupations et leurs propositions sur les moyens de renforcer la prise en compte du genre dans les politiques publiques. Ces échanges ont ainsi permis d’ouvrir la réflexion sur les mesures législatives et institutionnelles susceptibles d’améliorer l’accès des femmes aux financements verts, de renforcer leur représentation dans les espaces de décision et de favoriser leur accès aux métiers et opportunités liés à la transition énergétique.
Au-delà de la sensibilisation, la rencontre entendait surtout poser les bases d’un engagement durable. L’un des objectifs poursuivis était ainsi de mobiliser les sénatrices et députées comme des ambassadrices du plaidoyer au sein du Parlement, capables de porter ces préoccupations dans les débats et de soutenir l’adoption de mesures favorables à une transition énergétique sensible au genre.
La rencontre a également permis de structurer le suivi des engagements à travers la mise en place d’une cellule réunissant des sénatrices, des députées et des organisations de la société civile partenaires. Une feuille de route assortie d’actions prioritaires, d’échéances et de responsabilités doit, à terme, servir de cadre pour assurer la continuité du plaidoyer et mesurer les avancées obtenues.

« Cette rencontre est une initiative que nous saluons, parce qu’elle nous permet de mieux comprendre les enjeux liés à la transition énergétique et surtout la place que les femmes doivent y occuper. Nous devons veiller à ce que les politiques publiques prennent réellement en compte les besoins des femmes, notamment celles qui vivent en milieu rural et qui sont souvent les premières à subir les effets de la précarité énergétique. Je repars de cette rencontre avec la conviction qu’il faut davantage agir pour que les femmes ne soient pas seulement bénéficiaires des politiques de transition énergétique, mais qu’elles soient aussi pleinement associées à leur conception, à leur mise en œuvre et à leur suivi », a indiqué la sénatrice Abougnima Kadjaka.

